Il y avait d’autres fleuves
Un texte de Wikipen.
Il y avait d’autres fleuves, d’autres saisons, d’autres plaisirs. Les maisons restaient vivantes. Les fleurs étaient habituées. Elles se gorgeaient d’eau en attendant le retour, notre retour. Nous prenions notre temps, longions les ruisseaux, montions et descendions des vallées boisées. Nous cheminions jusqu’au précipice et nous nous y jetions. Le vide s’offrait. Nous ouvrions nos parachutes et nous atterrissions sur nos chevaux sans selle. Et nous galopions jusqu’à la plage, obscurcie avant notre arrivée. Les pieds dans l’eau nous allions jusqu’à nos voiliers fluorescents. Aucun ne regardait en arrière. Nous rejoignions la côte de sable frais. Nous étions les derniers. Nombreux, ils nous attendaient. Le café et le chocolat coulaient dans nos gorges. Ils nous avaient préparés nos lits, et là nous avons dormis de bonheur.

