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Chapeaux de roues
Un texte de Wikipen.
Il y a deux façons de faire du bruit avec une voiture. La première consiste à équiper la sienne d’un échappement libre. Toute autre correction qui majore la puissance motrice est la bienvenue. L’exercice, donc, réside en l’usage maximal des capacités mécaniques dont on dispose entre deux stops. Démarrages en trombe et freinages tardifs ne sont alors qu’éructations et crissements. L’âge d’être grand-père atteint, en général, mais le répit est souvent plus précoce, les malotrus mettent un terme à ces pratiques ; elles nuisent au budget des bons pères de famille, qui investissent, au mieux, dans les bâtisses que la campagne garnit d’ouate, au pire, dans une isolation phonique de bonne facture. Bref, arrive un âge où tout individu vomit l’âme perpétuant les boues qu’il chérissait jadis. Que le causeur de troubles soit le fils de l’individu ajoute au casse-tête.
La seconde façon de faire du bruit avec une voiture diffère sensiblement de la première. Les deux se conjuguent parfois, mais ce n’est pas si fréquent. L’autre manière d’ameuter le voisinage, disais-je, consiste à pourvoir son véhicule d'une installation acoustique d'envergure. De tels édifices couvrent la plage arrière d’enceintes pansues, font la fortune des prothésistes audio et importunent quiconque n’a pas choisi ce fracas. Notez que les véhicules ainsi pourvus rutilent, domaine où ma jalousie l’emporte. Leur propriétaire, détail amusant, condamnent les mécanismes relatifs aux ouvrants, vitres qu’ils ont au préalable abaissées. Comprenez que le verre a cette vertu d’étouffer les timbres, une bien fâcheuse tendance. En toutes saisons les autos grondent, et l’on distingue à leur volant des ombres abjectes qu’une vague destination charrie ; passer maintes fois au même endroit dans l’heure, autant se rendre nulle part.
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