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La couleuvre et les fourmis rouges

Un texte de Wikipen.

À l’aube du renouveau printanier,
Une colonie de fourmis rouges
Se hâte pour creuser un terrier.
En même temps un serpenteau bouge.
Une petite couleuvre est née.
À l’ombre d’une fougère fanée.

Après quelques mois d’apprentissage,
La jeune couleuvre émancipée
Se met en quête d’un hivernage.
Les fourmis ont toutes participé
Et achevé un nid confortable.
Qu’elles abandonnent, peu charitables.

Car la jeune et candide couleuvre
Ne tarde pas à dénicher cet’ œuvre.
Alléchée par ce logis possible,
Elle s’assure qu’il est bien libre.
L’orifice est juste du bon calibre
Et effectivement disponible.

Les fourmis se sont depuis dispersées
Et sans se relâcher accumulent,
La nourriture en monticules.
Puis elles vont doucement déverser
Ces vivres dans le terrier lugubre,
De la couleuvre, qui est salubre.

Fort étonnée est cette dernière
De trouver séant en abondance
Et au sein même de sa tanière
Une aussi délicieuse pitance.
Pourquoi donc mettre le nez dehors,
Lorsque nous avons tout le confort ?

Les fourmis rouges sans se délaisser
Continuent patiemment à engraisser
Leur hôte inconsciente du danger.
Les mois passent et l’hiver approche.
La fatigue est là, elles s’accrochent.
Dans peu de temps elles pourront manger.

La couleuvre devenue adulte,
Elle s’apprête à bientôt hiberner.
Soudain la lumière s’occulte.
Elle ignore s’être faite berner.
Sa peau la brûle, sa chair est piquée,
Elle tente de bouger mais est bloquée.

La colonie entière de fourmis
S’est déplacée pour d’un coup assiéger
Le vulnérable serpent endormi.
La couleuvre si grosse est piégée
Et périt là, dans son terrier maudit.
Mission accomplie pour les fourmis.
De quoi fournir pendant une année,
Le couvert à toute la maisonnée.

Nous forçons souvent la fatalité,
À se vautrer dans la facilité.