Ce que nous savons des Glayous
Un texte de Wikipen.
Ce que nous savons des Glayous tiendrait sur un mouchoir de poche ; un de ces mouchoirs de l'ancien temps, à grands carreaux violets, où disparaissaient à intervalles réguliers les nez rougis de nos ancêtres enchifrenés.
Des traces infimes des Glayous subsistent dans de très anciens manuscrits, découverts avec l’assèchement de la mer d’Aral.
« Longtemps, écrit une chamane, j’ai souhaité rencontrer un Glayou ; ceux qui en avaient vu en disaient monts et merveilles… » Elle ajoute qu’un Sage Savetier lui a fait comprendre « qu’il avait, lui, eu affaire à un spécimen de Glayou, sous la forme d’un loir, semble–t–il : logique, si l’on songe que le sommeil est la voie royale, voire impériale, qui conduit à l’avènement hautement célébré des parousies hétérogènes ». Mais elle conclut sur une note bien pessimiste : « Hélas, un expert comptable me fait passer un article de la NRF, selon lequel – ô chagrins infinis ! – les Glayous se livreraient dernièrement à des pratiques de suicide collectif analogues à celles des lemmings. Au point que l’espèce soit menacée de disparition… »
Et dans un autre palimpseste figure la mention suivante :
« Par contre, quelle que soit ma nostalgie anticipée, il vaut mieux oublier les Glayous. Dans un entracte proprement apocalyptique, j'ai vu des saturnes et des plutons de dernière catégorie les dévorer jusqu'au dernier. »
Il semble donc que les Glayous soient une espèce – animale ? humaine ? hybride ? qui sait ? – en voie de disparition à l’époque de ces écrits (qui reste à préciser), ou même déjà disparus. Mais pourquoi avaient–ils une telle notoriété et une image aussi prestigieuse ? Quels étaient leurs pouvoirs ? Qu’attendait–on de leur proximité ? Autant de questions qui restent, pour le moment, sans réponse.
Le Professeur François–Xavier Magma de Mortelonde hasarde cette hypothèse : « Les Glayous étaient ce que les Grecs auraient appelé des héros, c’est–à–dire des demi-dieux. Un pied sur terre, l’autre dans le domaine céleste, ils servaient aux hommes d’intercesseurs, d’où leur popularité. Avoir un Glayou de son côté permettait de demander et peut–être d’obtenir des faveurs divines. » D’autres chercheurs affirment qu’il n’existait de Glayous que des mâles, de sorte que pour la conservation de l’espèce, il leur était nécessaire de s’accoupler avec des femmes, et qu’ainsi par ce métissage, ils étaient de moins en moins Glayous et de plus en plus humains, perdant ainsi leurs pouvoirs surnaturels.

