Écrire à quatre mains
Un texte de Wikipen.
Écrire tout seul dans son coin, ce n’est déjà pas toujours facile, mais écrire à deux… C’est pourtant l’expérience dans laquelle je me suis lancée depuis quelques semaines sur le Wikipen. Sans projet préalable et sans savoir où j’allais…Tout a commencé à partir d’un texte bref que j’y avais écrit et qui s’intitulait Lettres incohérentes. Quelqu’un est venu plusieurs mois après et y a ajouté une suite. Cela m’a donné une idée pour le poursuivre à mon tour et c’était parti. Nous avons continué pendant plusieurs semaines d’écrire ce texte, qui s’est transformé en suite de modules enchaînés les uns aux autres et composés de trois ou quatre paragraphes dont chacun en écrit un en alternance. En principe, car il arrive fréquemment que faute de disponibilité ou d’inspiration, l’un des deux reste en retrait et l’autre continue (c’est un peu le cas en ce moment).
Au bout d’une quinzaine de textes, nous avons senti que les Lettres incohérentes avaient fait leur temps et arrivaient à leur fin, qui s’est accomplie avec le texte Extase textuelle. Dans la foulée et sans respirer, nous avons lancé presque aussitôt un autre projet appelé Oscillations, qui fonctionne de la même façon. Le schéma organisateur des textes (très, très souple…) a été défini d’un commun accord et tout en avançant ; au départ on n’avait que quelques données très rudimentaires sur ce qu’on voulait faire.
Il s’agit d’écriture (presque) automatique et très peu retravaillée, juste histoire d’insuffler un minimum de cohérence et de lisibilité dans une incohérence voulue et affichée. Je ne sais rien de mon co–auteur qui écrit comme moi sous pseudo (lui Desman, moi Portokali). Il n’y a que les écritures qui se rencontrent. La pratique de l’écriture à quatre mains m’a semblé jusqu’ici très stimulante. Je ne compte plus le nombre de fois où un mot, une expression, une phrase de l’autre m’a fait repartir dans une nouvelle direction, tout en conservant mes propres repères.

