Le Livre d'Æternalis, Tome 1, ¤28
Un texte de Wikipen.
Sortant de l’hôpital où un chirurgien lui a greffé un nouvel œil créé par clonage cellulaire, Colin, nu et excité à bord de sa voiture en forme de pénis, conduit comme un chauffard à travers les rues. Il invente en même temps Les mésaventures théâtrales et inoubliables de Nanar Premier et de Connard le Barbant. Il tue des passants sans y prendre garde. Il laisse les avocats de son assurance s’occuper de ces crimes et autres délits litigieux moyennant finance. Concentré, sur sa masturbation à grande vitesse, il ne s’arrête pas aux feux et enregistre directement ses pensées: - Nanar Premier n’a ni dieux, ni maîtres. Il est fier, honnête et droit. Il est intègre et plein de bravoure. Par contre Connard le Barbant n’a ni de beaux yeux, ni de maîtresse. Il est piètre, omelette, et froid. Il est une teigne et plein de bavures. Nanar Premier vit au milieu de fées du logis et de princesses dévouées. Il est aimé de toutes et de presque tous. Le problème est que Connard le Barbant veut devenir Nanar Premier à la place de Nanar Premier. Le pauvre petit chou. Il ne sait pas encore qu’il ne suffit pas de changer de nom pour devenir celui qu’on veut devenir.
Donc dans l’empire de Nanar Premier, tout le monde est heureux sauf Connard le Barbant. Alors que va-t-il advenir de la tranquillité des Nanariens ? Les Nanariens viennent d’apprendre que Connard le Barbant est triste ! Que faire ? On ne peut admettre que Connard le Barbant soit triste ! Et il est hors de question de le laisser devenir Nanar Premier à la place de Nanar Premier! Les Nanariens ont une idée! Il faut poser le problème à Nanar Premier! Seul Nanar Premier peut nous sortir de la situation ! Lorsque les Nanariens arrivent devant Nanar Premier, celui-ci les attendait. Je vous ai compris, dit majestueusement Nanar Premier. Et il convoque Connard le Barbant ! Les Nanariens rapidement convainquent Connard le Barbant d’accepter l’invitation de Nanar Premier. Les Nanariens ont-ils eut raison de provoquer cette entrevue ? Connard le Barbant se rend auprès de Nanar Premier ! Tous les Nanariens et les Nanariennes sont là ! Le silence s’installe doucement ! Nanar Premier se lève et prend la parole : Nanariennes! Nanariens ! Il y a quelque chose de pourri au royaume de Nanar Premier ! Nous vivions tous dans le bonheur, le bien-être et l’allégresse ! Et voici, depuis que Connard le Barbant a décidé de devenir Nanar Premier à la place de Nanar Premier, que vous les Nanariennes et les Nanariens vous vous posez des questions ! Vous devenez tristes et songeurs! C’est pour cette raison que je dis sous l’assemblée des Nanariens que je cède mes pouvoirs à Connard le Barbant ! Comment va réagir Connard le Barbant ? Tous les Nanariens regardent leur nouveau chef ! Ah ! Comme il est heureux ! Il sourit gracieusement ! Les Nanariens sont soulagés ! Les Nanariens applaudissent et poussent des cris de joie : Vive Nanar Premier !!! Vive Nanar Premier !!! Soudain on lui voit des larmes ! Aussitôt ses pleurs se transforment en rage : Taisez-vous !! Vous vous moquez de moi ! Vous acclamez Nanar Premier !! Mais est-ce moi ou alors l’ancien Nanar Premier ? Dorénavant vous me nommerez Nanar Premier Deuxième, et l’ancien Nanar Premier vous le nommerez Nanar Premier Premier! Acclamez-moi maintenant !!! Et souriez-moi !!! Les Nanariens, stupéfaits, vont-ils obéirent au diktat de Connard le Barbant ? À suivre, conclut-il dès qu’il arrive devant chez lui!
Il plie sa voiture comme une feuille de papier et rentre se laver les mains.
- De la passion! Et de la patience, dit-il ! Voilà le vrai truc de la vie ! En fait, la modernité est préhistorique. L’humain a peu changé depuis ses débuts laborieux, sauf du point de vue technique. Il ne faut pas négliger les gens de l’âge de Paul, dit-il à Zâmbi en regardant Paul.
- Au jour de ce jour du jour d’aujourd’hui, tu peuh mieux faire, lui répond ce dernier !
- Hui! Je sais! Surtout que c’est la Saint Machin !
- Ça, c’est du Tony Truand !
- Au fait! Il est où mon cadeau ?
- Meussieu, voici Aventurine, dit Zâmbi! Je l’ai testée pour toi, elle sera à ton goût. Elle sait montrer son corps sous des angles bénéfiques. Et quel déhanché! Posée, elle s’impose et se superpose à volonté. Toi qui aime bouffer ma chatte, tu va être servi ! La sienne est si vive! Un régal de première queue !
La silhouette d’Aventurine se précise alors qu’elle regarde dehors :
- Tiens ! Elle fait du soleil, dit-elle puis elle tourne son visage vers Colin :
- Une tienne vaut mieux que deux tu l’auras !
- Elle est vraie que deux c’est bien, confirme Colin ! Trois, c’est déjà le début de la foule.
- Je ne sais plus qui a dit je ne sais plus quoi, ajoute Aventurine, mais c’était fameux ! Je crois qu’il s’agit de cet homme qui avait conclu que les lits sont dangereux puisque la majorité des humains meurent dans un lit. Il se rendait à tous les enterrements possibles même s’il ne connaissait personne.
- Avec toi, Chantefable, je crains une hernie fiscale!
- Aventurine! Moi, Aventurine, un jour je suis resté huit jours sans entracte ! J’ai failli mourir sur scène!
Paul sort un canard d’une cage :
- Voici un autre cadeau ! Celui-ci je te laisse l’étrenner !
- Elles sont où ses pattes de devant, demande Aventurine ?
- J’aurais préféré me farcir une poule, mais pourquoi attendre la fin du jour pour te dire que les roses sont rouges ce soir et que le ciel est vide. D’après la rumeur d’une rumeur, je trouve les mots doubles pour dire le monde et moi. Je trouve, puis je trouve autre chose. En cachette je survole mes rêves qui sortent du nid. Ils m’ont oublié. Le jour se lève et se peaufine vainqueur. Les matins malins, à peine le soleil éclatant, l’artisan à l’orée du bois se sent naître. Vaincre les mots pour les rajeunir. Les espionner pour les corrompre. Les faire chanter pour ne plus être seul. Écouter le cœur tendu l’origine de mes premiers pas. Sauter du plongeoir des sens vers la lumière resplendissante. Puis le rasoir électrique réveille ma fatigue, aussi il faudrait abolir le temps même si j’ai rêvé d’un lieu où l’homme serait libre d’être libre.
Il boit un verre et reprend:
- Aventurine, je t’aime, toi et ta solitude, dit-il en la serrant contre lui. Mais la vie est un rêve. Ce rêve est puissant. Ma vision du monde en est trop discrète et trop grossière. Je ne vois pas comme les autres et n’ose leur dire. Je pleure l’ombre d’un doute. Je parcours mes songes et les distances. Je n’ai pas perdu mon âme, c’est le contraire! Les fils du vent déshonorent leur patrie, les filles de la brousse rêvent d’humanité, le temps, lui a des allures guerrières. Une pensée pour ses morts ne veut pas forcément dire une tristesse. À la lueur de l’aube une rose s’éveille. Rose, magique, inhabitable refuge. L’homme la cueille, respire la belle âme. Fier, il s’en inspire et proclame sa flamme. Même en ce monde je suis heureux ! La mort comme la foi en l’immortalité corrompt les hommes. La colère erre sans regarder d’où surgissent les chiffonniers qui s’élancent, palpitants, pour marchander leurs enfants. D’où viennent et reviennent nos beautés premières, filles de l’éternité et de l’éphémère?

