Antanadronnissopoulos Djazk

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Djazk Basileus Antanadronnissopoulos, dit Antanadronnissopoulos Djazk, est un écrivain grec de la deuxième moitié du vingtième siècle. Il élabora une œuvre magistrale, Amoriphonisse la mystérieuse, un cycle de plus d’une centaine de romans décrivant une ville imaginaire. Il écrivait « sans volonté partisane » et, rapidement, il craignit de s'être mis à dos tout le spectre des partis au pouvoir, d’abord en Grèce, puis dans les différents pays où il résida. Pourtant, Djazk n'était pas un auteur engagé. Il affectionnait seulement de caresser l'âme humaine au risque de se faire mordre. Sans désir de changer le monde, il observait et constatait dans un style puissant et revigorant. En cela, il formait un monde qui se voulait rassurant.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Introduction

Antanadronnissopoulos Djazk est le fils de Thanos Antanadronnissopoulos (né à Smyrne le 12 août 1918) et de Galatea Salayana (décédée le 19 février 1953) fille d’un richissime armateur originaire du Honduras qui fit faillite en 1929. (Une recherche récemment réalisée par un correspondant mexicain a permis d'identifier les parents de Galatea, Pedro Antonio Salayana et son épouse Luz Guadalupe Salayana Reyes). Djazk est né le 27 juillet 1939, à Athènes. Trouvant ceci d'une médiocre banalité, il affirma dès 1950, qu’il était né à Amoriphonisse. À l'âge de 16 ans il inversa son nom et son prénom lors de sa première publication. Cette confusion l’enthousiasmait encore il y a peu de temps, tant il est vrai que personne ne savait, depuis, comment il préférait être nommé.

Non par matérialisme mais par souci d'efficacité Djazk choisissait toujours une habitation dans la capitale du pays qu'il abordait. Que celle-ci fût une maison de plain-pied ou une chambre de bonne au septième étage, cela lui était indifférent. Il désirait seulement - et il y parvint à chaque fois - résider près de la plus grande bibliothèque du pays en question. Il a gagné sa vie en traduisant de nombreux ouvrages de toutes sortes, littéraires ou non. Ces traductions l’enthousiasmaient autant que l’écriture de son œuvre personnelle. Il serait intéressant aussi d’étudier tout ce travail de perfectionnement et d’appropriation des différentes langues qu’il a étudiées. Il traduisait dans les bibliothèques nationales, et écrivait ses romans dans les grandes gares au milieu du brouhaha. Il contemplait ses semblables, ces « morceaux d'âmes ». Son universalisme flamboyant était involontaire. Sa curiosité des autres et son écoute des sensibilités subtiles multiplia ses capacités linguistiques.
Lieu de perversion ?
Même s'il ne parlait pas toutes les langues du pays où il résidait, en deux ou trois mois il en pratiquait au moins une avec aisance. Il a la particularité d'avoir écrit dans plus de quarante langues différentes. C'est pour cette raison qu'il mit longtemps avant de se faire connaître. Aujourd'hui, Djazk est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la deuxième moitié du vingtième siècle et comme le maître incontesté du roman en prose. Ses talents de poète viennent à peine d'être découverts. Lui-même ne publia jamais un seul de ses poèmes.

Il est évident que la vie de Djazk joua un rôle considérable dans son œuvre. Son imagination embellissait les endroits dont il savait rendre l'atmosphère, parfois la rudesse voire la férocité, avec une grâce et une impression de détachement opiniâtre. Cela se ressent dans chacun des romans qui compose Amoriphonisse la mystérieuse, son oeuvre maîtresse. Amoriphonisse est une ville-forteresse dont la banlieue semble infinie. Cette cité est peuplée d’êtres à la recherche de leur humanité. Hors de tout courant politique, il aimait décrire les perversités des humains qui s’encombraient de pensées, de paroles et d’actes paradoxaux.

Il est important de souligner que la poésie le tenta alors qu'il était très jeune. Elle le faisait vibrer. Il la déclamait à tue-tête. Des voisins de l’époque en témoignent. Cependant il brûlait chacun de ses propres poèmes dès qu’il sentait qu’ils étaient achevés. Avec une ponctualité de métronome il en composa un par jour. Le premier date du 1er avril 1946. Ce qui fit douter plus d’un critique sur la véracité de ce qui fut longtemps considéré comme une affabulation par les uns et une légende par les autres.

[modifier] Ses proches

[modifier] Djazk et sa mère

Malgré son fervent amour pour Galatea, sa mère, le premier livre qu'il écrivit, en 1945, fut un pamphlet à l'encontre des méthodes expéditives qu'elle avait concernant le désordre apparent de sa chambre. Ce pamphlet fut le seul qu'il écrivit durant sa longue carrière d'écrivain. Il le recopia au propre sur un cahier d'école et l'envoya le 19 février de la même année par la poste à sa mère. Heureusement pour lui, ce courrier ne fut retrouvé que neuf ans plus tard, le 28 juin 1954. Et c'est lui-même qui l'ouvrit, sa mère s’étant suicidée le 19 février 1953. Galatea, gravement malade, ne pouvait plus supporter son état. De plus elle avait toujours été mélancolique et était devenue franchement dépressive après le départ de Thanos pour une destination inconnue, même si elle affirma à Djazk que Thanos était parti pour la Chine. Les dates coïncidant, Djazk ne sut jamais s’il y eut un rapport entre son pamphlet et le suicide de sa mère. La lettre retrouvée le jour même de la mort de sa mère disait juste : « Je serai mieux là où je vais. Et ne crois pas que je t’abandonne, Djazk. Ton parrain s’occupera très bien de toi, comme il en a toujours rêvé. » Djazk garde encore cette lettre sur lui. D’après son ancien notaire, son testament stipule que cette lettre soit enterrée avec lui.

La relation qu’il entretint avec sa mère sa vie durant est ambiguë. Cet amour dépassait l’amour filial et semble avoir transgressé le tabou incestueux. La question s’est posée et se pose encore. Comme certains ont une double vie, Djazk avait, si l’on peut dire, un double langage sur ce sujet. Il affirmait que ses plus belles années furent celles où il vécut seul avec sa mère. Quand elle mourut, il n'avait que quatorze ans à peine... C’est aussi à cette époque que sa grand-mère maternelle, Luz Guadalupe, rebaptisée Euphrasie en Grèce, venait leur rendre visite tous les dimanches, et qu’ils se promenaient sur les quais dès l’aube afin de « s’encanailler » spirituellement jusqu’aux docks.

« Enfant, lorsque ma mère s’absentait malgré sa maladie et sa triste figure, je n’arrivais pas à dormir. Je sortais de notre petit logement par la porte de devant et je descendais jusqu’au port, là où la vie s’animait. Je vivais au présent et m’amusait des énergumènes forts en gueule qui attiraient l’attention en éructant d’ignobles critiques incohérentes. Je m’assoupissais parfois là où mes pieds fatigués avaient cessé d’obéir, à la grande frayeur de ma mère. À mon retour ses yeux rougis me pardonnaient sans retenue. Elle m’embrassait et m’entourait de son amour, de cet amour qu’elle me réservait et qui me faisait oublier son absence de la nuit passée. »
Le chat nonchalant sur le chemin de halage

La sexualité de Djazk reste en partie cachée. Il semblerait que ce soit sa mère qui l’ait dépucelé, dès ses douze ans, comme cela se fait dans certaines régions du monde, d’après une interview qu’il donna en 1974. C’est la seule fois qu’il fut aussi précis sur sa relation physique avec sa mère. Le reste du temps, il affirmait que ce fut une prostituée, amie de sa grand-mère, qui eut l’honneur de la vigueur de sa première jeunesse. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’eut jamais de relations amoureuses classiques. Il avait besoin de passer par l’argent pour satisfaire sa libido. D'autre part, il tombait souvent amoureux mais ne parvenait jamais à montrer son amour. Il se réfugiait alors dans les bras rassurants d’une prostituée payée pour cela. Ses seules conquêtes féminines, même lorsqu’il fut plus connu, furent des prostituées ou d’anciennes prostituées. Certaines pouvaient prêter à confusion tant elles étaient riches et vivaient au grand jour au point d’être invitées lors de soirées mondaines. L’une d’entre elles participa activement à une renommée locale et de courte durée de Djazk. La soirée mémorable à l’ambassade de France au Honduras fut son principal coup d’éclat.

« Persiennes entrouvertes, mirages à double tour, désirs de ma jeunesse, la nuit vous brise. Le souvenir tombe et il pleut sur mon cœur. Ils tombent et s'enferment, à jamais, dans un cri de honte. »
Printemps morose à Amoriphonisse

[modifier] L'histoire de Thanos

Thanos, le père de Djazk, ne connut pas Feyza, sa propre mère. Elle était la fille d’Ilkin Bilgili et de Fulya Altinkaya, tous les deux Turcs. Ils avaient quitté l’Empire Ottoman par goût du voyage et pour devenir commerçants. Suite à la signature du traité de Lausanne de 1923, ils durent quitter la Grèce comme des centaines de milliers de Turcs pendant que plus d’un million de Grecs étaient contraints d’y revenir. Feyza n’eut pas le choix. Son mariage prévu avec Dymas Antanadronnissopoulos fut annulé. Ce fut une véritable déchirure pour ces deux amants. Surtout qu’ils avaient déjà eu un enfant et qu’ils avaient réussi à cacher, et la grossesse, et la naissance de Thanos à leurs deux familles. Feyza repartit donc sous la contrainte. Par peur pour son enfant, elle prit la décision de ne pas le faire voyager. Elle ne revit jamais, ni Dymas, son amant, ni Thanos, son fils. Pour ne pas heurter la ferveur religieuse de ses parents qui étaient chrétiens orthodoxes, Dymas leur fit croire qu’il avait trouvé l’enfant et qu’il se devait de l’élever comme son propre fils. Et c’est ce qu’il fit.

Après avoir connu une enfance où la liberté était le maître mot, Thanos regretta de ne pas avoir eu le cran de devenir un résistant sous l’occupation hitlérienne qui le marqua au fer rouge. Au lieu de vivre la grande aventure de sa vie, quitte à mourir, il se contenta de devenir céramiste comme son propre père. Il multiplia ses relations féminines et eut à 18 ans son premier enfant, nommé Feyzanos. Puis il eut Myles, Eryx, Djazk, Nell, Kyros et Aeneas. Chacun d’une femme différente. Parfois en même temps. Il réussit à garder ses premiers enfants auprès de lui malgré ses séparations. Cette période de sa vie, qu’il appelait son « déshonneur », le fragilisait psychologiquement un peu plus chaque jour. Il se mit à boire et à s’inventer un passé qu’il aimait répéter à qui voulait l’entendre. Il côtoya de plus en plus les marins qui le ruinèrent à longueur de tournées. Thanos quitta le foyer le 12 août 1940 pour ne plus jamais revenir. Galatea ne pouvant subvenir à leurs besoins, chacun des enfants déjà nés de Thanos rejoignit sa propre mère. Galatea, qui fut la seule femme à le retenir plusieurs années, mentait à Djazk en embellissant la vérité. Elle ne lui avoua jamais qu’elle dut se prostituer pour les nourrir. Et elle idolâtrait Thanos devant Djazk. « La seule chose que ma mère a dit de vrai sur mon père, c'est qu’il est parti à l’aventure à bord d’un cargo le jour de ses vingt-deux ans », aimait-il répéter. Avec sa perspicace effronterie, lorsque sa mère lui disait que son père était directeur de la banque populaire de Chine, il lui répondait qu’il n’y avait pas de sot métier.

« Thanos, mon père, fils de Thanatos, frère de Thanatos, père de Thanatos, tu explores mon intérieur et places des mines dans le moindre recoin de tranquillité. Tu œuvres à ma destruction. Tu ne mérites pas que je me défende. Tu as tué mon élan, ma vie, ma foi. Seule ma haine t’idolâtre encore ! »
Honte

[modifier] Les enfants de Thanos

Les trois premiers demi-frères de Djazk, très proches les uns des autres par l'âge et élevés par leur père, formaient une tribu dans laquelle la solidarité mutuelle était la règle absolue en face du monde incertain des adultes. Par la suite, ils sont restés très liés, malgré leur dispersion aux quatre coins de la planète.

Feyzanos ou Fayzanos, l'aîné, ressentit très tôt sa vocation de peintre et partit de Grèce au début des années 50 pour se former. Après des études aux Beaux-Arts de Paris et un long périple en Italie, il se fixa en Allemagne, d'abord à Francfort, puis à Düsseldorf et finalement, remontant toujours plus vers le Nord, à Hambourg où il vit actuellement. Il n'a pas vraiment percé et tient une modeste galerie de peinture où il expose ses propres œuvres sous le pseudo d'Anton Fayzanos. C'est un solitaire et probablement un alcoolique. C'est lui qui, le dernier, a eu des nouvelles de Djazk en novembre 2005.
Myles, peut-être influencé par le prénom qui lui avait été donné, s'orienta vers la musique et devint pianiste de jazz à New York. Beau garçon, brillant et bavard, c'est un grand séducteur. Il a été marié trois fois, divorcé autant de fois. Il vit maintenant avec une femme américaine de souche turque, professeur de mathématiques et ayant pour hobby la collection des papillons monarques. Myles proclame à qui veut l'entendre que lui et Djazk sont les plus doués de la fratrie, suscitant l'agacement de Fayzanos.
Les autres frères n'avaient apparamment pas la fibre artistique. Eryx est devenu ingénieur informaticien à Londres, où il a conçu un logiciel sophistiqué pour l'International Petroleum Exchange, la Bourse du pétrole londonienne. Il n'est passionné que par son métier et par la bonne chère ; il gagne bien sa vie mais tout son argent passe dans des restaurants gastronomiques. C'est d'ailleurs dans l'un d'eux qu'il a rencontré sa femme, une Anglaise qui travaille pour un magazine de cuisine. En public, Eryx feint d'ignorer ses liens de parenté avec Djazk.
Kyros avait toujours eu la passion des planètes et des étoiles ; il n'est pas étonnant qu'il soit devenu astronome. Il vit et travaille à Paris, et à ses heures de loisir tente d'écrire une nouvelle biographie de Tycho Brahe, le célèbre astronome tchèque. Mais c'est un perfectionniste et il n'est jamais satisfait du résultat. Kyros avait épousé une archéologue française, qui est morte accidentellement lors d'un voyage au Yémen.
Aeneas, le plus jeune (de peu) des cinq demi-frères de Djazk, est le seul qui soit resté en Grèce. C'est un cardiologue réputé, il gagne beaucoup d'argent et possède une belle villa sur les hauteurs de Penteli, près d'Athènes. Il a également un bateau de plaisance et fait de la voile en été. Il est marié avec une jeune femme de bonne famille et ils ont cinq enfants. Il proclame n'avoir jamais lu aucun livre de Djazk, les qualifiant d'élucubrations et de coupage de cheveux en quatre.
« Ma fratrie aurait pu devenir ma patrie de secours. Mes véritables frères ne sont pas plus ceux-là où se mélangent confluents et affluents humains. Le sang qui coule dans mes veines est issu des eaux du Makropotamos, l'unique et majestueux Makropotamos, du temps où chacun pouvait admirer son éclat vert sans artifice. Comme est issu celui qui coule dans les êtres qui me sont chers. Ce sont ceux qui vivent dans les banlieues d'Amoriphonisse et certains qui ont la chance d'habiter intra-muros. »
Majestueux Makropotamos

[modifier] Le rôle du parrain

À la mort de sa mère, et selon le souhait de celle-ci, c'est son parrain qui devint le responsable officiel de Djazk. Dans les faits, il l'était depuis des années. Cet homme, un horloger, se nommait Mohammed Ould Sidi et il était Égyptien. Chaque jour où il travaillait à réparer de vieilles montres, il payait quelqu’un pour lui lire les différents journaux. C'est ainsi que Djazk eut accès à différentes langues dont il n'avait jamais entendu parler. Ould Sidi fut celui qui aida le plus Djazk dans sa frénésie d’écriture. La foi musulmane de Mohammed Ould Sidi et l'athéisme précoce de Djazk se rejoignaient dans une constante recherche du respect de soi et des autres. Il allait de soi que Mohammed Ould Sidi devienne le père spirituel de Djazk. Il fut même convenu entre Galatea et Mohammed Ould Sidi, en dehors de toute religion ou absence de religion, que Mohammed, fidèle ami de la famille depuis des années, devienne le parrain de Djazk pour le plus grand bonheur des deux. Le jour de ses dix ans, une cérémonie non officielle d'un grand impact sur leurs vies eut lieu afin de symboliser cet échange respectueux.

« Mohammed, en sursaut, sortait de son unique rêve qui chaque jour le surprenait : Arrêter le temps ! Dans ce but, le soir, il se réservait une heure pour étudier des cours de physique relativiste. Dans la journée, il adorait réparer les montres. C'était, à l'occasion, son métier. Il n’acceptait que les modèles des amis de ses amis, et les mécanismes qu’il ne connaissait pas. Aussi, Mohammed, pour occuper son esprit alerte, payait des badauds pour lui faire la lecture des journaux du jour. Il hélait ces braves gens depuis son petit atelier dont il laissait la porte ouverte même lorsqu’il faisait la sieste, après son léger repas du midi. Les badauds, habitués, riaient à chaque appel, et n'attendaient que ça. C'était comme un rituel. Des curieux se mettaient à l'aise et profitaient du spectacle au point d'encombrer une bonne partie de la rue. Tous savaient que certains venaient ici spécialement pour avoir la chance d’être sélectionnés par Mohammed. Les bénéfices leur permettaient de s’offrir avec largesse quelques quotidiens dès le lendemain et de faire fructifier leur argent. Le succès fut vite chanté sous les toits. Mohammed dut faire face à de nombreux analphabètes qui imaginaient des nouvelles avec dans les mains, des journaux qui dataient de la semaine passée. Il les laissait faire parfois pour voir jusqu’où pouvait aller leur imagination… et le bouche à oreille. Même concernant les lettrés véritables, il eut l’embarras du choix. Il s’offrit donc le luxe de se payer des traducteurs pour accéder aux informations des journaux étrangers. Chaque après-midi je venais réveiller Mohammed pour qu’il ne laisse pas filer l’heure, et mes oreilles voyageaient sous le charme exotique des quotidiens européens. Un jour j’ai demandé à mon parrain des nouvelles d’ailleurs. C’est ainsi que de nouveaux continents s’offrirent à nos esprits. »
Le don

[modifier] Le destin de Nilsah Ould Sidi

Troisième fille de Mohammed Ould Sidi, elle était née le 19 décembre 1914, jour de l’instauration du protectorat britannique en Egypte. Dès son plus jeune âge, elle avait manifesté une volonté indomptable et un grand désir d’indépendance. Son père lui avait fait donner une bonne éducation et elle souhaitait vivement devenir architecte. Pour cela elle aurait voulu aller étudier en Angleterre, mais elle hésitait à partir en raison de la mauvaise santé de sa mère, Sahnila, à laquelle elle était très attachée. Sahnila étant décédée en 1934, Nilsah partit pour Londres et y obtint son diplôme. En 1938 elle rencontra Thanos Antanadronnissopoulos qui résidait également à Londres et travaillait de manière assez épisodique dans une compagnie de navigation. De leur liaison naquit Nell, seule fille de Thanos qui eut par ailleurs six garçons.

Nilsah s’était fixée en Angleterre où elle passa difficilement la période de la 2e guerre mondiale. A la fin des années 40, sa carrière d’architecte s’annonçait bien, quand elle mourut dans un accident d’auto. La voiture était conduite par son fiancé, Albert Littlewood, qui périt également dans l’accident. La sœur d’Albert, Joan Mary Littlewood, bibliothécaire à la British Library, recueillit la jeune Nell alors âgée d’une dizaine d’années et l’éleva comme sa propre fille.

[modifier] Les enfants de Djazk

Jamais marié, n'ayant même jamais eu de relations durables avec une femme, Djazk aurait toutefois eu plusieurs enfants. Notamment, - ce qui ne nous surprendra pas étant donné son obsession de l'inceste - une paire de jumelles nées de sa liaison avec sa demi-soeur, Nell. Comme le père de Djazk, Thanos, avait plusieurs maîtresses simultanées, Nell était née le même jour que Djazk, le 27 juillet 1939. Les filles de Nell, Nellie et Nella, sont nées en 1960 et vivent actuellement l'une à Cuba, l'autre à Pondichéry. Elles affirment n'avoir aucune nouvelle de leur oncle/père. Djazk a refusé de confirmer ou d'infirmer cette paternité, tout comme celle de deux garçons jumeaux, Côme et Damien, qui eux proclament être ses fils. Leur mère est une ethnologue qui travaille sur les Inuit.

Durant l'été 1959, Nell âgée alors de vingt ans apprit (on ne sait comment) l'existence de son demi-frère Djazk et parvint à le situer : il se trouvait alors en Australie. Après une interminable traversée en cargo mixte, Nell arriva à Brisbane en novembre 1959 et y rencontra Djazk. Mais devant son apparente misogynie - car il a adoré les femmes toute sa vie, mais il était incapable de s'engager dans une relation où l'affectif primait - et son hostilité à toute relation familiale, elle ne lui révéla pas son identité. Ils se voyaient comme amis et Nell tomba amoureuse de Djazk. « Elle s'est fait passer pour une prostituée pour pouvoir être dans ses bras, raconte une amie australienne de Nell, Dorothea Harrington. Ensuite, elle n'a pas pu garder son secret plus longtemps. Après un moment de colère au réveil en découvrant qu'il s'agissait de sa (demi)soeur, Djazk lui a pardonné et ils ont vécu plusieurs mois très heureux - sans cohabiter toutefois. Mais Nell ne supportait pas de le voir si peu et décida d'arrêter leur relation après lui avoir mis les points sur les i. » On était alors en mars 1960 et Nell ne savait pas encore qu'elle était enceinte. Elle rentra en Angleterre et ses filles jumelles, Nellie et Nella, naquirent le 25 novembre 1960.

« Lorsque j'ai appris que j'avais des enfants je me suis senti poussé hors de l'axe de l'avenir. Alors j'ai implanté mon être définitivement dans la fiction, le seul monde véritable. »
La Porte double

Côme et Damien Ouspensky, fils jumeaux de l'ethnologue canadienne Karen Bliss Ouspensky, sont nés le 6 décembre 1964. A l'époque, Djazk était en Amérique centrale. Karen Bliss Ouspensky, née en 1932, originaire de Fort McMurray en Alberta, passait beaucoup de temps dans la partie des Territoires du Nord-Ouest habitée par les Inuit et qui devait prendre en 1993 le nom de Nunavut. Fin 1964, elle revint en Alberta juste assez longtemps pour mettre au monde ses deux fils et les confier à un ami, Canadien du Québec, Sébastien Marie Lafleur. Sébastien, un peintre homosexuel, avait interrogé Karen au sujet du père de ses enfants et les vagues confidences qu'elle lui avait faites de sa rencontre sans lendemain avec un écrivain gréco-turc revenant d'Extrême-Orient lui donnèrent à penser, quelques années plus tard, qu'il pouvait s'agir d'Antanadronnissopoulos Djazk. Comme Sébastien était aussi passablement mythomane, cette simple supposition devint au fil des années une certitude et il en nourrit les deux enfants, aujourd'hui persuadés de l'identité de leur père biologique. Côme et Damien sont de vrais jumeaux absolument inséparables et des artistes de rue très appréciés vivant à San Francisco. Malgré leur marginalité, ou à cause de celle-ci, il n'est pas impossible qu'ils revendiquent cette filiation avec des arrière-pensées de royalties sur l'oeuvre de leur illustre père (supposé).
Côme et Damien Ouspensky affirment qu’ils sont les fils de Djazk. Nous n’en avons aucune certitude et Djazk s’est toujours désintéressé du sujet, même s’ils l’ont rejoint en Bolivie en 1978 et suivi au Brésil. Djazk et Côme passeront deux ans d'une sincère amitié quasi filiale puis iront chacun de leur côté et ne se reverront plus à cause de Damien qui se servait de lui et surtout de son argent. Djazk le supportait mais a fini par le rejeter, mettant fin du même coup à la présence de Côme à ses côtés, malgré un ultimatum de désespoir de ce dernier. Côme regretta cet écartèlement entre deux parties majeures et intimes de lui-même. Il suivit Damien et ce dernier, par d’atroces chantages affectifs qui le transformèrent en une folle marionnette, lui fit payer l’échec de ne plus pouvoir rester aux côtés de Djazk. Côme suivit de nombreuses cures de désintoxications à différentes drogues. Durant le temps passé avec Djazk, Côme a pris des notes de leurs entretiens et discussions. Ce conglomérat de feuillets de petite taille a fait l’objet d’un numéro spécial de la "revue" Djazk, une réalité humaine. Nous reproduisons ici l’intégralité du préliminaire au numéro 18 daté du 8 novembre 1995 signé par Côme, et qui nous éclaire sur le sens et la valeur que Djakz accordait à l’amitié :
« Notre amitié est née d’une franchise totale. Je connaissais si bien Djazk ainsi que son œuvre que j'aurais pu devenir son agent littéraire. Il était pour moi la preuve de la magnificence de mon état de fils enorgueilli et fier. Ma capacité à mettre en avant ses talents fut compromise par ses rapports avec Damien. Comme prévu Djazk partit pour le Suriname, mais en interdisant à Damien de le suivre. Je suis resté avec mon frère au Brésil avant de l’accompagner à Los Angeles puis à San Francisco. Djazk respectait ma décision et mon amour fraternel pour Damien, malgré la dissolution de notre relation personnelle. Il m’écrivait tous les mois sans que je le sache, puisque Damien brûlait ces lettres dès leur arrivée en ses mains jusqu’au jour où j’en ai trouvé une avant lui et qu’il m’obligea à la brûler moi-même. Ce fut atroce. Mon pire souvenir, plus douloureux que d’accompagner Djazk jusqu’à la gare où il a pris le train pour la capitale du Suriname. J’ai lutté, j’ai même supplié Damien de garder les lettres en lui promettant de ne pas les toucher et encore moins de les lire, mais il fut intraitable. Il se mit à nouveau à devenir le pyromane de ma vie et j’ai réussi à écrire en cachette à Djazk et à lui demander de m’écrire en poste restante. Jamais je n’ai osé vérifier si Djazk m’avait répondu bien que je continue de payer ce service depuis des années. Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui je divulgue mes secrets états d’âme ? Parce que je suis victime de mon incontinence relationnelle, et incapable de la surmonter, et qu’il me faut trouver une thérapie afin de ne plus subir cet affront que je m’inflige chaque jour, et que je ne peux en rester là. Je donnerais à Damien dès sa parution un exemplaire de ce numéro spécial de la revue "Djazk, une réalité humaine" et je suivrais sa décision, qu’il m’aime ou bien me haïsse, qu’il soit sensible à ma personnalité ou bien qu’elle l’indiffère. »

[modifier] Le chat chinois

Il peut assurément être classé parmi les "proches" de Djazk : aucun être vivant au monde n'a passé autant de temps avec lui. On ignore comment ils se sont rencontrés, mais lorsqu'il a quitté la Chine, Djazk a emmené avec lui un magnifique chat blanc, qui depuis l'a accompagné dans toutes ses migrations. (Ce qui lui a causé toutes sortes de complications au plan des transports, des éventuelles obligations de quarantaine, etc). Il y a lieu de s'interroger sur l'exceptionnelle longévité de cet animal, qui a encore été vu en compagnie de Djazk en novembre 2005 et aurait alors été âgé d'au moins quarante-huit ans. Aussi certains n'hésitent pas à affirmer que le chat a été déjà remplacé plusieurs fois par un chat identique, ce que semble suggérer de manière détournée le nom que Djazk lui a donné : Palin, en abrégé de Palingenissi (en grec : renaissance, régénération). Ils tiennent ensemble de longues conversations ; il semble que le chat soit aussi polyglotte que le maître.

Témoignage de Palin (recueilli par un disciple de Nakata ayant appris le langage des chats) :

"Mon maître est un bon maître. En fait c'est moi qui prends soin de lui, car il serait perdu sans moi, mais étant un chat, je feins soigneusement l'indifférence. Ce que je préfère, ce sont nos longues conversations, le soir à la veillée, chacun avec la boisson qui lui convient. C'est alors qu'il me parle de ces étranges animaux, les hommes, ses contemporains. De temps en temps il me parle ainsi de sa famille, son père enfui, sa mère suicidée, son parrain à qui il portait tant d'affection. Lorsqu'il commence un nouveau livre, je suis le premier à le savoir ; il n'a même pas besoin de me le dire ; je vois dans ses yeux un reflet qui pétille et qui n'est là que ces jours-là. Quelquefois il me lit tout haut des passages de ses livres en cours ou me récite ses poèmes qu'il connaît par coeur. Mais je n'aime pas trop la poésie. Donnez-moi plutôt un bon roman, ça c'est de la littérature. Et puis parfois il me parle de certaines femmes qu'il a aimées, une surtout*... mais je ne peux pas en dire plus, il m'a fait jurer de garder le secret et je n'ai qu'une parole." (*NDLR : On peut penser qu'il s'agit de Jovana Luella - voir la page Migrations capitales de Djazk).

[modifier] Ses amis

La citation suivante explicite les relations de Djazk:

« C'est un privilège commun à l'amitié et à l'amour que de voir le coeur des autres au-delà des apparences fugitives et des paroles évanescentes, cependant nombreux sont les amis que je regarde en leur tendant la main et rare est la femme que je regarde en la lui donnant. »
Amitiés polyédriques

[modifier] Wolfram Ersatz

Avant de devenir l'agent littéraire de Djazk, Wolfram Ersatz avait été son ami. Ils s'étaient rencontrés en 1964 au Honduras britannique où Wolfram, un peu plus âgé que Djazk, avait suivi une conseillère d'ambassade dont il était amoureux. De nationalité britannique mais d'ascendance très variée, notoirement polyglotte, Wolfram était un grand bavard et un grand buveur. Les deux amis passèrent des heures à discuter littérature et football. Par la suite, Djazk partit pour le Mexique et Wolfram retourna en Europe, mais ils restèrent en contact et se voyaient au moins une fois par an, Wolfram venant rendre visite à Djazk là où il séjournait. Djazk disait que c'était la seule personne au monde sur laquelle il pouvait vraiment compter ; c'est pourquoi leur conflit à propos du Prix de l'Ecrit lui fut particulièrement douloureux.

« Bien des années plus tard il me dit que j’avais, dès ma seconde visite, fait partie de ses amis ayant droit d’être devancé par un coup de balai exemplaire, et que rapidement j’'étais passé par le second niveau où il s’agenouillait pour retirer la moindre tache au sol de son logement, avant d'atteindre ceux où il nettoyait la cuvette des toilettes, rangeait la vaisselle qui avait séché sur l’évier, celui où il vidait ses poubelles, nettoyait les vitres, et enfin l’ultime où il parfumait la pièce principale. »
Témoignage de Wolfram Ersatz

[modifier] Augustino Mercadal, le transacteur à domicile

Djazk, durant l'été 1966 au Guatemala, pour mieux comprendre le chemin que suivait un citron avant d’être pressé et accompagné de glaçons dans son verre à la terrasse d’une gare, après avoir passé une matinée chez un arboriculteur, était venu visiter une petite entreprise de sous-traitance en calibrage d’agrumes. Cette curiosité lui fit connaître Augustino Mercadal qui y travaillait à longueur d'après-midi. Augustino devint un des amis les plus affectueux de Djazk. Alors que ce dernier posait des questions à son guide-interprète, au détour d’une phrase, il expliqua qu’il était écrivain et qu’il se servirait certainement de ce qu’il voyait ce jour-là dans un de ses futurs romans. Le guide-interprète lui coupa la parole et éclata de rire. Djazk dut attendre avant d’apprendre que l’usine avait parmi ses ouvriers un homme digne de devenir une icône aussi glorieuse que Don Quichotte. L’homme ne voulut pas en dire davantage et entraîna Djazk vers un hangar poussiéreux où une machine faisait autant de bruit qu’elle faisait souffrir les doigts devenus experts dans le calibrage à grande vitesse. Il fallu attendre dix minutes avant que le chef d’équipe entende, comprenne et accepte la faveur qui devait être exceptionnellement accordée à Augustino.
Cet homme était si maigre et sec que sa peau ressemblait à une orange sèche et déshydratée depuis deux semaines. Aussi voûté et puant qu’un lampadaire, il attrapa sa serviette et s’épongea de son mieux. Il serra d’une main calleuse la main à la peau douce et délicate de Djazk et dès qu'ils se connurent davantage ils se lièrent d’une amitié profonde et réciproque.
Augustino était le pivot d’un échange de journaux. Le principe était simple. Chacun lui donnait les journaux qu’il avait lus et pouvait alors en avoir d’autres que d’autres personnes avaient donnés. Ce système marchait si bien qu’il l’étendit aux livres. Comme certains en prenaient plus qu’ils en donnaient il dut instaurer une contrainte. Chacun continuait d’amener les livres de son choix mais leur valeur marchande était répertoriée dans un petit cahier et alors chacun empruntait des livres pour une totalité moindre que la somme qu’il avait personnellement cumulée. Rapidement il eut des propositions pour étendre son idée de base à des jeux de société puis à toutes sortes d’objets. Cela lui permettait de dépenser de moins en moins d’argent, et cela lui prenait tellement de temps qu’il cessa de travailler le matin. Ce système ne remplaçait pas le capitalisme et ne déroutait aucun individualiste et c’est pour cela qu’il fonctionnait si bien. Djazk fit un don à cet homme qui préféra acheter un local afin d’étendre son invitation au partage.

« Être ? Être c’est (se) débattre et agir ! »
L'interview de 1974

[modifier] Ignacio Santos Delgado

Ce poète et dramaturge colombien au silence éloquent qui travailla jusqu'à l'inachèvement perpétuel de l’adaptation théâtrale de Contrepoint notoire, éternel insatisfait de cette pièce en gestation, passa beaucoup de temps avec Djazk.

« Pas très bavard l’ami colombien. Je ne sais rien de lui sauf l’essentiel. Il économisait ses mots comme s’il voulait qu’ils éclatent en de rares moments intenses. Et surtout il ne posait aucune question. Il ne s’intéressait à la personne qu’il avait à ses côtés que par son écoute et par des gestes imperceptibles qui la poussaient dans ses contradictions. Et à la moindre question, à son sujet ou non, il s’emportait ou partait sans dire un mot. Nos relations au début restèrent superficielles. Au fil des mois nous nous étions apprivoisés et nos phrases se résumaient à l’essentiel. Il exhortait ce privilège des auteurs jusqu’à l’oralité quotidienne. En sa compagnie les heures appréciaient nos sublimes tentatives de malandrins assoiffés de succulentes originalités sonores indomptables et pernicieuses. Ignacio accouchait littéralement de phrases déterminées jusqu’à l’autonomie totale. Dès leur naissance elles s’assumaient et nous provoquaient sans se retourner ni tenir compte de l’effroi qui nous coupait le souffle et nous glaçait la langue. Nous devions nous ragaillardir avant de pouvoir accéder à notre faculté de créer de nouvelles structures verbales vivantes. »
L'interview de 1974

[modifier] Tewfik Vila

La famille de Tewfik Vila et leurs relations avaient su charmer Djazk dès son arrivée à Rabat. Il fut leur voisin heureux et il écrivit pour leur rendre hommage son roman intitulé Ta famille est magnifique !. Il y changea les noms et garda les prénoms de ses amis.

« Tewfik n’était pas juif mais il aimait répéter qu’il se sentait fier d’habiter un pays qui, comme l’avait fait remarqué Yves Benot dans Massacres coloniaux, était le seul de l’ensemble des territoires contrôlés par Vichy de 1940 à 1942 où les lois raciales n’avaient pas pu être appliquées. »
Ta famille est magnifique !

Par certains côtés Tewfik ressemble à Djazk.

« Tewfik était gentil sans se laisser faire, prévenant mais maladroit, d’une humeur constante et joviale mais profondément mélancolique et se méfiant de l’avenir, semblait sûr de lui mais se posait chaque jour dix mille questions. »
Ta famille est magnifique !

[modifier] Une vie de passion et de plaisir

1 Premières lectures
2 Un lieu unique
3 Des livres à foison
4 Rencontre furtive avec Nikos Kavvadias
5 Une relation privilégiée
6 Une journée envoûtante
7 Ses plus belles nuits
8 Mondanités épisodiques
9 Témoignage de Dolores Felicia De La Cruz

[modifier] Migrations capitales de Djazk

1 Djazk cherche sans succès son père en Chine
2 Censure et traductions aux Philippines
3 L'Indonésie décuple son imagination
4 Passions extrêmes en Australie
5 Bonheur linguistique en Nouvelle-Zélande
6 Lectures enrichies à l'uranium aux États-Unis
7 Deux mi-temps inattendues au Honduras
8 Année morose au Honduras britannique
9 Tristesse des sexes et fête des morts à Mexico
10 Guerre civile et amitié indéfectible au Guatemala
11 Percussions et répercussions brésiliennes

[modifier] Un portrait de Djazk

On dispose de très peu de photos représentant Antanadronnissopoulos Djazk et, de plus, la plupart sont fort anciennes, floues ou en mauvais état. Son frère le peintre Anton Fayzanos a réalisé en 2000 un portrait de Djazk, alors que celui–ci résidait en Turquie et qu’Anton était venu lui rendre visite. Le tableau se trouve aujourd'hui à la galerie d’Anton à Hambourg, mais dans la réserve, car il ne souhaite pas le vendre. (Il avait voulu l’offrir à Djazk, mais ce dernier l’a refusé, alléguant les difficultés qu’il aurait à le transporter dans ses voyages.) Une journaliste américaine, Ruth Delly Silver, enquêtant sur Antanadronnissopoulos Djazk l’année suivante, après son refus du Prix de l’Ecrit, a pu voir ce portrait que Fayzanos ne montre que très rarement. Pour convaincre le peintre, cette jeune femme a passé toute une soirée avec lui à boire du schnaps. Au petit matin, raconte–t–elle, Fayzanos a cédé et l’a emmenée à la galerie. Le tableau représente Antanadronnissopoulos Djazk debout sur la terrasse d’une villa ancienne, s’appuyant des deux mains à la balustrade dominant la mer. A côté de lui sur une petite table sont posés deux livres l'un sur l'autre : La Malédiction de Râ de Naguib Mahfouz et Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. Un peu plus loin, un chat blanc – sans doute Palin – dort sur un fauteuil de rotin. Djazk (âgé de 61 ans au moment où le tableau a été peint) apparaît comme un homme grand et fort, aux cheveux châtains assez longs mêlés de gris, vêtu d’une sorte de djellaba de tissu écru. Il sourit légèrement et ses yeux verts semblent regarder dans le vague. « Une sorte d’Orson Welles vaguement oriental », a écrit la journaliste dans le Seattle Globe.

[modifier] Ses dernières années

C'est lors de son séjour en Turquie que Djazk a cessé d’écrire, physiquement, à l’instant même où il apprit, par téléphone, que le « Prix de l’écrit » venait de lui être attribué. C'était le 31 décembre 2000. Son agent littéraire, Wolfram Ersatz, avait voulu lui faire le cadeau du siècle. La surprise digérée, Antanadronnissopoulos refusa ce prix littéraire. Notons que ce dernier ne fut plus jamais attribué et que Djazk est le seul auteur ayant reçu ce « Prix de l'écrit ». En colère, Djazk congédia son agent et fit don de tous ses droits d’auteur à « Sombre héros » une association qui développait l’idée originale de son ami Augustino Mercadal à la condition de refuser le merchandising de son œuvre. Il a même indiqué qu’il refusait que son œuvre soit transcrite au cinéma au regret de certains.
À partir de cette date fatidique du 31 janvier 2000 Djazk continua de composer des poèmes sans les matérialiser et cessa l'écriture des romans. D'ailleurs celui en cours, Les fleuves détournés, resta inachevé. Il semblerait que l'attribution du prix l'ait réellement choqué. La reconnaissance dont il croyait pouvoir se passer lui a fait l'effet d'un électrochoc, selon son agent, qui raconte cet événement majeur dans la vie de Djazk : « Sa colère fut prodigieuse et ne semblait pas retomber. Il m'insultait grossièrement alors que, sa vie durant, la politesse avait été sa seconde nature. J'ai pu deviner qu'il avait toujours cru écrire pour lui-même. Ce jour-là il comprit que son détachement n'était qu'un faux-semblant. Il avait toujours fui et refusé d'être aimé par peur d'être à nouveau abandonné comme il le fut d'après lui par sa mère qu'il aimait et son père qu'il haïssait sans pouvoir se passer d'eux. C'est pour cette raison qu'il ne réussit jamais à construire une relation de confiance réciproque. Dès qu'il sentait que quelqu'un s'attachait à lui, il coupait court à cette relation ou bien instaurait une distance minimale à ne pas franchir en étant sec, désagréable ou singeant une indifférence totale. »
Djazk a fui une fois de plus devant l’amour que certains portaient à ce qu’il avait fait de mieux dans sa vie. Il laissa courir le bruit selon lequel il ne désirait pas recevoir ce prix parce qu’il avait atteint son objectif qui était d’être reconnu. Il est important de rappeler que s’il avait voulu se faire connaître, il ne se serait pas dispersé et aurait écrit en une ou deux langues au plus. Il n’aurait pas, à chaque fois, quitté la maison d’édition de son précédent ouvrage et bataillé pour en trouver une nouvelle. De plus, la volonté de Djazk n'était pas de publier l'intégralité de ses romans dans une même collection. C'est son demi-frère Fayzanos qui a organisé cette publication avec Wolfram Ersatz, son agent littéraire. Il s'agit d'ailleurs de la première fois qu'un éditeur réunit les différents romans d'Antanadronnissopoulos Djazk. Le tour de force est d'autant plus remarquable qu'un travail gigantesque de plusieurs traducteurs a abouti à la publication de chacun de ces ouvrages dans sa langue d'origine et dans la langue maternelle de Djazk, le grec.

Cet homme qui a réussi à décortiquer les âmes humaines sans les tuer, en les montrant telles qu’elles sont dans leur complexité originale, à tendances précieuses et subtiles, demeure une énigme et symbolise cette souffrance retenue dont il ne sut s’affranchir. Le succès grandissant de ses romans, et maintenant de ses poèmes, va dans le sens d’une maturité bienfaisante de son œuvre. Les mots, avec Antanadronnissopoulos Djazk, ont acquis une autonomie irremplaçable ainsi qu’une profondeur inégalée. Dorénavant, le moindre d’entre eux rappelle à notre mémoire le parfum de sa grandeur spirituelle.

Depuis le 8 novembre 2005 à 15 heures 16, personne ne sait où il se trouve, ni même s'il est encore en vie. Est-il allé se promener à l'ombre des palétuviers du cimetière pentu d'Amoriphonisse ? Djazk seul le sait !

[modifier] Le grand rassemblement

Un an après la "disparition" mystérieuse d'Antanadronnissopoulos Djazk, le 8 novembre 2006 à 15 h 16, à l'initiative spontanée et involontaire d'un Irlandais, William O'Donoghue, un grand rassemblement de ses lecteurs fanatiques a eu lieu à Dublin, sans que l'événement ait été annoncé à l'avance. Ni par la presse, ni par les institutions. Cette initiative enthousiaste s'est propagée par le bouche à oreille. Des milliers de lecteurs sont venus de tous les pays du monde. Il n'y a eu aucun discours mais une jeune femme a lu quelques extraits de L'éclusier du soleil levant, le premier roman écrit par Djazk. Les participants se sont promis de se retrouver au même endroit un an plus tard et tous les ans à la même date, tant que l'on aura pas de nouvelles de Djazk Basileus Antanadronnissopoulos.

[modifier] L'œuvre de Djazk

1 Une œuvre complexe
2 Le romancier
2.1 Son premier roman
2.2 Amoriphonisse
2.3 Analyse détaillée d'un roman
2.4 Les principaux personnages de ses romans
2.5 Ses principaux romans
2.6 La liste complète de ses romans
2.7 Ses biographies romanesques
3 Le poète
3.1 Indispensable poésie
3.2 Ses principaux poèmes enregistrés
3.3 Ses poèmes écrits
4 Le traducteur
4.1 Les ouvrages qu'il a traduits
5 Le biographe
5.1 Honte, ou le paradoxe de Thanos
5.2 Le don, ou le père spirituel
5.3 Galatea, ou comment nul ne quitte jamais le ventre de sa mère
5.4 Le chat nonchalant sur le chemin de halage, ou l'enfance de Djazk
6 Une adaptation théâtrale inachevée
7 Richesse de son talent épistolaire
8 Controverse
9 Émules

[modifier] Singularités djazkiennes

1 Habitudes d'écriture
2 L'interview de 1974
3 L’association « Les amis d’Antanadronnissopoulos Djazk »
4 Djazk et les pouvoirs politiques
5 Un sujet de polémique
6 Le Prix Djazk

[modifier] Les principaux repères de la vie de Djazk

1 Généalogie de Djazk
2 Liste des personnes de sa famille et de ses proches
3 Autres personnes citées
4 Chronologie simplifiée
5 Son parcours physique et linguistique à travers le monde