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Anne Braye

Un texte de Wikipen.

Les faits reportés ici sont imaginaires et le nom du personnage est inventé. Toute ressemblance avec des événements liés à des homonymes du personnage ne serait que fortuite.


Anne Braye aimait les garçons mais avait toujours eu du mal à les garder. À 19 ans, elle avait un long passé amoureux, depuis ce jour de juillet où, dans la quiétude d'une chaude après-midi, elle avait succombé au charme de son cousin Frédéric, un grand athlète aux muscles saillants, aux yeux d'un vert chavirant, qui parlait beaucoup de sa moto, un tout-terrain sans vitesse en fait. Elle lui avait offert son pucelage, parce qu'elle s'était disputée avec sa mère lors du déjeuner, parce que Claire, sa copine du collège l'avait fait lors de son séjour en Angleterre ; elle le lui avait annoncé dans la lettre qu'elle lui avait écrite, en utilisant un code ridiculeusement basique : l’oiseau s’est perché sur la branche.

Frédéric lui avait fait croire qu'il avait déjà couché avec une grande. Après coup, Anne ne l'avait pas cru, lui en avait voulu d'avoir ainsi arraché sa virginité. Ils s'étaient revus, avaient été mal à l'aise, lui plus qu'elle peut-être. Il devait l'aimer vraiment mais pourquoi était-il incontournable que leurs câlins de cet après-midi aient fini en gesticulations caoutchoutées ? Anne avait encore l'image de Frédéric crispé sur l'enfilage du préservatif. Elle en avait ri souvent avec des copines stressées par leur première fois. Anne avait embrassé d'autres garçons mais les avait tenus à distance.

Elle en avait ri avec Marie. Marie avait atterri dans son collège en quatrième... Déléguée de classe, Anne l'avait aidée à s'intégrer. Elles habitaient dans le même quartier et les trajets à pied en allant et en revenant du collège permirent la naissance d'une amitié qui dépassait la simple camaraderie. Elles travaillaient ensemble et, le mercredi, allaient de concert au cours de théâtre.

Marie était petite, brune, la poitrine déjà opulente alors qu'Anne, grande et maigre, teignait ses cheveux filasses en blond. Mais leurs rires cascadaient également lors de leurs apartés d'adolescentes. Bonnes élèves, elles aimaient les cours de grec et se destinaient sans doute à des études littéraires, ne sachant pas trop ce qu'elles voulaient faire plus tard.

Anne perdit l’amitié de Marie un après-midi d’avril. Qui avait commencé ? Elle ne s’en souvenait pas. Elles travaillaient leurs répliques, piquaient quelques fous rires, tandis que Marie devait l’empoigner. Elles répétaient le moment où Marie devait la couvrir d’insultes, le visage à deux doigts du sien, quand Anne, par jeu, par trouble, l’embrassa sur la bouche, une fois, puis deux. À la troisième fois, elle prit sa tête dans ses mains et leurs langues se mêlèrent, d’abord doucement, puis avec davantage de fougue.

Leurs corps se rapprochèrent à se toucher, le contact pressant des seins de Marie surprit Anne, elles s’enlacèrent confusément, leurs mains parcourant le dos, les fesses de l’autre. Anne bascula son amie sur le canapé tout proche. Marie, troublée, se laissait faire, répondant par effleurements aux caresses appuyées. Maladroitement, elle retira son tee-shirt...

Anne s’affolait, elle déposa des baisers d’abord furtifs, puis mouillés et appuyés sur les aréoles claires de son amie. À genoux, au pied du canapé, ses mains caressaient les hanches, s’aventurant parfois à la limite du pantalon. Marie arrêta ses mains quand elles déboutonnèrent son 501. Elle se releva vers Anne, l’enserra et la fit venir sur elle. Sa langue chercha celle d’Anne, puis l’étourdit de léchouilles auriculaires. Quand Anne voulut se redresser et reprendre ses caresses, Marie l’arrêta, presque suppliante.

- Arrête ! On est folles !

Anne la regardait tendrement, voulait la démentir, mais Marie s’était déjà remise debout et se rhabillait. Elle ramassa ses feuillets de théâtre, fit une chaste bise sur la joue de son amie, déconfite, interdite. Marie sortit, frissonna et partit sans se retourner.

Anne passa une fin d'année scolaire calamiteuse. La représentation théâtrale fut un calvaire. Marie ne répondait pas aux billets que lui faisait passer son amoureuse transie. Anne ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Elle n'était certaine que d'une chose : elle aimait Marie, comme elle avait aimé auparavant Marc, Ludovic.

Lors de la fête de fin d'année, Marie envoya sèchement Anne sur les roses. Deux jours plus tard, Anne recevait par la poste une lettre où Marie la rabaissait plus bas que terre, niant ce fameux après-midi et lui commandant de ne plus lui écrire.

Anne passa son été à oublier la petite Marie. Des flirts au camping lui facilitèrent la tâche. À la rentrée, elle voulut faire la paix avec Marie, mais celle-ci avait changé d'école. Elle n'eut plus jamais de ses nouvelles. Anne ne tomba plus amoureuse que de garçons.