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Dans une anfractuosité de série bêta

Un texte de Wikipen.

Le chien s’est perdu au milieu de la tourbe qui nous dévisage longuement. Et puis nous n’avons pas besoin de lui pour oxygéner nos poumons. Nous arrivons tant bien que mal par-dessus les nasses volumineuses et obliquons à angle pointillé. Avec ma presque paire de jumelle je regarde l’horizon qui apparaît. Nous devons continuer sans arrière-pensée. Libres ! Nous sommes enfin libres ! Plus pressés de traverser les champs de blé que le couple Veer-Zaara, nous crachons sur nos pieds pour les refroidir et accélérons devant le passé qui nous rattrape. Oubliant nos atermoiements nous sautons de nuage en nuage et rencontrons quelques oiseaux rares et prédestinés. Il n’y a que des phénix par ici. Ils nous accaparent plus longtemps qu’il ne le faut. La sosie de ma chamane se sacrifie et répond à leurs éternelles questions. À deux nous brisons la glace et nous réfugions dans une anfractuosité de série β. Elle fait l’affaire ! Il ne nous reste plus qu’à attendre l’idée d’un subterfuge afin d’éviter les chutes de pierres plus butées que les policiers de Punishment park. Et ce n’est pas moi qui vais l’avoir cette idée puisque je rêve que je dors déjà et que je rêve que je cueille quelques succulentes grappes qui en ont un grain au point de se jeter dans les eaux du détroit de Corinthe.

Nous observons un silence de crainte… Le brouillard se forme… Qu’allons-nous devenir ? J’allume ma cuillère Argos en argent massif. Et Dionysos nous rejoint à l’extrémité de notre résidence surveillée. Il veut un présent de qualité en échange de notre futur ailleurs. Nos poches sont vides, nos âmes sensibles, nos idées relativistes. De peur, nous claquons dans nos mains et il nous croit morts. Il ne s’aperçoit pas que tu te transformes en une panthère noire de Schrödinger et moi en un étrange méson Π au quark de couleur verte. Je me retrouve faisant partie d’une corbeille, suspendue à la fraîcheur du matin, et au chœur dont les voix forcent le respect et apaisent nos âmes voyageuses. Voilà que je mange des pierres la tête posée sur un billot de 100€. Que se passe-t-il ? Il m’est impossible d’écouter la suite. Je ferme les oreilles et mon cerveau et mon âme. Suis-je coupable ? Non, on ne va pas me faire le coup de l’innocent accusé à tort ! Alors je mange du manouri qui passait par là. Hé bien je reste là jusqu’aux calendes grecques puisque la nourriture est exquise.

Dans mes cauchemars les plus affreux, je n'avais pas imaginé être poursuivie par des physiciens kantiens, ou quantiques, ou même quantiques des quantiques. Ils ont quitté leurs officines crépusculaires pour venir me harceler ! Sauve qui peut ! Les phasmes et les éléphants d'abord ! Je grimpe le long de la gouttière et par le toit de la Comédie Française, j'atteins des limbes moins menaçants. Les crapules ! Ils trouvaient naturel de patauger dans la semoule avec leurs guêtres et leurs phanérogames ! Mais je vous le dis tout net, je n'aime pas ces Pères de la glaise et leurs serre-monts en laine tricotée par de jeunes aveugles auvergnates. Le temps de procéder à un exorcisme de bon aloi et je serai débarrassée de leurs pompes hydrauliques et de leurs oeuvres complètes. Ensuite je pourrai prendre quelques instants de repos et m'enquérir du sort de mon savetier pensif qui semble avoir des problèmes avec la justice, mais on ne va pas en faire tout un fromage...

Je quitte malgré moi ce plateau complexe et injuste. Ah, la justice ! Son art… en sort grandi ? Non, mais qu’importe. L’ogresse l’agresse et je suis quitte ou double. Il n’empêche que je me suis permis de tutoyer ma chamane et qu’il ne s’est rien passé. Avec une perception exacerbée comme la sienne je devine qu’elle n’est pas choquée alors à partir de dorénavant je vais continuer à tutoyer ma danseuse penseuse lanceuse de sortilèges. Dont acte ! Précieuse féticheuse, tu tournes autour de moi de plus en moins vite, tu fais des sauts si sombres, tu chantes d’incompréhensibles sonorités, tes joues jouent. Extra ! Et moi dans tout ça ? Je n’ai pas de témoin sincère pour espérer un jour comprendre ma réaction alchimique. De plus mes proches sont vides. Aucune payse ! Personne ne peut m’aider. Ceux qui traînent par ici ne me connaissent pas. Les australopithèques, et Brad Pitt, et Kant, trop heureux, se rient de moi. Sans dessous dessus, j’affronte des affreux oppressants. Et pendant ce temps tu te bats, la chamane, contre des non-êtres affublés de pétales et de dalmatiques. Je cligne les paupières et c’est alors que je t’aperçois libérée de nos mauvais rêves.



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