Hors des sentiers battus
Un texte de Wikipen.
Je suis prêt, donnez-moi cent vies.
Demain au plus tard, mourir.
Vouloir tout précipiter et pourrir.
Pourquoi attendre, las et en vie ?
Il semblerait qu’aucun but commun à l’humanité ne puisse exister. Le plus évident d’entre eux, pour un occidental, est sans doute le fait de vouloir vivre dans de bonnes conditions. Il semble alors étrange à cet être que les hindous, par exemple, ne désirent qu’une chose : mourir !
Paradigme est notre prophète. Nous faisons en sorte d’aller vers là où nous voyons quelque chose qui nous attire. Un peu comme des papillons de nuit qui se font piéger par un drap blanc rétro-éclairé.
Un tel ici, un autre là et parfois il faut se bousculer pour profiter de ce que tout le monde veut au même moment. À la sélection naturelle nous avons substitué la sélection sociale. À y regarder de près il existe trop peu de différences entre la loi de la jungle et les lois de nos sociétés…
Je suis prêt, tirez la corde.
Demain l’amour m’aborde.
Vouloir profiter, céder à ses envies.
Pourquoi attendre autre chose de la vie ?
Le fait d’exister pour les autres fait qu’on existe ; peu importe que pour soi-même on existe. D’où les névroses ontologiques qui affectent la plupart des hommes. Exister, comme la douleur, n’est qu’une vue de l’esprit. Pour se dépasser, la conscience du tout peu aider. Peut-être ne sommes nous pas un mais le tout et une partie du tout à la fois. C’est comme la dualité onde corpuscule. Pourquoi nos cerveaux ne seraient-ils pas quantiques ? Et nous autres, de simples montages sophistiqués de multiples particules intriquées ?
Alors le fait d’observer un état ferait disparaitre toute possibilité de perception d’un autre état. Ne dit-on pas que nous ne trouvons que ce que nous cherchons ?
Je ne suis pas prêt, arrêtez !
Demain, l’angoisse de l’incertitude.
Vouloir tout savoir et décréter.
Pourquoi prolonger cet interlude ?
La lutte fait rage entre la simplicité et l’humilité. Tout le monde sait que le temps met à bas le toit et que la haine annihile toutes les bonnes volontés. Enfant déjà adulte ou vice versa ? Souvent de telles questions permettent à chacun de se perdre…
Maudite raison ou intuition morbide ? Où se situe la frontière entre raison et passion ? Parfois au seuil du cercueil et parfois à l’aube de la renaissance.
Ce n’est qu’une question de point de vue. Oserai-je une question de bon sens ?
C’est le problème des mots personnalisés […] ne jamais être capable de quoi que ce soit exprimer.
Suis-je prêt pour exister ?
Demain je le saurai.
Vouloir ne rien prévoir et je l’aurai.
Pourquoi refuser de persister ?
Certains jours où tout nous semble perdu nous nous endormons sur nos deux oreilles et d’autres fois lorsque nous sommes soi-disant satisfaits nous parvenons difficilement à trouver le sommeil.
Par moments qui ne s’est pas surpris à penser à tuer autrui ? Nombreuses sont les impasses sur le chemin du bonheur. Suis-je un phare ou un récif ? Peut-être une vague scélérate ou un tourbillon ; des sables mouvants ou de la tourbe…
Les deux à la fois mais pas au même instant. Cela dépend de ce que vous regarderez. Vision figée, œillères orientées et filtres colorés composent notre quotidien partagé. Le beffroi indiquera-t-il midi aujourd’hui ?
Je m'arroge le droit d'exister.

