Un texte de Wikipen.
Je vais voir l'hiver lui demander si son manteau de neige lui tient bien chaud.
Il est bien vieux maintenant mais il s'efforce de cacher son âge.
Je passe par le village et ramasse un joli coquillage.
J'y colle mon oreille, je sens les embruns salés et entends l'océan.
Un goéland courageux m'emporte sur les vents.
Je monte sur un nuage, d'ici la terre est la plus belle.
Magnifique vision, instant irréel et sensuel.
Je rencontre la belle au bois dormant.
Elle ronfle toujours, elle attend son amant.
Je m'assieds à son chevet, lui fais un baiser sur les lèvres et j'attends.
Elle se réveille et m'emmène danser sous la lune.
Nous partageons le bonheur et nos souvenirs des couleurs.
Je saute dans la nuit et plonge dans la lagune.
Je sonde l'onde bleutée avec mes mains, sans heurts.
Je vais au-delà des plaines et arrive au corridor.
Un lutin me verse une menthe à l'eau dans un dé d'or.
Ses yeux bleus s'animent, il y naît des mirages.
Je fouille au hasard dans ce bazar puis y fais le ménage.
Je vais moissonner le champ des possibles.
Voir la semeuse pour lui sussurrer un mot inaudible.
Un mot d'amour, elle qui est si sensible.
Elle m'offre deux graines de
sourire et de tendresse.
Je sautille de plaisir et d'allégresse.
Je saute sur les épaules du cyclope.
Pour le remercier je lui offre six clopes.
En retour il me confie son secret de fabrique.
Je lui fais un clin d'œil et il m'emmène en Afrique.
Je vais discuter avec le lion conquérant.
Il fait la sieste à l'ombre dans la savane.
Je rugis pour attirer la longue caravane.
Des chameaux et des touaregs se suivent en rangs.
Je grimpe sur la dune rouge.
Au sommet il souffle un air frais et nocturne.
Un serpent des sables ondule.
Une chouette hullule.
La forêt pousse autour de moi.
Il pleut à verse sur toi.
Trois gouttes d' eau sur nous.
Les voyez-vous ?
Pas de réponse !
Je suis perdu dans la jungle humide.
Je vais voir Mowgli et ses amis timides.
Autour du feu les esprits j'invoque.
Un djinn et un effrit se présentent plutôt baroques.
L'amour, cette déesse, ils évoquent.
La musique nous envahit.
Nous dansons jusqu'au bout de la nuit.
C'estfini.
Plus de bruit.
Ma disparition.
Et puis...
Et puis je renais...
Phénix nouveau des espaces infinis,
Phénomène inoui du temps des cathédrales.
|