Inter-rimaire
Un texte de Wikipen.
I
Sachant que j'éprouvais des sentiments tendres
Elle me gifla Le monde déchu s'émeut
D'un tel commencement Mais je compte écrire
Toutes les vilenies que j'ai dû subir
Dans le bar les ronfleurs rêvent aux lointains
Dont les joies fanées effacent les douleurs
II
Difficile impossible de la surprendre
Elle a souffert avec ses amoureux
Comment puis-je parvenir à faire rire ?
Elle n’écoute plus ce que j’ai à lui dire
Continuer ? Rêver lui donner la main ?
Et pourtant je n’y ai plus que ça: mon cœur !
III
J'ai du mal à placer dans ce vers un émeu,
Mais aucun autre mot ne rime avec émeut.
Ah contrainte encombrante et qui me fait souffrir !
Quoi ? que je continue ? tu peux toujours courir !
Je vais donc me venger de ce nouveau malheur
Et mon prochain sizain vous tirera des pleurs.
IV
Vont être mis à rude concurrence entre eux,
Sortez vos mouchoirs, un piment et un oignon !
C’est à qui saura, la vie de l’autre, pourrir.
Ces kakous-là montrent leur fierté tout l’été !
Puis au rythme de la danse du scalp, en sueur,
Ils se mettent à l’ombre dans de beaux palais.
V
Voyez-les se nourrir : détritus et trognons,
On serait même honteux de donner ça aux bêtes.
C'est leur manière à eux le moment de fêter
Au lieu de chant et danse en cortège gracieux,
Ensorcelant comme est un magicien malais,
Ils se vautrent en leur fange et en plus en sont fiers.
VI
Donc, j'étais amoureux La gifle, un gnon,
Me troua la mémoire, à l'œuvre imparfaite
Je voulus jaillir en mille confettis
Colorés Mais je rentrais de Vénissieux
J'allais à Tours Je ne sais pas où j'allais
L'amnésie danse Ô fantômes altiers !
VII
Comme j'aimerais entrer dans une fête !
Nous serions légers comme des éventails.
Un trampoline et hop ! on s'envole aux cieux.
Les kangourous sont heureux, applaudiront.
Je sais bien, mon cher, ce n'est pas mon métier,
Mais il y a temps pour tout, il me semble.
VIII
Ma gousse d’ail ?
Mon portail précieux ?
Mon frère marron ?
Tous se ressemblent !
IX
Elle n'avait pas mis son chandail
Et je regardais son soutien-gorge
Amande Mon amante aux yeux ronds
M'abreuvait de sa beauté terrible
(Trop) Ensemble nous allions l'amble
Avant de subir ce coup fatal
X
Voyez-le donc qui se rengorge
Qu'a-t-il fait de si éclatant ?
Ce n'est pas Mission Impossible
Juste séduit quelque jupon...
Mais bien sûr, c'est un truc mental
Rien ne sert de le dénigrer.
XI
La Onzième revient ! la fait est patent !
C'est la strophe la plus jolie. N'est-il pas ?
Et je n'ai pas besoin de papier crépon
Pour mieux décorer cette salle défaite.
Le baroque intégral, on l'a intégré,
Comme l'envers envoûtant d'une sonate.
XII
Pas !
Tant ?
Faites !
Natte !
Gré !
XIII
On ne t'en demandait pas tant
Tu aurais pu t'en abstenir
Mais l'eau a passé sous les ponts
Et les ours se sont endormis.
Faire tout ça de ton plein gré
C'est vraiment de la folie pure.
XIV
Mieux vaut courir que tenir,
C'est la devise des hommes.
On n'est pas des anges, hormis
Certains qui en sont cependant.
Ce n'est pas une sinécure,
Ce bancal poème aux rimes croisées.
XV
En un maigre coup de gomme,
Les têtes s'envolent
Mais, crayon aidant,
On peut guérir n'importe qui
Ou regreffer trois bras (c'est osé).
Vive la bédé !

