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Confrontation

Un texte de Wikipen.

Une vision claire du problème. Voilà ce dont Leja avait besoin pour élaborer une stratégie susceptible de se débarrasser des chiens, première étape pour se sortir de cette situation désagréable et, il le sentait, potentiellement dangereuse.

Ses adversaires avaient pourtant l’air si petits, mais le son qui venait des montagnes lui permettait d’en comprendre la réalité intégrale.

Ce n’est pas parce qu’il n’a jamais rencontré de lasch jusqu’ici qu’il va en avoir peur ! Chacun sait comment en venir à bout, si l’on dispose du matériel idoine. Mais pour le moment : les chiens. La mutation leur permet-elle encore de ressentir la douleur ? Dans le cas contraire, le retour à la normale se compliquerait. On va bien voir.

Faire deux choses à la fois : lancer, courir. Courir quand même, malgré les morsures. Il constate l’échec de sa fuite, il saute la barrière, et se retrouve ainsi provisoirement à l’abri des chiens. Sa situation ne s’est pas améliorée. Il n’a plus d’arme, sa jambe saigne. Il n’ose pas regarder la plaie, de peur qu’elle soit des plaies. Bon. Sauter la barrière à nouveau, échapper aux chiens qui résistent aux armes (qu’importe, il n’en a plus – enfin un motif de satisfaction).

Soudain, un bruit, net et très puissant. Il lève les yeux vers la montagne qui le surplombe. Un problème à la fois. Un regard sur le côté : de l’eau claire au goût de cendres, de l’herbe sèche, une jambe noire de rouge. Un élément après l’autre. Pas d’arme. Un problème de moins. Pas soif. Un sale goût d’évité. Besoin de courir ? Pas sûr. Oui, assurément, il y est. Il a saisi comment s’en sortir, il a un plan. Un plan précis et complet.

D’abord, voir les chiens. Il sait que l’opération va le fatiguer, mais, d’abord, voir les chiens. Il les voit. Quatre. Ils ont souffert de la grenade. Ils attendent qu’il ressorte de sa retraite pour l’achever. Ensuite, comprendre les chiens. Ca y est. Comprendre les chiens, c’est comprendre leur maître, c’est comprendre la folie meurtrière gratuite d’un lasch. La liaison est dure à maintenir. Conflit de visions divergentes. Le lasch va voir qu’il est blessé. Non, il a déjà vu grâce au chien.

Une seule solution, évidemment la plus désagréable, se présente à lui. Il tire son khuje de sa poche, et commence à l’utiliser en décrivant des cercles sur le sol, qui devient rouge-orange. Il se place sur la surface ainsi modifiée et prend son envol. Il fait un effort rapide pour atteindre en quelques instants une altitude suffisante. Il jette un regard vers le sol et aperçoit les chiens, visiblement désorientés, ce que lui confirme sa compréhension des chiens et du lasch.

Le vol à impulsions est une activité épuisante si elle est maintenue trop longtemps, mais elle est très efficace, quoique peut-être insuffisante pour franchir à nouveau la montagne. Constat inquiétant. Mais, pour le moment, essayer. De nouvelles impulsions, prendre encore de l’altitude, dépasser l’obstacle, s’écarter du danger immédiat.

Arrivé à la moitié de la hauteur de la montagne, soudain il voit le lasch, et il sait que simultanément le lasch le voit. Leja est atteint.

Il commence à chuter. Sa peau se fissure de toute part. Il s’éviscère. C’est fini.

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