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Cogito, escargot sum

Un texte de Wikipen.

Un jeune escargot sur une feuille de laitue se fit piquer par un moustique. Le moustique poursuivit son repas sur un jardinier. Le jardinier se fâcha et manqua de peu ce gringalet de moustique. L’escargot rentra dans sa coquille, il fit un double roulé-boulé jusqu’aux pieds du jardinier et attacha, grâce à ses tentacules, les deux lacets l’un à l’autre. L’escargot se cacha sous une pelle. L’homme tomba et le moustique se sauva. Ce dernier guetta le jardin au loin. Le jardinier s’agenouilla et enleva le nœud. L’escargot se glissa entre les herbes. Le jardinier allait mettre le pied sur l’escargot en rentrant chez lui, lorsque arriva le moustique qui piqua le jardinier à la jambe. L’escargot eut le temps d’entrer dans la haie.

Le moustique vint faire le kakou et se présenta : Plugue Glon. Il était vif et impulsif, et ne prenait pas souvent le temps de réfléchir. Il adorait se moquer de tout et de tous. L’escargot se prénommait Cogito. Il avait besoin de marcher à pied pour réfléchir. Il adorait raisonner. Il ne se moquait que de ceux qui étaient injustes à son idée. Ces deux lascars devinrent copains. C’est surtout Plugue Glon qui avait besoin de Cogito. Cogito s’accommoda de cette nouvelle présence, avec plus ou moins de bonheur. Cogito dit rapidement que chacun devait vivre sa vie, et que les histoires qu’on racontait n’étaient pas intéressantes pour elles-mêmes mais pour ce qu’elles nous apportaient et si elles nous aidaient à mieux vivre notre propre vie réelle et non imaginaire. Ces deux amis dialoguaient souvent comme ici :
— Moi, j’aime parler, mais toi, tu n’es pas obligé de m’écouter.
Je m’ennuie !
— Moi, jamais !
— Quelle chance !
— Oui, mais je suis tout de même frustré par mon incapacité légendaire à agir ! Je ne fais que penser, je pense souvent bien me dit-on, j’ai le temps pour ça ! Mais bien agir, je ne le fais que rarement !
— Bouge-toi !
— J’aimerais, mais je suis inapte à changer les choses en bien...
— Tu m’as sauvé la vie !
— J’en suis très heureux !
— Pas autant que moi ! Je la tiens ma vie ! Elle est à moi !
— Non ! C’est juste un emprunt !
— Arrête tes…
— Je ne pourrai jamais te le prouver ! Alors disons que tu as raison en ce qui te concerne et que j’ai raison en ce qui me concerne !
— Tu es un beau parleur !
— Penser est ma raison d’être !
— Moi, j’existe pour m’éclater ! Et pomper les veines les plus sanguines !
— C’est ta nature !
— Oui, toi, tu préfères mâchouiller des laitues nappées de la douce rosée du matin !
— Te voilà très poétique !
— Bon ! Tu m’endors !
— Le voilà parti à la recherche de nourriture ! Je ne peux lui en vouloir ! Tout le monde ne digère pas les verdures, mêmes parmi les plus tendres.

Plugue Glon ne cessa ses aller-retour entre Cogito, qui le distrayait, le reposait, le calmait et l’instruisait, et un ailleurs toujours enthousiasmant mais vite hostile, inquiétant et incompréhensible. Plugue Glon chantait la chanson d’Hélix Brouteur : Escargot de nuit !