L’édition par les utilisateurs non enregistrés est interdite temporairement, en raison du spam.

L’oisillon tombé du nid

Un texte de Wikipen.

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Telle. Elle vivait chez son seul oncle, Fagh. C’est lui qui l’a recueillie lorsqu’elle perdit ses parents. Elle ne l’aimait pas !

- Telle, disait oncle Fagh, rappelle-toi chaque jour que tes parents t’ont abandonnée. Ils t’ont abandonnée parce que tu leur coûtais trop cher.

Tout ce qu’il faisait pour elle, s’était de lui donner un peu d’argent pour acheter à manger. Pour le reste, elle devait se débrouiller seule. Jardiner, faire les courses, préparer le repas, faire la vaisselle, le ménage, laver le linge et le repasser. Elle s’organisait de son mieux. Pourtant ce n’était jamais assez bien pour son oncle Fagh.

Malgré cela, ce qui gênait le plus Telle était plus douloureux. Elle se réveillait chaque matin en bas de son lit. Telle avait chaque jour un nouveau bleu. Il en avait déjà aux deux bras, aux deux jambes, au ventre, sur le visage. Alors ce soir là, elle décida de dormir par terre. Brrr ! Le carrelage était trop froid. Elle remonta dans son lit, s’endormit, et se réveilla en bas de son lit avec un bleu au dos. Le soir, Telle décida de poser son matelas au bas de son lit, mais elle avait tant mal au dos qu’elle n’arrivait pas à s’allonger sur le matelas au sol. Elle laissa son matelas sur le carrelage et mit un nouveau matelas sur son lit. Au petit matin, elle se rendit compte qu’elle n’était plus sur son lit. Elle était sur le matelas par terre. Pour la première fois depuis plusieurs jours, Telle n’avait pas un nouveau bleu. Elle savoura cette petite victoire. Puis elle mit du temps à se relever. Les autres bleus étaient encore bien présents. Ce fut ce jour là que Telle, en rentrant du marché, trouva un petit oiseau tombé du nid.

- Oh, le pauvre petit oisillon ! Il est encore trop jeune pour voler !

Telle regarda en l’air afin de voir le nid. Il était si haut !

- Petit oiseau, je ne peux pas monter là-haut ! J’ai déjà si mal ! Et je n’ai pas le temps ! Tu sais, oncle Fagh va encore me gronder si jamais je n’ai pas préparé le repas à temps.

Telle réfléchit !

- Petit oiseau, tes parents n’ont pas su te protéger. On ne pense pas à tout lorsqu’on est parent. Je vais t’adopter. Tu seras mon filleul ! Oh, non, tu es une fille, toi, avec un si beau plumage. Tu seras ma filleule, et moi ta marraine. Je te prends sous mon aile. Telle décida d’amener l’oiseau chez son oncle. Elle le glissa dans la poche de sa chemise, contre son cœur. Le chemin du retour vers la maison d’oncle Fagh ne sembla jamais si court à Telle. Elle n’arrêta pas de parler à sa nouvelle amie. L’oiseau comprit vite qu’il était entre de bonnes mains. Alors l’oiseau parla à Telle :

- Je te remercie de t’occuper de moi ! Tu n’es pas la première à m’avoir vue si loin de mon nid douillet. Une fois tombée, mes parents ne peuvent plus rien pour moi. Et puis plusieurs êtres de ton espèce m’ont vu sans me regarder. Aussi, je vais te dire mon nom. Je m’appelle Boiselle.

- Et moi, je m’appelle…

- Tu t’appelles Telle, je le sais, chaque jour depuis ma naissance, je t’entends parler à haute voix de ta vie.

- Dire que j’aurais pu t’avoir comme amie avant aujourd’hui, dit Telle !

- Et que va dire ton oncle Fagh de mon arrivée, demande Boiselle ?

- Il n’en sera rien ! Il ne le faut pas ! Il serait capable de vouloir te manger !

- Avec moi, il resterait sur sa faim ! Je suis si menue !

Depuis ce jour là, Telle ne vit plus la vie de la même façon. Tout lui semblait plus beau, plus doux, plus enthousiasmant. Même les corvées de ménage ou de linge se faisaient dans la bonne humeur ! Oncle Fagh ne reconnaissait plus sa nièce. Il se demandait ce qui avait bien pu la changer et la rendre si heureuse.

- Tu ne tombes plus la nuit, demanda oncle Fagh un matin à Telle?

- Oh si, oncle Fagh ! Je n’y peux rien ! C’est comme ça !

- Je ne te comprendrais jamais, dit oncle Fagh !

Dès qu’oncle Fagh avait quitté la maison, Boiselle sortait du haut de l’armoire de Telle. À deux, elles sifflaient de belles mélodies. Et Boiselle aidait de son mieux Telle dans ses tâches ménagères. Les deux seuls moments où Boiselle perdait son entrain étaient lorsqu’elle passait sous son nid.

- J’aimerais tant savoir me débrouiller seule, dit Boiselle !

- Un jour, tu sauras. Tu vas grandir, et tu seras indépendante, dit Telle à Boiselle ! Regarde, moi ! Je suis plus grande que toi, et je tombe encore chaque jour de mon lit ! Je ne sais même pas pourquoi ! De retour à la maison d’oncle Fagh, les deux amies n’avaient pas le même enthousiasme que d’habitude. Il s’était passé quelque chose d’irréversible dans leur tête. Elles savaient maintenant que rien ne serait plus comme avant. À la nuit tombée, elles se dirent bonsoir plus longuement que les autres jours.

À son réveil, Telle était allongée sur le matelas au niveau du carrelage. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle ne vit pas Boiselle !

- Je m’en doutais, dit Telle ! Boiselle avait tant envie de vivre sa propre vie. Ici, elle ne pouvait se sentir chez elle. Je la comprends.

La journée fut longue. Tout semblait si difficile à faire. Telle se fit gronder plusieurs fois par son oncle qui ne supportait pas de la voir si molle dans ses gestes.

- Telle ! Fais attention, cria oncle Fagh ! On dirait que c’est la première fois de ta vie que tu t’occupes de tâches ménagères ! Telle ne lui répondait pas. Elle pensait à Boiselle, et à tout ce qu’elle avait changer dans sa vie. Sur le chemin du marché, elle tourna la tête pour voir le nid de Boiselle. Il était vide.

- Bien sûr qu’il est vide, dit Telle ! Il faut que je me ressaisisse. Boiselle m’a apporté le bonheur. Et ce bonheur ne partira pas avec elle.

Telle revivait tous les bons moments qu’elle avait vécue avec Boiselle. Rien ne peut plus être comme avant !

- Ce bonheur, dit-elle, personne ne me le volera jamais ! Pas même, oncle Fagh !

Dès cet instant, Telle savait que sa vie avait changé et quelle changera encore. Elle avait confiance en elle-même. Elle retrouva le sourire. Le soir, oncle Fagh lui dit.

- Décidemment, Telle, je ne te comprendrai jamais !

Telle s’endormit avec le sourire aux lèvres. Malgré cela, elle se réveilla par terre, sur le matelas. Elle entendit une voix.

- Non, ce ne peut être Boiselle !

- Bonjour Telle, dit une voix qu’elle ne connaissait pas !

- Bonjour dit Telle ! Mais qui êtes vous ? Et où êtes vous ?

- Bonjour Telle !

- Cette voix-ci, c’est bien Boiselle !

- Bien sûr que c’est moi ! Je suis venue te présenter mes parents. Nous étions là lorsque tu t’es mise au lit. Tu avais l’air si heureuse que nous t’avons laissée t’endormir.

- Comme je suis heureuse de vous voir, et de vous entendre tous les trois !

- Merci à toi, dirent les parents de Boiselle. Tu as sauvé notre fille. Et si tu ouvres les volets, par la fenêtre de ta chambre, tu pourras apercevoir ses frères et sœurs. Telle se précipita et vit les jeunes oiseaux s’amuser en plein air.

- Nous voulions te remercier, dit la mère de Boiselle !

- Je n’aime pas me mêler des affaires des hommes, dit le père de Boiselle, cependant nous avons enquêté sur toi et sur tes parents. Et Boiselle nous a raconté les mots insensés que tu dis lorsque tu dors. Ainsi nous savons que lorsque tu tombes de ton lit, c’est parce que tu fais des cauchemars. Tu fais chaque nuit le même cauchemar. Tu rêves que tes parents sont pauvres. Tu rêves que tes parents t’en veulent de devoir te nourrir. Et tu rêves que tu cours pour les fuir avant qu’ils ne t’abandonnent.

- Boiselle, tu savais tout cela, dit Telle ?

- Je ne voulais pas te rendre triste. Je ne voulais pas te faire penser davantage à tes parents, répondit Boiselle.

- Je sais qu’ils sont morts, dit Telle !

- Oui, c’est vrai, dit le père de Boiselle en se posant dans sa main. Par contre, maintenant que j’ai enquêté, je sais ce que tu ne sais pas !

- Dites moi !

- Je sais que ton oncle est un menteur ! Tes parents ne t’ont pas abandonnée ! Et ils n’étaient pas pauvres !

- Quoi ?

- Ton oncle pouvait hérité de tes parents à condition de s’occuper de ton éducation.

- C’est ce qu’il fit, sans amour, dit Telle ! Ainsi je dépends de mon oncle !

- Pas tout a fait, dit la mère de Boiselle !

- Comment ça, demande Telle ?

- Tu ne peux pas prouver qu’il ne t’a pas aimée dit Boiselle. Mais tu peux prouver qu’il ne t’a pas envoyée à l’école ! Ce qui veut dire qu’il devra te rendre l’héritage de tes parents ! Et que tu le toucheras à ta majorité.

- Et en attendant, je dois vivre avec lui !

- Non, tu peux aller dans une famille d’accueil, dit la mère de Boiselle ! J’ai enquêté aussi, et je t’ai trouvé un couple qui a déjà deux enfants. Les deux enfants viennent d’atteindre leur majorité. Et les parents sont à la recherche d’un enfant à garder. Ils pourront t’accueillir dès que tu leur demanderas. Je les connais depuis longtemps ! Et laisse moi te dire que c’est une famille formidable !

- Merci à vous tous, dit Telle !

Telle pleura de joie ! Elle sut que sa vie avait changé une nouvelle fois ! Dans le bon sens ! Et à nouveau grâce à Boiselle ! Grâce à ce petit oiseau tombé du nid !