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Comme un doux funambule

Un texte de Wikipen.

Le néant, la mer, et moi



Les marins vont pieds nus, sur les cordes tendues
S'assurant d'une main à leur choppe de vin
Et de l'autre étreignant les voiles dans le vent.

Moi tel un matelot, je marche sans chaussures
Loin au-dessus des flots, par-delà leur azur.
Je m'appuie sur l'esprit pour garder l'équilibre
Buvant de ma folie lorsque le moral vibre.

Ma droite est pour le sang, ma gauche a le plaisir.
Ma droite est aux savants, ma gauche est aux loisirs.
Et tel un funambule au dessus de la piste
J'avance ou je recule, jamais ne me désiste.

Si le blanc du divin vous semble magnifique
L'ébène du Malin me parait plus mystique
De même la fraicheur, des visages mignons
N'ont pour moi la douceur de quelques traits brouillons.

Ainsi les sages voies ou les grandes prouesses
Ne pèsent aucun poids devant les maladresses.

Si bien que si un jour, parmi mes illusions
Je trouve le secours de la fée Déraison
Mon voeu serait alors de sacrifier d'un coup
L'acteur et le décor du théatre des fous.

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