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L'Art est un voyage idéal

Un texte de Wikipen.

Je ne suis pas la seule femme, et sans doute faut-il ajouter quelques hommes, à m’être extasiée de sa plastique.
Combien sont les âmes, par contre, à ne pas s’en être satisfaites ?
Combien sont les âmes qui ont vu s’entrebâiller l’huis de leurs fulgurances artistiques, à force de respect, d’écoute et d’intérêt pour son activité cérébrale, sa volonté d’escalader la perfection, de butiner sur les parois en désordre la justesse qui foisonne ?
De ce qu’il vous insuffle, il n’est d’autres issues pour l’esprit que l’harmonie.
Très vite, j’ai senti mon appétit spirituel se décupler.
Il m’a contaminée d’un pouvoir que sur moi j’exerce, le désir de soustraire mon dégorgement romantique à une certaine cohérence aride.
Surréalisme ?
J’y vois plutôt le trépas d’un esclavage onirique, celui qu’on nous enseigne à tort.


Dans l’œuvre de Paul Cézanne, on relève moult accoutumances.
Son obsession à ne plus rien ignorer d’un site en est une.
La Montagne Sainte-Victoire, qu’il peignit maintes fois, constitue l’apogée de son implication.
Il avait assiégé la dent de toutes parts, multipliant tant les toiles que les angles.
Versants rendus plus raides, liberté dans les distances, lumière méprisée, Paul était une diva avec lui-même.
Cependant, est-il venu à l’esprit de certains l’idée que ce peintre n’ait eu le compas dans l’œil qu’en de rares occasions ?
En la matière, qu’on achève mon tic au berceau s’il est un péché mignon.


La beauté sidérale de cet homme tient de l’esprit,
elle provient du sien tandis qu’elle dépend du nôtre.


L’art est un voyage idéal,
ne suivez pas mes traces s’il vous en coûte.