Fulgurances au seuil
Un texte de Wikipen.
Ne pas se noyer dans le vert d'eau
De l'étang douteux proche des landes,
Mais boire jusqu'hallali
Le calice, le Saint-Graal plein d'entrain,
Et attendre que les meutes de dogues embusqués
Surgissent, me débusquer,
Moi, ma putain de foi,
Escompter jusqu'à la la lie, dégoûté de l'humus,
Que Dieu et Jésus le christique se penchent sur cet arceau
De ramures reste de rouille de l'automne décliné,
Au-dessus du corps d'épouvantail, moi décharné,
Viennent me récupérer
Mon âme d'emprunté à l'ancêtre, je ne sais,
Viennent à moi m'exprimer
Par baisers d'angelots, floconneux,
Puisque c'est toujours l'hiver
Que l'on part au-delà de tout ça,
L'infinie compassion que l'on doit,
Aux outrés de la vie,
Aux gonflés de l'ennui,
Aux mordus de la nuit
Par piqûres de rappel des ratages,
Du regret
D'être né sans mourir aussitôt.

