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C'est beau le soir au bord d'une île, c'est comme un fleuve infini
Un texte de Wikipen.
- Une belle crique.
- On y accède par un long chemin tourmenté non carrossable.
- Le site ne se dévoile qu'au dernier moment.
- Longer la côte depuis ce lieu enfoui fait mûrir d'un coup les îles lointaines.
- Air primitif des rivages perdus.
- De cette plage en pente qu'encadrent les roches, l'on distingue la masse de galets polis que l'onde malmène à grands fracas l'hiver.
- Au bord de l'eau, une femme verse le fruit de sa pêche.
- La mer est calme.
- Ruissèlent encore son masque et son fusil.
- Elle est seule.
- Plane une jolie pointe de solitude requise, envoûtante.
- Elle est seule en bonne compagnie.
- Une partie du ciel s'empourpre et les parfums du sanctuaire l'habillent.
- Bientôt des flammes grignotent l'air, un feu s'improvise comme le signal de la nuit.
- C'est un monde abstrait qui s'écoule.
- Léger clapotis au loin dont l'audace martèle la voûte.
- Demeure une source vive où cuisent les dorades, minuscule foyer sur la Terre.
- Au bord de l'eau une femme dîne.
- Elle ne quitte pas des yeux ce monde qui l'entoure, réceptive au moindre arôme.
- Elle apprécie le tout sans perdre un rien.
- Elle devient une partie de ce tout.
- L'obscurité avance à grands pas vers sa fin.
- Le feu vacille de n'être plus nourri, quelques braises perdurent jusqu'à l'aube.
- Un autre jour s'empare de l'île.
- Réveil soyeux sous la fraîche lumière.
- Elle marche, apaisée.
- La défunte solitude est au bout du chemin.
- Voyez comme elle respire.
- Elle pense à d'autres instants solitaires, le temps d’un présage.
- La foule embaume son regard à présent.
- Elle s'en retourne à la ville.

