Grinçant grimoire
Un texte de Wikipen.
Malgré nos doutes, nous ne pouvions nous empêcher de nous regarder de plus près. Une loupe sur nos nombrils ouvrait sa gueule comme un pao-lou qui tombe sur le paonneau interdisant toute incivilité. Un à un, nous mettions en place le un-et-un. Jaune et vert. Fin et grossier. Lisse et torsadé. La con-fusion n’admettait pas de rester en plan. Funiculairement je postillonnais, oubliant de te susurrer d’opiniâtres extravagances fondées sur des théories invendables, même par le plus grand des griots flamboyants. Amassés à l’ombre du baobab sanctificateur, nous guettions le moindre spéléologue, fût-il ventru et hâbleur. Que nenni ! Rien n’y fit ! La confiserie resta fermée cet après-midi là.
- Ne faudrait–il pas traiter, dans un premier temps, de la condescendance des épîtres ? Car lorsque les mécaniciens sont descendus de l’avion, il n’y avait plus que des oranges amères à distribuer. Les escarpolettes étaient passées par là. Nous nous sommes réfugiés sous les rivages pour y échanger nos écorchures. Le moment n’était pas forcément le meilleur. Mais il fallait bien tenir compte de tous les atermoiements, éternuements, itérations diverses. Il fallait aussi se débrouiller pour passer entre la paroi rocheuse et l’eau de la cascade sans être trempés. Par translation latérale, nous nous sommes procuré des parchemins de la taille voulue ; ainsi que le nombre requis de cadenas et de mantilles. Puis nous avons poursuivi la route poudreuse en direction de la forteresse.
Avant qu’il ne soit trop tard, nous sortîmes les draps de bain de l’étagère rouillée. Au loin la forteresse bariolée courait déjà après des bisons chevauchant des couteaux proportionnés comme des tringles à rideaux de douche. Elle atteignit bientôt l’inexactitude jouée par les sycomores calamiteusement orientés vers le théier. Une âme bien née, laissée ouverte comme la tienne, prolongeait les rythmes désinvoltes dressés par les cicatrices des nénuphars bleus. Des tigres ovales sautaient de trapèzes en pas-de-porte, gênés par cette fumée d’hirondelles transalpines. Les épîtres se succédaient le long de la tyrolienne. L’efficacité de nos techniciens tardait à se mettre à jour. La nuit nous inondait. Les loutres tapageuses nous regardaient passer comme d’antiques reliques privées de repos. Il nous fallait nous ressourcer. C’est ainsi que nous partîmes flotter parmi les dauphins expérimentés.
- Silence. Le calme de l'aspiration est impressionnant. Nous sommes épuisés. Dans une large vague de papiers volants, je saisis au passage quelques images des étoiles. Ferait-il beau quelque part ? Les ermites sont entraînés à poser des questions latentes. Le module astringent du chou-fleur inaugural chevauche les aquarelles, négligeant d’enclencher la rougeur de son agressivité. Pour ce qui est de la tempête, nous verrons demain, rien ne presse. La musique des sphères déborde très légèrement des magnolias, mais ça n'empêche pas le sphinx de se précipiter au musée. Quelle que soit la version choisie, les gardiens vont avoir fort à faire avec les cordes et les tremplins. Je tente un rétablissement audacieux et je tombe longuement au fond du ravin.

