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Équilibre

Un texte de Wikipen.

Je ne suis pas très proche de mes parents, je crois que l'on a du mal de se comprendre car trop différents.
Mon style de vie, ma manière de penser ou d'être dans la lune… nous ne vivons pas vraiment sur la même planète.
Cela n'empêche pas que tout se passe bien entre nous même si parfois ça fait des étincelles. Avec le temps, et l'âge surtout, je suis plus patiente et plus détendue.
Comme ils ne vivent pas très loin, je les vois régulièrement mais pas trop non plus : j'aime être indépendante et je n'ai jamais été très "famille".


J'ai une grande sœur qui a trois ans de plus que moi. Elle vit à Lyon avec son mari et ses deux petits garçons.
Nous sommes très différentes également (elle a les pieds bien sur terre) et pendant des années nous n'avons pas vraiment eu de relations.
Il y a deux ans j'ai mis "les pieds dans le plat" car cette situation me pesait : j'étais triste d'avoir une sœur et de ne rien partager avec elle. Alors un soir je lui en ai parlé au téléphone, de manière plutôt violente (pas d'énervement mais plutôt "le poids des mots")... Cela faisait tellement longtemps que nous ne nous étions pas parlé de choses importantes, essentielles, que nous étions resté sur une image de l'autre complètement caduque, erronée...
Après cette discussion nous sommes vraiment devenues sœurs. Nous nous appelons régulièrement pour prendre des nouvelles, se confier des choses. Je sais qu'elle m'écoute et je suis là pour elle.


J'ai peu d'amis (mais ce sont vraiment les bons).
Ils ont de 22 à 58 ans (l'ami Jean-Claude) et ce sont des personnes généreuses, accueillantes, simples, douées de curiosité pour une multitude de sujets et qui me donnent énormément.
Depuis ma séparation d'avec François, je n'ai pas revu la totalité de mon petit cercle mais c'est plutôt de mon fait. Je suis très solitaire, limite ourse parfois, et j'aime ce que j'appelle les "rendez-vous cosmiques" : se croiser par hasard dans la rue, aller boire un café en terrasse, reprendre naturellement le fil de la conversation - même si cela fait des semaines que l'on ne s'est pas vu - prévoir la date d'un petit repas à la maison... Ne pas voir les gens physiquement ne veut pas dire que je ne pense pas à eux. Mes amis partagent cette idée.
Mes amis les plus jeunes (Émilie 22 ans, Mika 25 et Amélie 27) oublient facilement mon âge et je me sens très à l'aise. Je joue parfois le rôle de grande soeur et ,avec Mickaël, je suis un vrai garçon manqué.
De 24 à 29 ans je n'ai pas vu ma vie passer, ce sont des années perdues, longtemps douloureuses. Parfois il se passe des choses qui vous coupent dans votre élan, vous font prendre une voie différente.
Je sais que je rattrape le temps perdu.