Drap blanc
Un texte de Wikipen.
J'ai mal. Mon esprit se débat pour tenter de rejeter la douleur, qui pourtant persiste, grandit, se fait à chaque instant plus inévitable, incontrôlable, étouffante. Alors je la laisse me posséder tout entière, m'envahir, me submerger. Je m'enfouis dans mon lit, je me replie sur moi, corps roulé en boule autour de ce point de souffrance, et lentement je la fais sortir, je l'expulse après qu'elle m'ait emplie, l'accouche après en avoir été fécondée contre mon gré, je la fais refluer comme la mer restitue le sable après la marée.
Doucement, je me dénoue, me détends, mes membres s'étendent sur le drap blanc et lorsque mes yeux ||regardent vers l'extérieur de nouveau, je souris — souvent c'est un sourire pâle, amer parfois, mais lorsque j'en suis de nouveau capable cela signifie que j'arrive à voir au-delà de la douleur, que j'ai retrouvé ma certitude de la dépasser. Et là, écartez-vous de mon chemin !


