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LES CINQ FRÈRES

Un texte de Wikipen.

Il était une fois, dans une ville, un homme et une femme qui désespéraient de ne pas avoir d'enfant. Ils désespéraient, désespéraient, désespéraient… jusqu'au jour où ils virent en rêve cinq garçons assis à côté d'eux. Ils dormirent alors profondément toute la nuit. Au petit matin, ils se sont regardés dans les yeux et ravis, ils ont tout de suite compris qu'ils avaient fait le même rêve, car seul l'espoir d'avoir un enfant pouvait les sortir de leur tristesse.

Ils se mirent donc à travailler de leur mieux pour pouvoir gagner des billets. Des verts, des rouges, des bleus. De l'argent, quoi ! Ainsi, semaine après semaine, mois après mois, ils économisèrent le peu d'argent qu'ils gagnaient pour pouvoir élever leur futur enfant le plus facilement possible. Plus jamais ils ne perdirent espoir. Ils étaient sûrs d'avoir un enfant dans quelques temps.

Le jour de la naissance tant attendue par les parents arriva. Ils désiraient un enfant mais… comme dans leur rêve, ce furent CINQ garçons qui naquirent. Tous plus beaux les uns que les autres. Les parents plutôt surpris par tous ces enfants n'en furent que plus heureux. Ils s'appliquèrent à élever leurs cinq fils d'un seul et même amour.

Ils les appelèrent Hugo, Romain, Louis, Simon et Nicolas. Chacun avait son propre caractère. Mais l'un d'entre eux était vraiment différent de ses frères. Nicolas a toujours été tenu à l'écart par Hugo, Romain, Louis et Simon car il n'aimait pas faire grand-chose. Il désirait qu'on ne l'oblige pas à faire ceci ou cela. Il ronchonnait toujours lorsque ses parents lui demandaient de les aider pour les petits travaux de la maison. Ses quatre frères, eux non plus, n'aimaient pas trop travailler mais pourtant, ils se dépêchaient d'accomplir leur besogne pour être tranquilles le plus vite possible. Et ainsi, ils retournaient rapidement à leurs loisirs respectifs. Ils grandirent sans trop de problème.

C'est alors que vint la veille du jour de leur anniversaire. Les parents étaient très embêtés : ils avaient acheté un cadeau pour Hugo, un autre pour Romain, un pour Louis et un autre pour Simon, mais ils ne savaient pas ce qui ferait plaisir à Nicolas. Tout d'un coup, le père trouva un moyen de découvrir ce qui plairait à Nicolas. Les cinq fils étaient en train de prendre leur petit-déjeuner. Il vint les voir et dit à ses cinq fils: « Mes enfants, vous commencez à grandir. Alors, j'aimerais bien connaître le métier que vous envisagez de pratiquer lorsque vous aurez mon âge ».

Hugo répondit le premier car il était toujours le plus vif d'esprit. Il passait tout son temps libre à lire. Il lisait presque tout ce qui lui tombait sous la main : il lisait aussi bien des magazines que des bandes dessinées ou des romans. Quelquefois, il écrivait lui-même des histoires mais cela, il le faisait en cachette car il se disait que ses histoires n'étaient pas suffisamment intéressantes pour être lues par quelqu'un d'autre que lui. Pour l'instant, il était content de lire et d'écrire, alors il dit avec enthousiasme : « Moi, je veux devenir écrivain et vivre grâce aux livres que j'aurai vendus. Maman m'a déjà dit que cela est très dur car il faut avoir du talent. Mais moi, je compenserai mon manque de talent par un travail assidu et efficace de lectures et d'écritures. »

Romain admirait son frère car il n'aimait pas trop lire. Il préférait le football, le volley-ball, le handball. Il n'aimait pas tellement l'école, sauf les heures de sport. Mais comme il désirait devenir professeur de sport, il savait qu'il devait travailler les autres matières également. C'était dur pour lui mais son amour du sport était plus fort que tout. Il prit la parole et dit : « Moi, plus tard, je serai professeur de sport, même s'il faut que j'étudie pour cela. »

Louis, lui, avait toujours aimé le bois : les jouets bien sûr mais les petites statues ou les maquettes de bateau. Ce qui lui plaisait, c'était de reproduire ces objets. Pour l'instant, il ne savait faire que des petits bonhommes très simples. Il dit à son père : « Moi, je veux devenir sculpteur. Je ne façonnerai que des objets en bois. Plus tard, j'arriverai à sculpter mes propres sculptures et ainsi, je ne serai pas obligé de me servir de modèles. »

Simon, comme les autres, aimait bien ses parents mais il aimait aussi regarder la télévision. Il regardait surtout les dessins animés et les feuilletons. Et de temps en temps, il regardait des émissions ou bien le journal de 20 heures. Il dit : « Moi aussi, je sais ce que je ferai plus tard ; je deviendrai journaliste. Je ferai des reportages pour la télévision. »

À chaque réponse, le père arborait un large sourire car il était fier de ses fils et il savait que ce qu'il leur avait acheté avec sa femme leur ferait vraiment plaisir. Pourtant, il ne dit rien car il attendait la réponse de Nicolas. En fait, tout le monde attendait la réponse de Nicolas. Celui-ci les regardait et ne disait rien. Il restait assis, sans bouger et attendait également. Il n'avait pas envie de parler. Et d'ailleurs, comme il avait fini de manger, il se leva. Ses quatre frères se moquèrent de lui : « Toi, tu ne fais jamais rien. Tu ne sais rien faire. Tu es le dernier de la classe et ce n'est pas prêt de changer. » Alors, en colère, il sortit en claquant la porte derrière lui.

« Ce n'est pas de ma faute si rien ne m'intéresse !!! Je me demande comment ils font pour aimer travailler. Moi, ça me dépasse. » pensa Nicolas. Depuis qu'il traînait dans les rues de son quartier, Nicolas avait réussi à se faire beaucoup de copains, et même à devenir le chef d'une petite bande. Que faisaient-ils ? Ils se baladaient, traînaient dans les magasins, jouaient au flipper. Puis un jour, un nouveau arriva dans le quartier. Il avait deux ans de plus que Nicolas et cela se voyait très bien. Tous les jeunes l'appelaient le nouveau. Il ne mit pourtant pas longtemps à se faire connaître. À peine arrivé, il voulait commander. Il lança un défi à Nicolas et le vainqueur deviendrait le chef de la bande. Nicolas ne pouvait pas refuser sinon il perdait toute autorité sur sa bande. Le nouveau étant beaucoup plus fort que Nicolas, le combat ne dura pas longtemps. Le nouveau devint donc le chef de la bande et Nicolas, lui, devint le souffre-douleur de la bande. Et la bande changea sous l'influence du nouveau. Il lui apprit à voler. De temps en temps, l'un d'eux se faisait prendre. Pourtant, ils continuaient. Puis, le nouveau trouvant qu'ils ne ramassaient pas tellement d'argent, il prit des contacts pour pouvoir vendre de la drogue à droite, à gauche, mais surtout à leur école.

Ne voulant pas avoir d'histoires, Nicolas décida de quitter la bande. Le nouveau devint furieux car il craignait que les autres se mettent à réfléchir et à décider comme Nicolas d'arrêter de revendre de la drogue. Alors, sous la menace, Nicolas décida de tenter un grand coup et s'il y parvenait, il pourrait quitter la bande. Sinon, il devrait toujours faire ce que le nouveau lui dirait de faire.

Nicolas accompagné d'un complice devait trouver un vendeur de drogue le soir même dans une espèce d'entrepôt désaffecté. Contraint, il alla au rendez-vous. Une fois la drogue achetée, Nicolas et son complice regardèrent s'ils pouvaient sortir sans être vus. Ne voyant rien de suspect, ils avancèrent. Mais à ce moment précis, deux policiers à pied qui faisaient une ronde changèrent de direction et arrivèrent juste en face de l'entrepôt. Nicolas, son complice et les deux policiers furent surpris de se retrouver à quatre en cet endroit. Le complice de Nicolas se ressaisit rapidement et sortit son revolver pour tirer sur les policiers. Heureusement, les deux policiers eurent le réflexe de se jeter par terre. Une vraie fusillade éclata. C'est alors que Nicolas reçut une balle en pleine poitrine. Son complice par contre réussit à se sauver. En découvrant le corps inanimé de Nicolas, le policier qui le toucha ne sut que faire. « Comment avait-il pu tirer sur un gamin ? », se reprochait-il. L'autre gardant son sang-froid téléphona tout de suite à un hôpital pour faire venir une ambulance d'urgence.

Une fois prévenus, les parents de Nicolas se mirent à pleurer. Puis, ils partirent à l'hôpital accompagnés de leurs fils. Dans une chambre, Nicolas redevenu conscient réussit à parler malgré sa blessure et malgré le conseil du médecin de ne pas parler avant l'opération pour ne pas perdre de force. Nicolas s'excusa auprès de ses parents et de ses frères pour tout ce qu'il leur avait fait endurer. Il s'excusa mille fois. Puis, il dit à ses frères : « Continuez ce que vous avez commencé. Vous, au moins, vous arriverez à faire quelque chose de votre vie… Ne pleurez pas, vous ne pouvez rien faire pour m'aider. » Mais les quatre frères ne purent s'empêcher de pleurer car ils se rappelaient que le médecin avait dit à leurs parents que Nicolas allait sûrement mourir dans la nuit.

Le médecin emmena Nicolas pour l'opérer. L'opération fut longue et délicate. Rien ne pouvait faire changer d'avis le médecin sur le sort de Nicolas. Une infirmière le ramena dans sa chambre où attendaient impatiemment ses parents et ses frères. Tous restèrent à ses côtés en espérant qu'il reprenne conscience. La nuit fut longue et tous s'endormirent sur leur chaise.

C'est un cri de joie qui les réveilla au matin : « Allez ! Réveillez-vous ! Debout tout le monde ! » Ils ouvrirent leurs yeux et virent alors Nicolas avec un grand sourire aux lèvres. « Venez m'embrasser ! » reprit-il. « Le docteur m'a dit que j'étais sauvé !!! » Ce fut alors une grande joie dans la chambre d'hôpital. Le médecin que personne n'avait vu car tout le monde s'occupait de Nicolas dit alors, souriant : « Oui, votre fils a eu de la chance, il vivra !!! »

Nicolas fut content de voir ses parents et ses frères heureux qu'il soit encore en vie après tout ce qu'il leur avait fait et tout ce qu'il n'avait pas fait. Si bien qu'il changea de point de vue et qu'il promit à ses parents de devenir aussi travailleur et aussi persévérant que ses frères.

Le lendemain même de sa sortie d'hôpital, Nicolas se mit à étudier avec acharnement pour pouvoir devenir médecin et ainsi sauver des vies, mais cela sans oublier le respect envers ses parents et sans oublier le bonheur de vivre en famille lorsque chacun sait se dévouer pour aider les autres.