Accrostiche
Un texte de Wikipen.
De accrocher et acrostiche, un accrostiche est un empilement de poèmes en acrostiches pour toxicoètes oulipiens.
Sommaire |
Tous derrière Corneille
S'attacher au combat contre un autre soi-même,
Attaquer un parti qui prend pour défenseur
Le frère d'une femme et l'amant d'une sœur,
Et rompant tous ces nœuds, s'armer pour la patrie
Contre un sang qu'on voudrait racheter de sa vie,
Une telle vertu n'appartenait qu'à nous ;
L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux
Jaloux
J'en appelle aux Romains dont le visage blême
A fait fuir d'entre nous, secouées par les pleurs,
Les femmes libertines, dédaignant leur pâleur.
Ô ces femmes calines, qui venaient à grands cris
Usurper les maris et dont j'étais épris —
Xéres de ma vie, alcool à mon cœur doux !
Doux
Domptés par les sages, les mots viennent à nous.
Odes dithyrambiques, messages sans le sou,
Univers amoureux en plein cœur du théâtre,
Xénophiles affichés, chacun fuit la marâtre.
Marâtre
Malheureuse ébréchée
Aux larmes séchées
Ravie d'être en vie
Au lever du jour
Toisant les envies
Rire est son secours
Évidemment volontaire !
Volontaire
Vous là-bas
Oui, vous, là
Lâchez tout !
Oooooh… Boum.
N'hésitez pas,
- la prochaine fois,
- à vous
TAIRE !
Taire
Tester les nerfs de celui qui tourbillonne
Attend, appelle, autour des mots
Ignorer la confrontation, l'inextinguible rancoeur,
Refroidir à l'usure, éviter la profusion,
Espoirs et erreurs oublier...
Oublier
O h, non !
Une fois de plus...
Bête comme je suis...
Là ! Encore...
Imbécile, Idiot ou simplement distrait,
Étourdi, à l'Ouest , c'est plus fort que moi
Rien n'y fait, j'ai pensé à autre chose.
Chose
Comme les perdrix sont cubiques et les
Hannetons trop peu sucrés,
On mange parfois le thon ailé
Si le navire est bien ancré.
En d'autres termes : la gastronomie est une science sacrée.
Sacrée
S'obliger à plus de discernement,
Affirmer sa foi en l'homme,
C'est autant de petits cailloux
Répandus autour de soi.
Est-on pour cela montré du doigt ?
Encore faut-il bien mesurer sa parole !
Parole
Particules au carrosse voisé
Ruses poétiques polémiques politiques
Ou bourdes échappées
Langage véhicule de pensée
Échangerait mot contre baiser mutique
Mutique
Muré dans le silence -
Tournant le dos aux mots
Insaisissables, creux,
Qui trahissent la pensée,
Unis pour nous distraire...
Être muet, mais rire !
Rire
Réflexe aux stimuli,
Incontrolable et alcoolique.
Rail de haute voltige
Et vocalises téléscopiques.
Téléscopiques
Tiraillant sur les sens, les ressentis
Élargissent l'esprit, sans repentis,
L'emmènent loin de lui, vers le sillage
Encore un peu plus loin, vers le passage,
Silencieux et sérieux d'un grand radeau
Culminant sur la vague, enivré d'eau
Ou glissant dans un gouffre à la menace
Piquant en ricanant, vive ou fugace.
Inconsciemment pourtant, mon attention
Quitte le devenir, fuie l'horizon,
Une fois pour de bon - sombre démence -
Et le trouble avenir devient présence
Surimprimant les sens, les ressentis.
Ressentis
Rudes caresses, doux frôlements,
Exquises chatouilles promenées
Sur mon corps... et même mes pensées
Sont imprégnées de ces aliments.
Elles ne restent pas impressions,
Non ! Se coagulent en sentiments
Tel frisson : amour, charnellement !
Insondable, souple fusion...
Sensations sont intuitions.
Intuitions
Idées si volatiles
Négligeant la raison
Tentantes échappées
Un instant aperçues
Idées enfuies déjà
Troublantes et subtiles
Iraient, mais diablement,
Ouvrir les horizons
N'y eut-il la matière.
Sur Terre nul ne saura.

