La ville
Un texte de Wikipen.
Quatre heures du matin. La nuit respire à Paris. Rien ne trouble la quiétude des quais de Seine. Les voitures sont rentrées, les bus dorment aux dépôts. Seuls les faisceaux des réverbères déchirent le ciel d’été. Je marche avec elle. Nous évoquons gaiement l’avenir qui sourit en double. Je la serre tellement fort contre moi que nos hanches s’entrechoquent. Notre démarche se chaloupe. Nos cheveux s’entremêlent. Nous rions de ces gens qui devraient être là, de ces travailleurs extenués qui n’ont plus la force d’apprécier. Nous admirons la beauté de Paris, honteux de ne pas savoir nommer ses splendeurs. Contre les balustrades de pierre, entre deux échoppes de bouquinistes, nos bouches fusionnent dans une douceur infinie. Main dans la main, nous descendons vers la rive et échouons sur un banc. Seuls au monde, nous faisons l’amour lentement. Nous restons un bon moment enlacés avant de repartir… De loin en loin, nous refaisons le monde en remontant vers Montmartre. Les noctambules sortent des discothèques. Les lumières percent à travers les soupiraux des boulangers. L’un d’entre eux nous ouvre sa porte et nous vend une baguette chaude et des pains au chocolat. Nous nous asseyons sur les marches du Sacré-Cœur et regardons le soleil se lever.
La ville nous sourit.

