Destin féérique
Un texte de Wikipen.
Introduction
3 mars 2226
Un jeudi si je ne m’abuse. Un nouvel être naquît au beau milieu des taudis de Percival, la plus grande agglomération de la planète Rhotury.
Un simple humain ne servant, à première vue, qu’à repeupler un peu la gente pauvre de cette maudite planète…
Guillaume. Personne ne lui prédisait un destin hors du commun et pourtant…
Chapitre 1 : La rencontre
21 février 2241, au palais
Le bruit sourd d’une porte qui claque suivi par des bruits de pas rapides résonna dans l’ensemble de la forteresse.
— Ma reine, un nouveau drame a pu être évité aux portes du palais ! Regardez la première page du journal !
Le serviteur tendit à la reine Jannica IV une plaque métallique munie d’un bouton latéral que la reine se hâta de presser. Aussitôt, une image holographique d’un homme vêtu d’une combinaison rappelant étrangement les joueurs de billard terriens apparut au centre de la plaque.
« — Habitants de Percival. Le fantôme et ses hommes nous ont encore sauvés. En effet, les armées du roi Necmury II sont, comme vous le savez, aux portes de la ville et, ce matin, une offensive a été lancée vers le palais de notre très chère reine.
La milice de la ville, conduite par le fantôme, a réussi, malgré la perte de beaucoup de vies, à empêcher l’avancée des troupes de ce maudit roi. D’après des sources, le fantôme serait un habitant des quartiers sud de la ville et, malgré ses interventions héroïques au cours de ces trois derniers mois, personne n’arrive à connaître sa véritable identité. Une chose est sûre, ce fantôme n’a pas plus de 15 ans… »
Jan posa délicatement la plaque à coté d’elle et resta un moment le regard vide avant de se lever brusquement, bousculant son serviteur. Elle s’approcha d’une sorte de fenêtre géante d’où l’on pouvait voir l’ensemble de la ville de Percival.
La reine, bien que pas très grande, était d’une extraordinaire splendeur. Au premier coup d’œil, elle inspirait confiance et réconfort.
Elle était vêtue d’une longue robe blanchâtre laissant dépasser par endroit une tenue plus sportive ; après un grand nombre de tentatives - depuis un siècle - de conquête du palais par les Zurgs, les rois et reines ont souvent eu à se battre eux-mêmes dans la salle du trône. Depuis, les souverains sont prêts à toutes éventualités…
— Comment se fait-il, Olivier, que malgré les efforts de mon père, le sort du peuple humain repose entièrement sur mes épaules ? Je viens d’avoir 15 ans et il m’a laissé autant de devoirs en nous quittant… Jamais je ne pourrai réussir…, dit-elle avant de tomber en larmes.
— Non ma reine, IL NE FAUT PAS PERDRE ESPOIR !! Percival est la dernière des cinq cités maîtresses qui n’est pas encore tombée sous le joug ennemi. Personne ne doit baisser les bras et il faut vous ressaisir ! Votre peuple compte sur vous pour bouter nos ennemis hors des limites de Percival avant de libérer les quatre autres cités maîtresses qui sont encore sous le joug de ces Zurgs…
Prenez pour exemple le fameux fantôme qui signe à chacun de ses actes héroïques « Pour vous ma reine » sur l’armure du plus haut gradé Zurg que lui et ses miliciens viennent de repousser…
Jannica soupira un grand coup en regardant sa ville bien aimée. Elle savait que le courage était présent dans tous les esprits mais la peur de voir son peuple souffrir l’empêchait de se lancer réellement dans la reconquête de Rhotury…
— Tu as raison Olivier, il faut absolument retrouver ce fantôme. Il est peut-être notre dernier espoir de rétablir la paix dans ce monde. Il est le seul à pouvoir nous aider.
Les yeux de la reine scintillaient de milles feux et la détermination se lisait dans sa posture.
***
22 février 2241, à l’aube, dans une sombre ruelle
Un jeune homme, vêtu d’un manteau lui cachant le visage, se faufila à travers les ruelles de la ville jusqu’à une sorte de point de rendez-vous, devant la porte d’une maison apparemment abandonnée depuis de nombreuses années. Après avoir scruté discrètement les environs, il entra d’un air décidé dans cette demeure repoussante….
Il resta dans la pénombre de la pièce quelques minutes avant de se diriger vers le générateur d’énergie. Il l’alluma au minimum de façon à ce que la pièce soit assez éclairée pour pouvoir y interagir sans que de vils regards extérieurs puissent déceler une quelconque activité à l’intérieur de cet antre de malfrats…
Trois bruits sourds et secs résonnèrent alors dans la pièce.
Une vois rauque s’éleva alors dans les airs :
— TONERRE
-FOUDRE, répondit alors l’homme au manteau.
La porte s’ouvrit doucement, sans un grincement et laissa apparaître un être tout aussi sobre que le premier, celui-ci retira alors sa capuche et le visage fatigué de Guillaume apparut.
— Guillaume, prononça l’homme, une nouvelle attaque va être lancée ce soir, vers 23 heures. Necmury II a ordonné à ses lieutenants d’investir notre quartier afin de le fouiller de fond en comble… Il y a eu des fuites et je t’avoue ne pas savoir comment cela a pu se produire…En tous les cas, tu n’es plus en sécurité ici.
Guillaume n’avait pas l’air effrayé ; il s’amusait avec une dague forgée par les derniers terriens lors de la Grande Bataille.
— Bref, la reine veut absolument te rencontrer. D’après elle, tu es le seul homme encore capable de rétablir l’ordre dans cette cité.
— Merci Olly, je ne sais pas ce que je ferai sans toi... préviens Max. Qu’il soit prêt avec Xav et Lacora pour 22 heures. Rendez-vous tous les 5 dans la planque 3 : le pont des quartiers ouest à 22heures 15.
Fais également en sorte que la reine soit présente dans ces quartiers à la même heure, j’ai une idée pour la rencontrer…
***
22 février 2241, 22heures 15, Planque 3
Tout le monde s’assit autour de la table improvisée :
— Lacora, je veux le rapport, dit Guillaume en s’adressant à une jeune fille blonde à peine plus âgée que lui.
— Ils sont 52 très précisément. Séparés en deux escadrons de 26 hommes afin de prendre en sandwich les quartiers sud par l’est et l’ouest… Ils ont tous des armes électroniques.
— Très bien. Xav, les explosifs sont-ils en place ?
— Oui, tout est OK
— Max, peux-tu t’occuper de leur attirail ?
— Aucun problème…
— Tout le monde sait ce qu’il a à faire ?
— Oui Guillaume, nous sommes parés, lui répondirent-ils
— Parfait. Dans ce cas, tout le monde à son poste et oubliez pas les émetteurs !
Aussitôt, tout le monde se dispersa. Max rentra dans une sorte de passage secret au beau milieu des rues désertes. Après de longs couloirs et quelques escaliers tortueux, il déboucha dans une salle immense. Cette salle était plus informatisée que n’importe quel institut scientifique. Les boutons étaient tous plus colorés les uns que les autres. Rapidement, Max s’installa et s’équipa d’un casque émetteur. Il pianota durant environ une minute sur ce qui ressemblait à un énorme ordinateur aux écrans holographiques.
— Je suis en place les gars, tout le monde me reçoit ? demanda-t-il
— Cinq sur cinq, répondirent les membres du commando.
— Ok, bon il faut changer de tactique. Ils n’ont plus les mêmes positions depuis tout à l’heure, attendez, j’établis un plan de la ville.
De nouveau, Max se mit à taper plus vite que n’importe quelle personne normalement constituée. Une carte holographique apparut. Cinq points rouges apparurent en même temps qu’une cinquantaine de points bleus.
— Très bien, je vous ai sur les écrans. Xav, d’ici trois minutes, le premier groupe sera à portée des explosifs. Finalement ils passent bien par le circuit prévu… Tiens-toi prêt.
Guillaume et Lacora, tenez vous prêts, ils sont à une rue de votre position. Olly, le moment est venu d’aller la chercher… Amène la dans la 16ème rue puis rejoint ta position rapidement.
— Très bien, j’y vais.
Olly se hâta de rejoindre le seuil d’une auberge où se réunissent habituellement les pires brigands et bandits de la ville. Une personne encapuchonnée l’attendait visiblement et tous deux partirent en silence en direction d’une sombre ruelle.
— Nous y sommes ma reine. Le fantôme vous a donné rendez vous ici. Il se prénomme Guillaume.
— Très bien mer..
La reine qui avait tourné un instant la tête se rendit compte qu’Olly s’était volatilisé.
— Olivier, Olivier, ou es-tu ? Cria la reine de plus en plus apeurée.
Des ombres s’avancèrent alors dans la ruelle sombre et déserte. Un froid glacial se répandit dans les veines de Jannica lorsqu’une vois rauque se fit entendre.
— Tiens donc, la reine en personne…, prononça une silhouette d’une voix grave et sèche.
— Xav, ils sont sur toi dans 5 seconde.4.3.2.1.
Une énorme explosion se fit entendre. Un nuage de fumée noire s’éleva dans les airs.
— C’est fait, qu’en est-il ? demanda Xav essoufflé.
— Je ne les vois plus sur mon écran, et les deux immeubles se sont bien écroulés…Viens me rejoindre. Tout repose maintenant sur les épaules de notre fantôme…
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—Qui êtes vous ! , prononça la reine avec autorité sans montrer de peur dans sa voix...
— Nous ? Intéressante question… Disons que nous sommes les dernières personnes que vous verrez…
Le bataillon Zurg s’avança à quelques mètres de la reine tout en restant dans la pénombre. Après quelques secondes, leur chef s’approcha de la reine. C’était la première fois qu’elle voyait ces créatures en vrai…
Ces drôles de bipèdes -semblants tout droit sortis des mythes enfantins- étaient vêtus d’une armure très moderne : leur uniforme était en polycarbone –un matériau découvert dans les années 2010 par des chercheurs américains, espérant trouver en ce matériau ultime une arme invincible. Sortes de mutants au visage difforme, on confondait souvent ces monstres avec des animaux sauvages….
D’un geste sûr et d’un air déterminé, Jan enleva son manteau et dégaina un long couteau couvert d’inscriptions.
— Vous pensez peut-être que je vais me laisser faire ? s’écria-t-elle.
Un fou rire gagna alors le bataillon…
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Guillaume –qui regardait la scène depuis le début- décida d’intervenir.
— Lacora, c’est le moment !
Tous deux bondirent alors des toits jusque dans la rue avec une élégance qui semblait innée.
Ils coururent s’interposer entre la reine et le lieutenant ennemi.
— Lacora, occupe toi de notre reine, va la mettre en lieu sûr, je m’occupe de ces vauriens…
Celle-ci ne se fit pas attendre et emmena la reine au bout de la ruelle avant de bifurquer dans une petite allée d’à peine un mètre de large. Par je ne sais quel moyen, elle ouvrit un passage secret entre deux maisons de pierre. Après quelques détours et raccourcis, elles se retrouvèrent dans le QG de l’équipe. Max, sans même se retourner de son écran souhaita la bienvenue à Jannica par un simple mouvement de main. Olly et Xav, quant à eux s’empressèrent de la saluer plus aimablement.
— Ollivier ! Que fais-tu ici ! S’exclama-t-elle encore sous le choc.
— Ma reine, je vous expliquerai plus tard, en attendant, asseyez-vous ici.
— Guillaume ne va pas réussir tout seul… On lance le plan B, tous à vos postes, notre fantôme a besoin de notre aide !
Max appuya alors sur un bouton qui ne ressemblait pas aux autres. Une petite ouverture apparut alors à l’autre bout de la pièce et nos quatre amis s’y engouffrèrent.
La salle était plus petite et très sombre. Elle regorgeait d’armes anciennes humaines (du simple revolver au puissant panzerschrek). C’était leur petit trésor ; ne pouvant pas se procurer des armes aussi sophistiquées qu’ils le souhaiteraient.
Par chance, ils étaient tombés sur ce vieux dépôt de stockage d’armes ayant plus de 200ans.
Chacun avait son type d’armes préféré :
Max, toujours en arrière était un expert des armes de visée.
Lacota, préférait quant à elle les petites armes de poings.
Olly, étant assez bourrin de nature, adorait les mitrailleuses et autres armes automatiques.
Enfin, Xav, véritable expert explosif, ne pouvait résister à quelques grenades et bazookas…
Ils s’armèrent tous très rapidement et, après des consignes strictes données à la reine, ils foncèrent rejoindre Guillaume…
Juste avant de partir, Max se retourna :
— Jannica, asseyez vous ici, vous pourrez nous suivre sur l’écran et s’il vous plait, lorsque je vous donnerai le signal, vous appuierez sur ce petit bouton rouge. Sans cela, nous risquons de ne pas faire long feu.
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Ils arrivèrent rapidement sur le lieu du combat. Guillaume était toujours en pleine conversation avec le capitaine ennemi.
— Tu sais Guillaume, de notre coté tout le monde te connaît et te respecte… Si tu t’alliai à nous, tu aurai accès à la gloire et au pouvoir.
Comme seule réponse, Guillaume sortit de son étui la même dague qu’il avait plus tôt dans la journée et, d’un geste rapide, trancha la gorge du lieutenant.
En une fraction de seconde, tout débuta. Depuis trois mois de résistance, Guillaume et ses amis en avaient connus des batailles de rue mais rarement contre autant d’ennemis.
Aussi, comme à leurs habitudes, ils se battirent avec le sourire aux lèvres en comptant même le nombre d’ennemis tués pour un soit disant « prix de fin du mois » décerné à celui ayant fait le plus de victimes…
— Maintenant ma reine ! Appuyez ! Cria Max dans son emeteur.
Aussitôt, les armes électriques des Zurgs émirent une curieuse couleur rouge puis s’enflammèrent d’un coup.
Max profita de ce laps de temps de confusion pour tuer une demi-douzaine d’ennemis à coup de balles de sniper bien placées.
Les Zurgs ne renoncèrent pas pour autant. Ils sortirent chacun une immense épée d’un étui qu’ils avaient dans le dos et foncèrent sur nos cinq amis.
Leur réserve d’armes lourdes étant presque vide, Max, Olly, Lacota et Guillaume firent tout le travail. Ce dernier se battait simplement à l’aide de sa dague qui semblait lui donner une confiance absolue.
Xav et Max restaient en arrière tandis qu’Olly et Lacota se lancèrent corps et âmes dans la bataille. Les bruits de balles résonnaient dans toute la ruelle. Du sang verdâtre, visqueux et collant giclait sur les murs et les pavés. La scène était affreuse mais les cinq amis avaient l’air de prendre du plaisir. Ils avaient l’air de s’amuser à tuer aussi sauvagement…
Au bout de quelques minutes, le résultat ne fit aucun doute : la résistance humaine était encore présente dans Bertène : une nouvelle offensive avait pu être repoussée ce 22 février...
***
23 février 2241, dans une suite royale au palais de la reine
— Je trouve quand même cela bien étrange Xav, chuchota Lacota… que pour nous remercier de nos « actes héroïques », nous avons droit à un séjour luxueux au palais ? Je suis sur que quelque chose se trame derrière cela et je compte bien le découvrir…
— Arrête de stresser, lui rétorqua Max, qui était installé confortablement devant une véritable plasmholo -anciennement appelée « télévision »-. Jannica veut simplement converser avec Guillaume, rien de plus alors profite un peu de ce luxe !
— Mui, tu as peut-être raison… D’ailleurs, puisqu’on parle de toi Guillaume, tu ne devais pas rencontrer la reine ce matin ?
— Hein ?! Répondit Guillaume en sursaut, heu, oui, oui, mais Olly doit venir me chercher.
Tous se remirent alors à leurs diverses occupations…
La pièce était énorme. Selon un historien, elle avait autant de surface qu’un stade de football –un ancien sport terrien-.
Pour se parler, nos quatre compères avaient des sortes de « micros casques » reliés en réseau interne.
Le luxe qui se dégageait de la suite était tel que seules les plus grandes personnalités de Rhotury l’avait fréquenté.
La pièce faisait presque 4 mètres de haut. Elle était située dans les derniers étages de la tour ouest de la forteresse.
Les murs et le plafond étaient recouverts de fresques relatant l’histoire du peuple humain depuis la chute et la destruction de la Terre.
Olly entra par l’une des nombreuses portes alors que Xav se débattait avec une manette défaillante d’une console de jeu trafiquée.
— Guillaume, arrête de rêver la reine t’attend, prononça Olly
— Je ne rêve pas, je réfléchis…
— Oui, ben arrête de jouer le philosophe et viens !
Guillaume qui admirait le plafond, couché sur un immense lit se leva d’un bond.
— Je te suis !
***
La traversée du palais prit un temps fou et compter les portes, couloirs, escaliers, ascenseurs, passerelles et différentes pièces empruntés par les deux amis serait considéré comme de la torture mentale…
En tous les cas, aucun mot ne fut prononcé entre Olly et Guillaume. En effet, lorsque celui-ci commença à parler d’une opération qui devait se dérouler le soir même, le serviteur lui répondit sèchement et avec un clin d’œil:
— Veuillez me pardonner monseigneur mais les serviteurs ne sont pas autorisés à parler avec les invités de la reine à l’intérieur du palais, votre ami Max a dû vous prévenir de cela quand même !
Guillaume comprit rapidement qu’un système de caméras et de micros devait être présent dans toute la forteresse. Olly avait du découvrir que certains hauts placés avaient des relations quelques peu douteuses avec l’ennemi et se servaient de ce système d’espionnage pour obtenir quelques informations secrètes… Après avoir gravi un énorme escalier, Guillaume et Olly arrivèrent devant un couloir gigantesque mais néanmoins très étroit.
Il n’y avait qu’une seule porte, énorme et magnifique, au bout du couloir. Ils se hâtèrent d’arriver devant. Elle était en bois verni. Des mots de plusieurs langages étaient inscris en arc de cercle. Guillaume y reconnaissait de l’anglais, du français, de l’espagnol, du russe et une langue utilisant des idéogrammes. En effet, pendant sa jeunesse pas si lointaine, son passe-temps favori était la bibliothèque : l’un des derniers lieux publics accessible à toutes classes de la population. C’est là-bas qu’il s’était lui-même forgé une éducation scolaire.
Olly frappa à la porte quatre fois puis, sans attendre de réponse, il entra. Guillaume hésita quelques secondes mais décida de le suivre.
Ils pénétrèrent alors dans une chambre magnifique. Un lit à baldaquin remplissait à lui tout seul énormément d’espace. Les rideaux, tout comme les draps et les tapis étaient d’un rose pâle mais sombre. Il régnait dans cette pièce une atmosphère de bien être.
Tout à coup, le cœur de Guillaume fit un bond. Elle était là, dans un fauteuil. Elle se contemplait visiblement dans un miroir. Vêtue d’une majestueuse robe tout aussi rose que le reste de la chambre, Jannica se leva brusquement. C'était une des rares fois oú ses cheveux d'orge étaient détachés...
— Merci Olivier.
Celui-ci se hâta de sortir de la chambre en faisant un clin d’œil à Guillaume qui paraissait de plus en plus rouge.
— Asseyez-vous, je vous en prie, lui dit-elle en lui montrant un fauteuil.
Guillaume hésita quelques instants mais alla s’asseoir. Un bureau le séparait de Jan qui s’était également assise.
Elle prit alors un air très sérieux.
— Guillaume c’est bien ça ?
Celui-ci acquiesça d’un signe de tête.
-Pour commencer, je voudrai bien entendu vous remercier, vous et vos amis, de m’avoir sauvé la vie. Après quelques débats avec mes conseillers, j’ai décidé de ne vous accorder à vous et à vos amis, aucune récompense… ou du moins aucune récompense matérielle.
En effet, comme vous le savez, la situation de notre peuple est plus que critique et nous sommes au bord de la chute et, nous pensons à l’unanimité que vous êtes notre dernier espoir.
Le regard de Guillaume qui était fuyant depuis le début de l’entretien se posa d’un seul coup sur celui de la reine. Il n’en croyait pas ses yeux. Les yeux de la reine étaient mouillés et bizarrement, Guillaume ressentait de la pitié pour sa reine.
— Guillaume, comme récompense, nous souhaiterions que vous soyez nommé à la tête de notre armée. Vous aurez quartiers libres sur toutes vos actions en ayant simplement l’obligation de ne prévenir qu’une seule personne de vos agissements : Moi.
Guillaume ne savait pas quoi dire. Son regard était figé, ses traits du visage trahissaient un sentiment de joie et de fierté.
— Je… je ne sais pas quoi vous répondre ma reine, balbutia-t-il.
— Tout d’abord Guillaume, appelez moi Jannica. Nos rapports seront nombreux à partir de maintenant et autant instaurer dès maintenant une atmosphère de confiance. Enfin, reprit-elle, si bien sur tu acceptes notre proposition…
— Bien sur ! bien sur que j’accepte, s’empressa-t-il de répondre. Le sourire jusqu’aux oreilles
— Très bien Guillaume, Olivier va alors te montrer tes futurs appartements et ton bureau.
La reine appuya alors sur un bouton qui se trouvait sur son fauteuil. Une voix familière s’éleva alors dans les airs.
— Oui ma reine ?
— Olivier, il faudrait que tu montres à Guillaume ses nouveaux appartements.
— Très bien madame, j’arrive !
Guillaume imita alors la reine qui se levait et se dirigeai vers la sortie. Il s’empressa alors de lui demander quelque chose
— Excusez-moi ma rei... Euh Jannica, je souhaiterai vous demander une faveur. Vous m’avez dit que j’ai quartier libre sur toutes mes actions et j’aimerai beaucoup pouvoir former une sorte de bataillon spécial composé de personnes de confiance que je connais.
— Bien sur Guillaume, fais comme tu le sens, dis toi que tu viens d’être nommé numéro 2 du royaume…
— Merci beaucoup… Ah oui, et mes amis pourraient-ils avoir des chambres ? Ils n’ont nulle part où vivre et ce serait un énorme geste de générosité de votre part si ils pouvaient se partager ne serai-ce qu’une petite chambre…
— Aucun problème Guillaume, nous avons trois appartements qui devraient leur plaire. D’ailleurs, vous êtes tous les cinq conviés à ma table au dîner de ce soir. Je n’ai plus eu d’invités depuis pas mal de temps…
Je parie qu’Olivier fera parti de votre bataillon ?
— Oh merci Jannica pour votre généreuse invitation. Et oui, effectivement, il est l’un des cinq « créateurs » de notre équipe.
— Mais…. Depuis combien de temps… Enfin je veux dire, comment avez-vous pu connaître Olivier qui a toujours vécu dans ce château… lui demanda-t-elle d’un ton très gêné.
Guillaume rigola en entendant cette question
— C’est mon frère !
Un bruit de pas rapide dans le couloir annonçait l’arrivée d’Olly. Guillaume sortit alors en prenant soin de remercier la reine.
Arrivés au bout du couloir, ils entendirent la reine :
— Au fait.
Guillaume se retourna
— Merci général…
— C’est à moi de vous remercier madame Jannica.

