Carpe Diem (Suite)
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JOLIES HISTOIRES
Doit-on donc tout se dire lorsque l’on s’aime ?
Voilà une question à laquelle j’ai longtemps réfléchi et qui m’a valu de passer - pendant une certaine période – pour un (excusez moi du terme) salaud aux yeux des gens que j’aime… Ils vous diront que ça n'a jamais été le cas, mais je suis sûr du contraire ; Cependant, avant d’arriver à cette histoire, parlons de comment tout a commencé :
L’histoire classique : amoureux de la même fille pendant plus de cinq ans, je n’avais jamais douté de cet amour ou de mes sentiments… Elle par contre, je dirais qu’elle était dans sa phase d’idéalisation de l’amour, phase pendant laquelle elle fréquentait le contraire de tout ce que j’étais – et de ce que je suis – beau garçon, beau parleur, aimé de tous et surtout aimé de celle qui était tout pour moi.
J’étais à cette époque son « meilleur ami », son confident, celui qui souffrait perpétuellement de savoir que la personne avec qui il voulait finir ses jours ne voulait de lui que comme son AMI ; un rôle certes gratifiant et honorable, mais surtout le rôle qu’il ne pouvait refuser pour la simple raison qu’il était prêt à tout (même à souffrir) rien que pour passer du temps à l’écouter parler, et cela même si - et comme souvent – les sujets de leurs discussions portaient sur sa relation avec lui ; lui qui – je ne sais de quelle façon – est devenu mon (le mot est peut être trop fort) ami… En fait, je sais exactement comment j’en étais arrivé là : quand la personne que vous aimez le plus vous présente celui qu’elle aime, vous n’avez pas d’autre choix que d’acquiescer et d’accepter, d’autant plus que le garçon n’était pas antipathique bien au contraire, et comme si le monde conspirait contre moi à cette période de ma vie, il est venu vers moi et sans trop savoir comment empêcher ce qui devait arriver, l’amoureux de mon amour était devenu mon ami.
L’ironie de l’histoire, c’est qu’à cette époque, la seule chose qui pouvait me délaisser d’elle, c’était de découvrir qu’elle connaissait mes sentiments pour elle et qu’elle continuait dans l’indifférence sous le prétexte égoïste de garder son ami et son amour… je m’en suis un peu douté pendant quelque temps, mais je me suis dit qu’elle ne me ferait jamais ça, qu’elle était trop obnubilée par son prince charmant pour le fait même d’y penser. À tort, parce que bien plus tard, elle m’avoua (lorsque ça n’avait plus aucune espèce d’importance) qu’elle se doutait de mes sentiments envers elle.
Quelques mois plus tard, le destin a voulu que leur relation s’arrête dans des circonstances que je ne connais pas très bien ; il n’y avait d’ailleurs pas que le destin qui voulait leur rupture en ce temps-là, je crois même que j’y ai un peu contribué, profitant du rôle de conseiller dans lequel j’étais… Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est que je m’en veux qu’ils se soit séparés avec mon grain de sel, j’aurais voulu savoir si nous étions vraiment faits l’un pour l’autre et donc s’ils finissaient par se séparer sans moi dans les parages ? Mais ceci est une autre histoire…
Anna - c’était son prénom – ne faisait plus qu’un avec moi ; nous étions comme les deux doigts de la main, les meilleurs amis du monde, inséparables, j’allais chez elle, elle venait chez moi, nous passions les vacances ensembles, Joey et Dawson dans la réalité … Je me souviens que c’était ce dont j’avais toujours rêvé : que nous devenions les héros de séries dans notre propre vie, ça peut paraître idiot et enfantin, mais j’était tellement heureux de l’avoir près de moi, tout était si facile quand elle était là ! Je me souviens que ses sourires, ses rires et ses yeux pétillants me comblaient de bonheur. C’était une amitié comme il n’y en avait que dans les livres et au cinéma… Nous vivions un amour platonique, saint, pur, vide de toute possessivité, de toute contrainte ; elle n’était pas mienne et je n’était pas à elle mais bien plus, elle me faisait croire à la vie, à l’amitié, à l’amour et surtout elle avait donné un sens à mon existence …
Et comme un amour platonique tel que celui-ci ne peut durer éternellement, on a vu nos sentiments peu à peu se transformer en d’autres sentiments non moins forts, mais seulement autres que ceux que nous avions, le désir, la jalousie, les petites querelles et la peur avaient fait leur apparition ; ce n’était plus un amour platonique mais un amour tout court avec tout ce qu’il implique comme nouveautés.
Ce genre de changement n’est pas toujours sans effets, au tout début j’avais vu ça comme une évolution normale de toute relation, nos sentiments étaient plus forts, le désir d’être ensemble se faisait de plus en plus ressentir et l’intensité de nos rencontres était à son apogée ; mais contrairement à l’étape précédente, il y avait un revers de la médaille : la souffrance avait montré le bout de son nez !!
Je n’avais jamais pensé que l’amour pouvait autant faire mal, le bonheur que j’avais mis tant de temps à atteindre s’était vite changé en souffrance quasi quotidienne, je ne parvenais plus à vivre quand elle n’était pas près de moi, et elle ne l’était pas souvent. On a pu tenir comme ça presque un an, mais je n’en pouvais plus …
C’est alors qu’au début de cet été m’est arrivé un malaise affectif, un genre de récapitulatif ou de remise en question de ce qui était pour moi une vraie relation amoureuse, il me fallait prendre du recul pour pouvoir voir où j’en étais, et pour pouvoir y arriver il me fallait rompre le contact avec celle que j’aimais, ça n’était certes pas facile vu que c’était la première fois que je le faisais – du moins, intentionnellement – il était nécessaire pour moi et donc pour nous de pouvoir le faire, d’être seul avec moi-même et de réfléchir à nous, à ce qu’était devenu notre amour et au fait que nous souffrions tout deux de notre absence mutuelle. À ces moments précis, nous étions devenus des étrangers l’un pour l’autre, chacun vivait sa vie de son coté… nous nous rencontrions de temps à autre mais toujours dans un cadre temporaire et inadéquat pour deux personnes qui s’aiment et qui ne se sont pas vues depuis tellement longtemps, cette situation m’exaspérait, je n’en pouvais plus de cette souffrance, pire encore ce n’était même plus le fait de souffrir qui me gênait, c’était sa souffrance à elle, qu’elle ne puisse se rappeler des meilleurs années de sa vie que de souvenirs de souffrance et de tristesse, elle qui méritait tellement mieux ; d’autant plus qu’il y aura une plus grande séparation due aux études dans les mois à venir.
(12/10/2005 01:38)
Je lui ai parlé – je l’avoue – « vaguement, de façon confuse et tardivement » de mes récents doutes sur notre couple, sur son futur et surtout sur son présent, lequel n’était que désolation, souffrance et solitude, lequel avait tellement changé depuis les précédentes années… et comme j’en étais sûr, elle l’a très mal pris (je ne lui en ai d’ailleurs jamais voulu pour ça), elle a pris ça pour une rupture, une trahison peut-être même pour une façon que j’avais choisie pour rompre… elle m’en a beaucoup voulu les jours qui ont suivi, et ce fut le froid complet durant deux semaines.
Confusion, mélancolie, tristesse, désolation et solitude… voila où j’en étais arrivé : à trop vouloir être ensemble, nous ne l’étions plus du tout ! Tout avait changé, mon regard sur elle, sur moi, sur le reste du monde ma vie n’était devenue qu’un amas de questions sans réponse : Est-ce qu'aimer rimait obligatoirement avec souffrir ? Souffrait-elle autant que je souffrais ? Était-elle vraiment la femme de ma vie ? Pouvait-on vivre sans la femme de sa vie ? Pouvait-elle vivre sans moi ?
Cette dernière question me fit réfléchir à une solution ultime à nos problèmes, une solution certes radicale mais à mes yeux – en ce temps là – nécessaire… rompre ! J’étais conscient et au courant que ça allait beaucoup la faire souffrir, qu’elle allait m’en vouloir et qu’elle ne me le pardonnerait jamais, mais je n’avais pas d’autre alternative pour qu’elle puisse enfin arrêter de souffrir de notre amour et pour qu’elle puisse vivre normalement. J’ai d’ailleurs été surpris par le zen de sa réaction… c’est à ce moment-là qu'elle et tout mon entourage se mirent en tête que je n’étais qu’un salaud, qu’un pauvre gars trouillard qui n’avait pas trouvé une assez bonne raison pour quitter sa compagne, ou qui n’était pas capable de lui dire en face. Elle se mit à raconter notre histoire – chose qui je l’avoue, m’a un peu dérangé – à tout ceux qu’elle croisait, plus particulièrement à un jeune garçon de son âge et son ami « fou amoureux d’elle ».
Après quelques jours de réflexion intensive, je décidai qu’il fallait lui parler, je n’avais encore pris aucune décision à propos de notre couple mais je me disais que je le ferais quand je serais face à elle… Je me souviens qu’à cette période lorsque je demandais conseil à mes amis, la première question qu’ils me posaient c’était si j’étais toujours amoureux d’elle ; et ce qui me troublait le plus c’était que je ne le savais plus, et ce n’est que lorsque je me suis trouvé face à elle que j’ai eu la réponse à cette question et que j’ai pris enfin une décision…
Égoïste, pour la première fois de ma vie j’ai été égoïste dans mon couple, j’avais choisi que mon bonheur était plus important, j’avais choisi de l’aimer, j’avais choisi de continuer sachant que de ce fait elle allait souffrir de mes futures absences, de mes futurs actes et de mes futures crises existentielles. C’était là un grand risque que je prenais, car c’était certainement le destin qui m’avait mis au pied du mur (une fois pour toutes) pour savoir définitivement si notre amour comptait plus pour moi qu’elle-même.
Anna et moi étions peu à peu redevenus les amoureux que nous étions, le destin avait sa réponse ; avais-je changé le cours de mon existence ? Ou au contraire avais-je continué dans la route qui m’était tracée ? Je ne le saurai jamais. Et pour tout vous dire, ça ne m’intéresse pas le moins du monde. Ce qui comptait, c’était que j’avais pris – heureusement pour moi – la bonne décision.
L’amour devient quelque chose d’essentiel à partir du moment où l’on y a vraiment goûté, moi je ne peut plus m’en passer, lorsqu’on aime et que l’on est aimé en retour, la vie nous parait plus facile, plus intéressante et donc plus « vivable ». Mais comme chaque chose que Dieu fait, l’amour est rarement réciproque, plus rarement éternel et le pire de tout, c’est qu’il n’est pas accessible à tous. Ce qui est vraiment injuste, car tout le monde devrait avoir la chance d’aimer au moins une fois dans sa vie.
REMUE-MÉNINGES
(19/11/2005 15:59)
Cela fait bien longtemps que je ne m’étais plus confié à vous, j’aimerais pouvoir vous donner une bonne excuse à cela, mais je crois que je n’en ai pas. La raison la plus plausible qui me vient à l’esprit est que j’ai déménagé et donc l’appartement dans lequel j’habite actuellement étant une vraie fourmilière, et surtout un vrai casseur d’inspiration (vu le nombre de personnes qui y résident), ça ne m'a pas laissé le plaisir de retranscrire les idées et réflexions que j’ai vécu ces derniers temps, la preuve en ai que dès que je suis retourné chez moi (ma vraie maison) pendant ces quelques jours, je m’y suis remis… Il y a quelque chose dont j’aimerais parler, quelque chose dont il n’est pas facile de parler, mais je vais essayer de le faire tant bien que mal :
QUAND VIVRE OU MOURIR N’A PLUS D’IMPORTANCE
(22/11/2005 21:31)
Hier soir, juste avant de m’endormir, je décidai de commencer une discussion (par SMS puisque on se voyaient pratiquement pas) avec Anna, une de celles qui – je le savais – allait un peu la déranger : Je voulais lui faire remarquer, lui faire admettre qu’elle ne s’intéressait plus autant à moi, à ce que je faisais et à ce que j’étais devenu qu’auparavant et qu’elle était devenue distante.
Je voulais lui montrer (Je ne sais pas pourquoi !!) la différence qui existait entre elle et moi, ce pourquoi je ne pouvais m’empêcher de lui en vouloir : les circonstances ayant fait que nous soyons séparés de plus en plus, et de plus en plus longtemps, elle s’était trouvé un train de vie tout ce qu’il y a de plus normal, elle vivait sa vie tout à fait normalement ne prenant soin de penser à moi qu’en fin de journée ou même pas du tout… pendant que moi je ne parvenais à rien faire d’autre que de penser à elle, je n’arrivais plus à travailler, à réfléchir, à dormir et à vivre – tout simplement – et cela même à contre cœur parfois.
Je ne me doutais pas que cette soirée allait se transformer en la nuit la plus longue, la plus pénible et la plus sombre que j'aie jamais vécue. Après lui avoir parlé de mes sentiments, après lui avoir dit ce que je pensais et après lui avoir souhaité bonne nuit, je découvris en elle quelque chose que je n’avais jamais perçu auparavant ; et je ne sais pourquoi, je lui demandai si elle m’aimait encore… (C’était la seule et première fois depuis que nous étions ensemble, que je me posais cette question… Elle ne répondit pas, j’insistais et puis la réponse m’est apparue comme si le ciel me tombait sur la tête ou que la terre s’écroulait sous mes pieds… Je n’y croyais pas, elle ne m’aimait plus ! Elle ne m’aime plus.
(25/11/2005 13:37)
Je me devais de faire quelque chose, je me devais de comprendre, je décidai de me rendre chez elle, et de lui poser la question : « Est-ce que tu m’aimes encore ? ». Même si j’avais eu un semblant de réponse quelques heures avant, il me fallait l’entendre de mes propres oreilles et le voir de mes propres yeux. Comme je l’avais dit précédemment, la seule raison valable pour tout arrêter, c’était que l’on ne s’aime plus ; et nous en étions là ! Je devais savoir - pour continuer – si elle m’aimait toujours.
J’avais annulé tous mes projets pour les deux jours à venir, et me rendis sans plus tarder chez celle qui tenait mon futur dans le creux de ses mains, j’y suis allais le cœur plein de larmes, d’espoir et de culpabilité ; pour savoir quel sera mon futur, quel sera mon destin, si j’allais vivre ou mourir, être ou ne plus être…
Nous sommes restés l’un à côté de l’autre toute la soirée, sans dire un mot (du moins, aucun au sujet de notre « Actualité »), elle travaillait sur ses cours et moi je l’observais en rédigeant ce qui était pour moi notre lettre de rupture.
Durant la nuit précédente, j’avais ressenti le fait qu’elle ne m’aimait plus comme le déroulement logique de notre histoire, je le craignais depuis le début, je craignais qu’elle se rende compte – à juste titre - que je n’étais ni quelqu’un d’exceptionnel, ni quelqu’un d’unique et pour dire vrai, je pensais que c’était peut-être le fait qu’elle eu de nouvelles personnes dans sa vie, qui avait rendu cette évidence visible à ses yeux.
Je finissais d’écrire la lettre et je découvris que je n’avais pas le courage ni le cran de lui parler (et apparemment, elle non plus), je lui ai souhaité bonne nuit et conscient de ce que mon manque d’assurance allait provoquer, je m’allongeai dans le lit et commençai à partir dans les vapeurs du désespoir… quand dans un sursaut de lucidité, je me levai et retournai près de mon bourreau, pour que tombe la sentence, c’était là, la minute la plus longue et la cruciale de toute ma vie… elle me regardait me débattre entre solitude et tristesse, entre amour et peur, entre espoir et désillusion… puis elle me prit dans ses bras, j’avais oublié à quel point ça pouvait faire du bien, à quel point c’était magique, à quel point c’était agréable et à quel point je n’avais pas envie de perdre ça ; je la regardai dans le fond des yeux et sans que mon cerveau n’intervienne (on aurait cru que c’était mon cœur qui parlait) je lui dis qu’il fallait que je sache… qu’elle devait me dire ce qu’elle ressentait ; elle me fixait des yeux et me dit que oui, qu’elle en était sûre, ses yeux me disaient qu’elle ne savait plus si elle m’aimait ou pas, mais elle disait le contraire… J’ai préféré la croire elle plutôt que ses yeux, je n’avais pas trouvé la force de retenir mes lèvres de toucher les siennes comme je n’avais pas pu retenir mon cœur de pleurer toutes ses larmes, je l’ai serrée fort contre mon cœur et sans plus parler, nous nous sommes endormis.
Le lendemain matin, quand elle m’a dit bonjour et rien qu’en la regardant, je me rendis compte de la chance que j’avais, de la chance que j’avais de seulement connaître une personne comme Anna, son visage reflétait le bonheur absolu, « la réussite », la vie… Je me dis que ça devrait me suffire, que si le destin a voulu qu’elle ne m’aime qu’une seule année, alors je verrais cela comme un privilège, je préfère avoir été aimé par un ange venu droit de l’Éden pendant toute une année, que d’avoir été aimé par quelqu’un d’autre pendant toute une vie…
J’y ai mis du temps, mais après mûre réflexion, je crois comprendre ce qui se passe, je pense qu’elle est en train de vivre exactement ce que j’étais en train de vivre il y quatre mois de cela… c’est quelque chose que j’appréhendais, car depuis que je connais Anna – c'est-à-dire, depuis toujours – nous avons traversé les mêmes épreuves, toutes celles qu’une personne de notre âge peut rencontrer dans sa vie et en même temps ; sauf pour cette fois, je me disais pendant ma pseudo crise existentielle, que c’était la première fois qu’elle et moi n’étions pas en phase… et après que tout se soit arrangé, je n’avais qu’une seule crainte, c’est qu’elle doive elle aussi passer par là, et qu’elle me fasse endurer ce que je lui avais fait endurer… et finalement, je crois que cette épreuve est un passage obligé pour chaque individu du couple ; c’est un genre de test obligatoire que nous propose le destin pour savoir ce que l’on veut vraiment ; afin de décider – du jour au lendemain – quelle direction doivent prendre nos vies… Ce que je redoute c’est que la direction prise à l’issu de ce « test » par celle que j’aime, soit différente de celle que j’ai prise il y de cela pas si longtemps.
Je disais au début du livre que je voulais que nos vies ressemblent à celles de Joey et Dawson, oubliant que ces deux personnages ont fini par se séparer et que malgré le fait qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, leurs vies ont pris des directions totalement différentes l’une par rapport à l’autre… le perdant dans l’histoire étant Dawson, je m’attends au pire !!
DE RETOUR A LA VIE
(19/12/2005 20:36)
La vie est étrange, vraiment ! Un jour, les idées se bousculent dans votre tête, le lendemain, c’est le vide sidéral… j’ai le sentiment que ma quête pour savoir le vrai sens de ma vie, pour connaître à quoi ou à qui je dois consacrer mon existence va durer plus de temps que ma vie elle-même. La peur d’échouer m’envahit, la peur de perdre du temps que je n’ai pas forcement, la peur de perdre ma raison de vivre.
En fait, l’amour commence à avoir une importance capitale dans le déroulement de ma vie, le temps que je passe sans ma chère et tendre est rempli en sa quasi-totalité par des pensées et des rêves où elle est l’actrice principale, je n’arrête pas de me dire qu’elle aimerait ou pas la chanson que je suis en train d’écouter, le film que je suis en train de voir, la situation dans laquelle je me trouve ; je me demande quel avis elle aurait sur les pensées qui me traversent l’esprit, sur des discussions que je tiens avec des amis… Tout mes faits et gestes j’aimerais les partager avec mon âme sœur.
Pourquoi l’amour fait-il nous poser tant de questions ? Pourquoi notre intérêt pour lui se manifeste seulement lorsque l’on est sur le point de le perdre ? Pourquoi ne pas accorder à l’amour l’importance et la place qu’il mérite dans notre vie quotidienne ? Autant de questions qui – je vous l’accorde – ne devraient pas me poser de problème, vu le fait que je suis un fervent adepte du Carpe Diem, que je ne vis que pour être heureux et que la vie pour moi est une course contre le bonheur et non pas contre le temps !!
Mais mon quotidien est nettement moins optimiste que mes convictions, sans m’en rendre compte, je suis devenu quelqu’un qui ne fait plus ce qu’il dit, pire, quelqu’un qui ne crois plus en ce qu’il pense ; du moins, qui n’arrive pas à croire que la vie peut lui sourire de nouveau… je suis devenu quelqu’un de triste, quelqu’un qui s’insatisfait de son existence.
J’attends tellement de l’amour, que la peur de ne jamais subvenir à ses attentes est en train de me rendre fou… J’ai la déprimante sensation que les tourments et les souffrances que mon cœur a traversées pendant sa courte expérience de la vie, ont quelque peu ébranlé mes convictions, les transformant en utopies visiblement irréalisables… Ma constante certitude que le cœur de ma meilleure amie, de mon amour et de mon âme sœur est – et sera – toujours scellé avec le mien n’est plus aussi évidente (à mon grand désespoir)… la distance et l’absence n’arrangeant en rien tout cela, je me retrouve dans la position que je méprise le plus : être celui qui ne supporte pas le bonheur de l’autre sous prétexte que ce n’est pas avec moi qu’il a réussi à l’atteindre.
Je ne suis pas très heureux de mes propos, de mon attitude mais « le cœur a ses raisons, que la raison ignore ». Je me force à changer, j’espère pouvoir le faire, je crois pouvoir le faire et je dois pouvoir le faire… c’est un impératif qui à maintes fois, m’a sorti de situation très ambigües.
HEUREUSEMENT QU’ON M’AIME CAR JE ME DETESTE
(30/12/2005 10:13)
Elle est ici ! Elle est avec moi… Depuis hier matin elle et toute sa petite famille sont venus passer le week-end chez nous ; cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé, que l’on ne s’était pas vus comme ça, et ça me fait le plus grand bien que cette petite visite ait eu lieu. Enfin presque !
… Presque !
Parce que je m’en veux ! Je m’en veux terriblement… j’ai un sentiment nouveau qui m’habite, une sensation que je ne supporte pas de ressentir, un genre de malaise ou de souffrance ! Une de celles qui - malgré tous mes efforts - n’arrive pas à s’estomper ! Une souffrance qui est en train de me consumer de l’intérieur. D’après ce qu’en disent les psychologues, les films, les livres et surtout les gens, ça s’appelle « la jalousie » ou plus précisément : la possessivité.
J’ai vraiment peur, peur de lui en parler, peur qu’elle ne change ses habitudes pour moi, peur qu’elle s’en aperçoive, peur qu’elle m’en veuille… Je sais que je ne devrais pas, que le Carpe Diem me l’interdit, mais c’est de plus en plus dur ; je ne supporte même plus de savoir qu’elle a tenu des discussions avec des garçons qu’elle connaît ou des choses aussi banales que d’être raccompagnée chez elle par quelqu’un, d’être restée discuter avec un garçon ou d’avoir manqué un de nos rendez-vous pour aider ses amis à réviser.
Je crois que j’ai été un peu hypocrite lorsque j’ai parlé de jalousie, disant que l’amour devait en être dépourvu !… En fait, je persiste à dire que l’amour doit être dénué de tout sentiment de souffrance (la jalousie en première ligne) mais aller jusqu'à dire que j’y suis arrivé, ça serait mentir. Et je crois en connaître la raison : ce n’ai pas moi qui ai changé et qui suis devenu jaloux, c’est plutôt Anna qui a changé.
Comment ça ???
Anna a toujours été une fille très solitaire, très mystérieuse et intravertie, mais surtout très satisfaite de son mode de vie, elle ne m’a donc jamais donné de raisons d’être jaloux, ce qui me faisait croire que je ne l’étais pas. Mais depuis quelque temps elle a changé, elle est devenu plus sociable, plus ouverte aux autres et surtout plus vivante, ce qui devrait me réjouir, mais je n’y arrive pas, c’est plus fort que moi ; avant, quand elle n’était pas près de moi je passais mon temps à penser à elle et à mon amour pour elle, mais depuis l’apparition de cette étrange douleur au cœur quand elle me parle de quelqu’un d’autre ou que j’entends dire qu’elle a fait telle ou telle chose avec ses amis, je ne suis plus aussi zen… je me dis quand elle occupe mes pensées, qu’elle est en train de parler à quelqu’un, m’oubliant pendant ces quelques instants, ces quelques minutes ou ces quelques heures. Elle m’a dit qu’elle s’était fait raccompagner par un copain avec qui elle prend des cours d’anglais (celui-là je le détestais avant même qu’il ne la raccompagne, en fait je le déteste depuis le jour où j’ai entendu parler de lui) et malgré lui avoir dit que cela ne me dérangeait pas, je ne me sens pas si bien pour autant… Lui cacher des choses, je n’ai jamais su bien le faire, mais pour que je puisse me débarrasser de cette souffrance, il le faut, je détesterais que quelqu’un change pour moi, j’ai toujours réfléchi comme ça et ça a toujours fonctionné, je mets un point d’honneur à changer pour les gens que j’aime, surtout quand c’est moi la source du problème.
Donc, je crois que j’ai toujours été de nature jalouse mais comme j’aime une fille qui ne me laissait pas le ressentir, j’étais persuadé que je ne l’étais pas ; car je n’ai jamais eu l’occasion de l’être. Mais maintenant qu’elle est plus extravertie, plus libre et plus « populaire », je commence à en comprendre la douleur… Ce n’est pas une peur de la perdre ou un manque de confiance mais principalement une jalousie pure, celle qui vous incite à préférer qu’elle soit seule quand elle n’est pas avec vous. C’est cruel, d’autant plus qu’elle ne penserait jamais ça à mon sujet… et c’est pour cette raison que je me suis décidé à évincer ce sentiment de ma tête et de mon cœur, quoiqu’il puisse m’en coûter. J’espère seulement que ce n’est qu’une période de ma vie qui prendra rapidement fin.
J’ai passé tout le week-end avec elle dans mes bras et chaque instant, chaque inspiration que je prenais et chaque fois que son cœur battait contre le mien me faisait prendre conscience de la chance que j’ai, de la vie qui me tend les bras, c’est vraiment excitant de savoir qu’il viendra un jour où elle et moi, serons libres d’être ensemble, de vivre ensemble et de rester dans les bras l’un de l’autre autant que nos corps pourront le faire, de pouvoir lui parler de tout, d’admirer ses yeux qui me montrent à quel point elle m’aime, d’apprendre toutes les courbes de son corps et de lire ses pensées dans la simple expression de son visage… Je ne vis que pour réaliser ce rêve, c’est l’unique but de ma vie et c’est pour cette raison que je ferais tout et n’importe quoi pour y arriver – y compris changer ; car la plus belle chose que j’ai accomplie sur cette terre, et celle dont je suis le plus fier, c’est d’avoir réussi à aimer quelqu’un comme je l’aime, d’avoir pu ressentir ce que rare d’entre nous ont pu à peine imaginer ; en fait, je ne vois plus la vie comme les autres la voient, je vois d’abord Anna pour ensuite voir la vie, je ne pourrais pas continuer de vivre sans elle dans mon monde, et je vous assure que ce n’est pas un discours de jeune garçon amoureux…
Avant de repartir chez elle, Anna m’avait remis un petit mot, une lettre où elle expliquait qu’elle était désolée de ce qu’elle m’avait fait, qu’elle essaierait de réparer ce qu’avait provoqué chez moi cette période de ma vie… Je l’ai lue et relue – je ne sais combien de fois – pour découvrir à la fin que je n’avais plus aucune trace de ce qui s’était passé, que le fait qu’elle s’était sincèrement et simplement excusée m’avais suffi, peut être même que c’était tout ce que je demandais, je ne pensais pas que le simple fait que celle que j’aime dise des choses que je savais déjà allait me rendre aussi heureux et aussi comblé.
2007 : L’ANNEE DE TOUT LES CHANGEMENTS
(01/01/2006 15:00)
Nous sommes le premier jour d’une nouvelle année, le premier épisode de la nouvelle saison de ma série, une nouvelle page de mon histoire vient de s’ouvrir, une page sur laquelle doivent être écrites en encre irréversible les lignes les plus importantes et les plus décisive du livre de ma vie ; je ne sais pas ce que je ressens exactement, mais l’épais brouillard qui alourdit ma tête en ce moment laisse transparaître une sensation de nostalgie et de peur, et en même temps de l’enthousiasme et de l’excitation.
Cette année deux mille six sera pour moi, une année cruciale, un genre de virage serré dans la route – jusque-là bien droite - de ma vie ; une année dans laquelle je vais faire des choix, dans laquelle je vais devoir prendre des décisions qui vont fortement influer sur le déroulement de ma vie (et pas que ma vie), et donc sur mon destin.
Nostalgie, parce que dans maintenant trois cent soixante cinq jours je n’appartiendrai plus à la vie estudiantine et universitaire algérienne, parce qu’il ne me reste plus qu’environ cinquante-deux semaines à partager avec ceux que j’aime : mes parents, mes amis et avant tout, mon amour Anna ; parce que je vais devoir laisser toute ma vie, toute mon enfance et tout ce qui me met tellement à l’aise et en confiance à la fin des douze prochains mois.
Mais aussi de la peur, peur de partir… Peur aussi de changer, peur que les gens que j’aime ne changent, effrayé par le fait de réaliser un rêve qui a toujours été pour moi inaccessible et tellement lointain… Mais ce qui est en train de me rompre de douleur et de remords, c’est le fait que je dois laisser celle qui est tout pour moi, celle à qui ça va faire tellement mal, celle qui va payer le prix de mon égoïsme, de ma stupide envie de me différencier de monsieur tout le monde… celle pour qui ça ne doit pas poser de problème que le garçon qu’elle aime parte si loin et si longtemps, celle pour qui je demande peut-être trop, celle que j’aime tant. J’ai une crainte effroyable de ce que va engendrer mon départ entre elle et moi, de notre capacité à surmonter cette nouvelle épreuve que le destin nous impose – que je nous impose -, j’ai vraiment peur de ce qui va arriver… je n’ai jamais été face à une période aussi inconnue de ma vie, de notre vie, je crains que ce caprice nous conduise vers des chemins différents, non pas que je doute de ma capacité à l’aimer ou à lui être fidèle, mais je n’aime pas l’effet que la distance et la séparation ont sur notre couple, à maintes reprises ça a failli nous… je n’ai pas confiance dans le temps, je n’ai pas confiance en la vie et encore moins dans le destin… ces trois-là, sont toujours en train de comploter et de conspirer contre les amoureux séparés. J’ai pourtant espoir que nous serons l’exception, l’anomalie qui contredira toutes les mauvaises langues… celle qui montrera à quel point Sam et Anna sont différents de Joey et Dawson ou encore de Suzan et Philip… à quel point notre amour est hors du commun et à quel point les gens devraient être jaloux de ce que nous vivons…
Le même jour de la prochaine année je serai (si tout va bien et si dieu le veut) dans un autre pays, dans une autre ville et dans un tout autre monde… je vais devoir « réaliser » mon rêve de gosse, mon éternelle ambition, celle de partir étudier – ou plutôt vivre dans le pays que j’admire le plus – un peut moins en ces temps de racisme et de persécution -, celle d’aller voir le temple de la vie et de l’amour… La France – Paris en particulier – a toujours été l’endroit où je rêvais d’aller.

