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Composition n°1010

Un texte de Wikipen.

Je ne sais rien de rien de ce que je vais vous rire au nez, mais, prenant pour argent comptant les décomptes, peut-être manuels et irréguliers, de la page racine, je trébuche ici et commence, dans l'esprit peut-être joueur, frondeur et subtilement enchevêtré d'un Anthony Braxton, la Composition n° 1010, qu pourrait tout aussi bien être le lieu d'une expérience d'écriture à plusieurs, un texte à jouissance partagée, une forme d'échangisme littéraire, sous les piliers de cette autoroute où je morfonds, ma bagnole en panne, la culasse cramée, et rament les voiliers à 140 sous la brise, comme une violente migraine viendra d'ici peu me clouer le bec.

Difficile d'écrire sans limite et pourtant c'est ce qu'il y a de plus simple une fois que l'on a compris qu'il n'y a rien à comprendre. On peut prendre n'importe quel mot et l'emballer, le jeter, le faire revenir à l'huile d'amande douce et puis penser à sortir de cette autoroute encombrée. De bien beaux chemins de traverse nous attendent. La voilure nous ralentit entre ces arbres magnifiques et simulateurs. Passer au fond des étangs est tentant comme de parler à l’écho de soi-même. La garrigue entrouvre ses nuages et nous plonge dans une attitude provocante en pratiquant le nudisme de l’âme.

Je salue, faute de mieux et surtout faute de temps, par amour de l'improvisation et me laissant aller au nu de la plume, je salue, qui me double sur la droite, le Schpountz. Le Schpountz… Et si je signais chacun des virages pris à la corde raide Le Guignolo ?

Des méthadones hirsutes, des poulpes jugulés, des méduses râpées, des doryphores emmaillotés, des pissenlits parlant Racine, des vitupérateurs aphrodisiaques, des dentifrices canins, des petits pois bricoleurs, des papillons collectionneurs, des matons laveurs, des poulets printaniers, des courses faméliques, des hussards couvreurs de bienséance, les poches pleines de paquets de chips ondulés, des briseurs de rêves ensablés, des points titillés…

Énumération funéraire loin des urnes littéraires qui me bercent les soirs de pleine peccadilles. Diantre, Dante, pourquoi te caches-tu ainsi ? Je vois ton bras dépasser derrière le poteau nigaud ! Et ôte cette friche de ton chapeau ! Niais que tu es. Les ombres te cherchent, elles ne tarderont pas à te trouver. Fais gaffe à ta peau !

Ils disaient qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Ils disaient qu'on n'a que ce qu'on mérite. Ils disaient que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ils hochaient gravement la tête comme des marionnettes suspendues au-dessus de la plage arrière d'une vieille Frégate bleu foncé. Je leur ai dit d'aller se faire foutre.

Ils dansaient comme des breaks aux belles carrosseries citrouillesques. Ils étaient plus que minuit. Ils tentaient d'inventer de nouveaux signes de ponctuation sans y parvenir ¤ Ils participaient passés de mode. Ils n'en faisaient qu'à leur courte tête. Ils puaient du nez. Ils jouaient aux ego qui se dilataient comme l'univers. Ils voulaient monter au septième ciel sans ascenseur et n'étaient que des caves. Ils dépensaient sans penser. Ils étaient incapables de cultiver des civilisations disparues. Ils hantaient mes terreurs inventées de toutes parts. Ils maternaient ma langue. Ils pouffaient de vivre ! Et moi, je vomissais sur les horaires dégradant des bibliothèques.