La raison cloisonnée
Un texte de Wikipen.
La raison cloisonnée, le feu nous a poussés
À rouler follement sur nos deux corps blessés,
Cherchant l'intensité dans cette sombre vie,
Acceptant tendrement le brasier de l'envie.
Et depuis, lentement, la flamme et sa douleur
Oh, n'en finissent pas, d'éteindre leur ardeur.
Mais les regards glacés, les accusations pleuvent,
Tentant de logifier, comprendre ce qu'ils peuvent.
La raison innocente exècre les passions
Et condamne nos joies, nos cris, nos déraisons,
À la malédiction, à l'oubli, à l'errance,
À se tenir distants, assumant cette transe.
Parfois je croise aussi d'autres fous écorchés.
Nous nous reconnaissons au milieu des fâchés,
Sans jamais dire un mot, préservant notre honte,
Cachant les trahisons devant tout œil qui compte.
Courage, camarade ! Arbore l'émotion,
C'est ton combat, ton droit, ton humaine mission.
Laissez-nous. Bientôt, nous ne serons que cendre,
Nous serons consumés, gardez-vous de nous pendre.
Mais un jour ce sera votre tour de brûler.
Vous serez impuissants, et vous nous comprendrez.

