L’édition par les utilisateurs non enregistrés est interdite temporairement, en raison du spam.
L'association Wikipen a besoin de vous ! Devenez membre !

Dans son coin

Un texte de Wikipen.

Elle est recluse dans son coin. Poussée dans ses derniers retranchements, elle est assaillie de toutes parts, aucune issue à l'horizon ni aucune fuite possible. Elle se demande ce qu’elle a bien pu faire pour attirer autant de haine sur sa personne. Elle n’a pourtant pas soufflé sur le foyer, cet âtre perpétuellement incandescent et crépitant. Alors qui donc a autant attisé ce feu destructeur ? Elle essaye de revendiquer, de faire valoir ses atouts et sa nécessité vitale pour l’humanité mais personne ne l’écoute. Comment peut-on être aussi mauvais et irrespectueux avec une mère - qui plus est - nourricière ? C’est incroyable, ils existent bien ses sauts d’humeurs, ses éruptions cutanées, ses éternuements puissants ainsi que ses activités, mais tout de même il n’y a rien de plus naturel. C’est incompréhensible, c’est comme si le besoin d’exterminer était plus fort que le besoin de protéger, comme si casser revêtait infiniment plus d’attraits que de conserver, comme si soumettre, imposer étaient des valeurs et tolérer, s’adapter leurs antithèses…
À cette oppression physique s’ajoutent également des agressions, plus subversives, d’ordre moral. Ses assaillants se plaignent d’elle, partout tout le temps. Ils l'accusent de tous les maux. Ils ne se rendent même pas compte que ce sont eux la cause de tous leurs déboires, mais il est tellement plus facile d’éviter les vrais problèmes et de punir un bouc-émissaire, en l’occurrence elle est bien choisie.
Il ne faut pas généraliser non plus, certains individus sont différents, ils s’attachent à elle, la respectent, la protègent et la servent comme ils le peuvent et elle les en remercie toujours chaleureusement. Le souvenir de ces âmes sensées, dans son esprit, leur est acquis pour l’éternité. Mais voilà il s’agit d’une trop faible minorité. Plus le temps passe et plus les hordes destructrices s’acharnent. Elle ne sait pas combien de temps encore elle pourra résister. Heureusement que ses soupapes de sécurité lui permettent de faire retomber la pression et ainsi de temporiser mais cela cristallise et amplifie encore plus les tensions ; à terme cela risque fort d’empirer, elle le sait. Ses assaillants sont coriaces mais elle connaît leur faille. Elle a réussi à mettre le doigt sur leur faiblesse : sans elle ils sont perdus, et ils le savent, c’est d’ailleurs pourquoi ils lèvent les yeux au ciel en sa présence, c’est pourquoi ils se tournent vers les étoiles. Leur plan est déjà en marche mais elle sait qu’il n’y aura pas de place pour eux tous, le plan est réservé à une minorité, ils se battront jusqu’à la mort pour en avoir le bénéfice et pendant ce temps ils l’oublieront, ils la délaisseront finalement et elle fera la morte. Ce sera très bien comme ça ! Elle les laissera partir et puis se réveillera, après une bonne nuit de sommeil, fraîche et heureuse comme au premier jour.