Io, Diambala
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Né en ancien Uruguay, ses parents venaient de l’ex-Bhoutan, sa vocation de sociologue commença à l’instant même où il lut la définition de la publicité Barnays (gendre de Freud et grand théoricien de la manipulation publicitaire dès les années 20 du 20ème siècle): « faire que les gens désirent ce dont ils n'ont pas besoin et qu'ils aient besoin de ce qu'ils ne désirent pas. » Digne successeur de Noam Chomsky qui disait : « Le capitalisme réel, c’est le profit privatisé et les coûts socialisés », Io soutenait la thèse selon laquelle le système capitaliste n’avait qu’un but : augmenter les écarts de richesse (il préférait l’expression écart de pauvreté).
Pour Io, le système capitaliste n’avait qu’une fonction : se perpétuer. Ses principales caractéristiques étaient la publicité, les informations, la violence et sa peur, les loisirs. Leurs points communs étaient d’occuper la population, la détourner des vrais problèmes et aussi et surtout de lui faire dépenser son argent. D’autres qualités (sic) leur étaient attribuées. « La publicité est l’impôt privé » le mieux intégré à la société, écrivait-il. Les informations permettaient la mal-information, le détournement des esprits vers des sujets qui ne remettaient pas en cause le système économique, et aussi permettaient la propagande de façon plus ou moins ouverte. C’était avec des phrases comme « Voici tout ce que vous deviez savoir sur l’actualité de ce jour. » que les présentateurs du journal télévisé osaient ponctuer celui-ci. Ils ne franchisaient pas le pas jusqu’à affirmait : « Maintenant ne pensez plus, d’autres le font pour vous. Oubliez tous ces malheurs bien ciblés que vous avez vus. Et continuez de consommer quitte à vous endettez, mais n’oubliez pas de travaillez, les machines ne peuvent pas encore entièrement vous remplacer. » Le principal étant de maintenir les humains, ne faisant pas partie de l’élite, dans un conditionnement robotisé voire lobotomisé. « Surtout ne penser pas ! » ne peut être dit aussi crûment !
La violence, quant à elle, facilitait l’embrigadement, et aussi montrait qu’il était ‘‘normal’’ de lutter les uns contre les autres physiquement mais aussi psychologiquement. La peur de la violence engendrait le « sentiment » d’insécurité, et au nom de la liberté développe un système sécuritaire à l’excès. Les loisirs, eux, avaient le privilège de défatiguer la population afin qu’elle soit rapidement apte à reprendre le travail. Parmi ceux-ci, l’indispensable drogue permettait aux États-Unis d’occuper et de décimer intellectuellement et physiquement les indésirables plus efficacement que ne le faisait la prison. Impossible de la légaliser. Tant d’argent était en jeu qu’il était impossible de la légaliser. Cette prohibition de la drogue dura car elle décimait surtout les populations noires, contrairement à l’alcool qui décimait surtout les populations blanches.
La principale influence d’Io fut la création d’une force de proposition. Afin de devenir acteur d’une force de contestation réelle, il mit en place une association qu’il nomma Pouvoir propositionnel ou Poupro. Elle avait pour unique but de s’approcher du prêt-à-légiférer en chiffrant la moindre source de financement. De nombreuses personnes au sein du Poupro proposaient, débattaient et défendaient leurs idées innovantes, originales à volonté progressistes. Ensuite l’association transformait ces idées en textes de loi prêts à être votés. « On ne peut pas consommer grand-chose si l’on reste tranquillement assis à lire des livres » écrivait Aldous Huxley. La première réussite du Poupro fut le combat contre le nucléaire, en prouvant aux représentants politiques les conséquences financières des malades et morts du nucléaire. Les réussites ultérieures furent obtenues grâce à cet esprit comptable du Pouvoir propositionnel. « Le cœur doit si situer entre le cerveau et les mains. » Le problème est que les actes sont de moins tributaires des mains et le cerveau s’autosuffit de plus en plus. Et surtout : « On dirait que le pouvoir rend stupide les gens d’esprit » comme l’affirmait Proudhon.
Allant plus loin qu’Huxley, Io lutta contre le conditionnement et le secret d’une forme de bonheur : aimer ce qu’on est obligé de faire. Difficile de s’émanciper de son propre être ! Longtemps attiré par la contemplation, il finit par la trouver parfois si éloignée du respect qu’alors elle devenait néfaste. Même si il savait qu’il fallait être humble avec soi-même et admettre que l’on ne peut seul résoudre toutes les injustices, il conclut qu’il y en a certaines pour lesquelles nous sommes aptes ou pour lesquelles nous devons nous rendre aptes. « La réelle contemplation juste et bénéfique est celle qui nous permet à nouveau d’affronter l’irrespect, elle est une source d’énergie ; cette énergie ne doit pas rester sans effet. La Contemplation totale peut être un jour possible, mais pas pour le moment» écrivait-il.

