L’édition par les utilisateurs non enregistrés est interdite temporairement, en raison du spam.

Écriture semi-automatique

Un texte de Wikipen.

Dis-moi des poèmes avec des vers dans les jambes
Avec des soins particuliers pour les dents d’en avant
Une posture désabusée pour le gérant des ventes
Devant son comptoir de légumes à moitié vivants
Mes deux bornes négatives se touchent souvent
Retrouver ce qu’on avait à dire ça prend combien de temps
Dis-moi des sonnets bien saignants
Un tombeau ouvert où viennent s’y baignant
Des oiseaux noirs      des oiseaux blancs
Une galaxie d’animaux différents      s’en allons les chassant
La mort-aux-rats qui nous achève     nous divise en clans
Les rats eux-mêmes     ces scélérats     cette race de mécréants
Un tombeau fermé où s’empilent les anges déchus
Les oiseaux noirs     les oiseaux blancs
Picorent les tripes encore chaudes de nos amis les géants
Américains et élégants      dandys     à contre-courant
On les aime frais     encore geignants      encore mourants
Tout chauds dans leur nid douillet      dors bien mon enfant
Comme un enfant d’un enfant à naître sur les tables d’accouchement
Coucher tôt sur des brancards face à ses démons      à ses démences
À demi conscient      le ventre grand ouvert      la cervelle dans le néant
Le sujet du verbe est son complément      il découpe sa chair comme il l’entend
Avec des couteaux et des revolvers      armé jusqu’aux dents
Prendre acte tel un rebelle et à la fin se faire conquérant
Des terres et des rangs de pierres pour parquer les innocents
Un troupeau de moutons      un composé de glèbe et de mécontents
Embarqués sur des galères de fortune à braver les éléments
Coulés comme une enclume au fond des fjords allemands
Débarqués en sauvages comme les colonisateurs d’antan
Ceux de toujours avec leurs rêveries solitaires      ceux d’à présent
Les preux envahisseurs du bout des doigts      du bout des gants
Avec leur machiavélique machine à encadrer le temps
Leurs empires-réseaux      leur système global de positionnement
Pour retrouver notre intimité il nous faudra encore mille ans
Quand la caravane passe les chiens aboient bien savamment
Et se lancent dans les cerceaux toujours en feu des petits tyrans
Des grands parleurs     des petits faiseurs      de leurs parlements
Un jour un grand banquet      une orgie de joie      une explosion de ciel clément
Nous reprendrons nos vivres     fiers et vastes comme le lit des océans