L'omniprésence des réseaux

Un texte de Wikipen.


Aimé Louvre est inspecteur de la brigade des stup'. Son enquête ces jours derniers, portent sur un gang de dealers qui n'hésitent pas à tuer, y compris des policiers, afin de faire tourner leur business.
Paris. Lundi 15 avril 1963. 22h12. Aimé prend trois de ses agents, et vont faire un tour du côté du terrain vague, rue Émile Édouard. Aimé avait déjà un pressentiment sur la vieille bicoque du fond. Procédure habituelle : approche furtive comme dans les films américains, l'arme de poing à la main comme dans les films français, on prend un peu d'élan, on casse la porte, on entre sans s'essuyer les pieds, on choisit une cible, on la met en joue et on dit : « Toi tu ferme ta gueule et tu bouge pas ». Roger, l'un des trois autres policiers, est d'origine américaine. Les américains ont une manière totalement différente de travailler, très efficace elle aussi, mais qu'il serait stupide d'utiliser à Paris, tout simplement à cause des portes françaises qui sont trop petites pour y passer un fusil américain. Quoi qu'il en soit, Roger rate toujours ses entrées ; là, il dit : « You just ferme ta gueule ou je te tue ! Yeah ! » C'est embêtant parfois, car cela arrive que le suspect se moque de lui. Ici ça n'a pas posé de problème, puisque le suspect est mort avant de comprendre ce qui lui arrivait. Sur le « yeah », le coup de feu part par mégarde. « Fuck ». Le nombre d'occupants passe en quelques instants de trois à sept, puis de sept à six.
Aimé inspecte la pièce principale. Aucune trace de drogues, ni d'armes. Il revient face aux trois gus. Il les interroge, mais les vivants sont pas plus prolixes que le quatrième. Sur la cheminée, une boule noire de billard, Aimé la prend dans ses mains et réfléchi un instant. Soudain un détail l'intrigue, il y a des traces de chaussures dans cette cheminée... et il y a une clenche au fond. Aimé ouvre alors un petit passage, tout juste assez grand pour y passer sa bedaine. Il entre dans une grande pièce. La lumière allumée, on découvre de grandes étagères où sont rangées toutes sortes de choses. Des sérigraphies post-modernes, des concombres hollandais, des sièges pop-art, des moulures baroques, des sachets de cocaïne, un bouquet de roses en papiers, des soutiens-gorges en dentelle, des tapis persans, et toutes sortes de jouets pour enfants, allant du lacrymogène au bébé baigneur. Avec son flegme qui le caractérise tant, Aimé goûte un sachet de cocaïne, pour être sûr, et s'en va pour revenir auprès de ses collègues. À la sortie du passage secret, Aimé découvre une autre surprise. Il y a deux autres hommes, armés. L'un le met en joue, et tient Roger, égorgé, dans ses bras en guise de gilet pare-balles. « Fuck ». On résume ; trois personnes, puis sept puis six, puis huit puis sept. Derrière, les autres menacent Yvette avec des matraques et d'autres objets oblongs. Il paraît vraisemblable que ces hommes soient violents. Avec son esprit vif comme une machine à calculer, l'inspecteur comprend qu'il s'agit là du repaire du gang des brigands, et qu'il s'y trouve en mauvais rapports.
Avenant, Aimé tente de ne pas envenimer la dispute et décide d'entamer la discussion en parlant politique. La mauvaise affaire, les hommes se révèlent être des marginaux qui n'ont que faire de l'Algérie et du président De Gaulle. Alors ni une ni deux, Aimé file droit par la porte, sans la casser cette fois-ci ; à vrai dire il n'y a plus de porte à proprement parler. S'en suit alors un coup de feu et le silence d'Yvette. Le choix était simple, c'était lui qui crèverai ou bien elle. Mais quand on est policier, il vaut mieux perdre sa coéquipière et épouse, plutôt que son arme et sa bouteille de vin.
Un des assassins poursuit Aimé dans le terrain vague et les rues parisiennes. Course poursuite classique, Aimé cours vite, énervé il cherche une quelconque voiture de patrouille pour appeler des renforts ; le pistolet du poursuivant s'est enrayé, et il faut maintenant pour lui retrouver le policier afin de le tuer avec un trottoir. Aimé est fatigué, il a plus ou moins réussit à se cacher mais le gangster n'est pas loin.

C'est alors que tout chavire. Exténué de déplacer à haute vitesse ses 102 kilos de masse pondérale, Aimé fait une sorte de malaise. Ses yeux deviennent rouge. Sa rétine devient rouge. La peau de son visage se décompose et se putréfie à vue d'œil. Deux clones d'Aimé sortent de terre. Il arrive la même chose au bandit, et c'est à ce moment qu'Aimé trouve une sandale par terre et lui assène un violent coup dans la nuque, ce qui semble le tuer. C'est alors qu'un clone du bandit sort de terre à son tour. Et alors que les trois Aimé le tue à coups de poings, l'autre se réveille et se métamorphose en saurien, sorte de petit dinosaure bipède, au corps blanc et à la tête bleue et violette, un squelette de métal entoure ses pattes. Un panneau informatique avec des boutons semble greffé sur son dos, ainsi que des réacteurs miniatures d'avion. L'un des clones s'amuse à gigoter sa main devant la gueule du monstre, pour l'énerver, le provoquer. Le dinosaure commence alors à attaquer les trois Aimé morts-vivants, dont la décomposition s'est momentanément arrêtée. Ils tentent de l'immobiliser, et l'un d'eux appuie sur tous les boutons, ce qui a pour effet de muter la tête de l'animal en visage de femme qui dit d'une voix diaboliquement synthétique : « Hahaha, merci de faire la guerre ». Les jambes en métal de l'animal font des bruits d'engrenages, et il est de plus en plus difficile de le maintenir immobile. La tête redevient une tête de lézard bleue et violette, et arrache le crâne d'un des zombies. Juste à cet instant, l'autre encore intact réussit une combinaison de touches qui affiche sur un écran de contrôle l'inscription « MASTER CONTROL ». Les trois Aimé et le dinosaure se transforment en vaisseaux spatiaux et entament une bataille galactique qui durera trois jours et se finira par la désintégration de tous les protagonistes.