Le Livre d'Æternalis, Tome 1, ¤34
Un texte de Wikipen.
Puis, rue du Poil-au-Cul, Colin croise une femme, baladeur aux oreilles. Ils ne se connaissent pas. Ils se sourient. Ils s’échangent l’une des oreillettes, et c’est le même morceau de musique qu’ils écoutent. Ils se regardent dans les yeux. Le regard direct trouble Colin. Il a l’impression de pénétrer son âme, de la violer, et qu’elle voit la sienne. Il baisse la tête pour ne pas pleurer d’émotion ou rire en prétextant n’importe quoi pour se soulager. Ils se sourient à nouveau, se bisent et continuent leur chemin chacun de leur côté.
- Ouah! Quelle journée, dit Colin, lorsqu’une splendide callipyge nue qui fait du roller perd l’équilibre et tombe dans ses bras, et le fait tomber à la renverse. Colin a le sourire comme une banane.
- Moi qui croyais que la journée continuerait à mal se dérouler, dit Colin! On généralise toujours trop vite, les yeux fixés sur son clitoris proéminent.
- J’en suis la preuve vivante, dit-elle en lui souriant. Je m’appelle Incarnat, ajoute-t-elle! Après une si belle entrée en matière, on ne peut se désunir en un clin d’œil! Un verre de Hyorka, ça vous dit?
Colin, suspendu aux lèvres d’Incarnat, s’installe face à elle à la terrasse d’un café. Il commande un Hyorka, et elle un Pschoatt millésimé! Elle paie de suite le serveur en ajoutant un petit pour-bander.
Colin se voit en train de lui introduire la langue au plus profond de son vagin puis il s’imagine lui foutre la pression en lui pissant dans l’anus, afin qu’elle ressente bien sa queue, puis elle se retourne, le fait s’allonger et lui pisse dans la bouche, alors il lui installe un cousin sous les reins, lui écarte les jambes et lui chie dans le vagin une merde bien consistante, bien moulée et bien dure. Il sourit à ces réjouissances.
Incarnat se tourne vers Colin et dit:
- Tu es mignon quand tu souris! Tu sais, j’ai toujours eu envie de parler de moi alors je me suis mise à écrire. Mais il faut bien gagner sa vie. Vous le savez mieux que moi!
- Saperlipopette, une psychorigide, pense Colin!
- Je suis adepte du vers serein, mais, je suis devenue la négresse d’un écrivain qui avait déjà fait ses preuves, un pervers textuel. Un jour je lui ai posé quelques questions:
- Que pensez-vous de l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage, lui ai-je demandé?.
- L’esclavage? C’est intolérable! Et c’est bien pour cela que l’on fête l’anniversaire dont vous me parlez. D’autant plus que l’esclavage existe encore de nos jours.
- Alors pourquoi fêter son abolition s’il existe encore?
- On fête l’abolition! Et on regrette qu’il existe encore!
- Voulez-vous répondre à ma question?
- Soyez raisonnable! Les faits sont là! Je ne peux aller contre les faits.
- Donc vous fêter l’abolition de l’esclavage alors qu’il existe encore?
- Ne soyez pas de mauvaise foi! D’un côté on fête l’abolition, et d’un autre côté on pense à tous ces enfants, ces femmes et ces hommes qui de nos jours sont de véritables esclaves.
- Moralité, avec vous, au moins, c’est clair!
Elle reprend de l’alcool et ses paroles:
- Depuis je me suis révoltée pour être reconnue et ne plus avoir à travailler pour ce salaud. Cela a été long et dur.
- Son nom, demande Colin en souriant?
- Soyez tranquille! Ce n’est pas vous, monsieur Aptère. Mes jours sont en votre honneur. J’ai découvert votre nom lors d’un reality-show. Lui se faisait appeler Le Spin. De toutes façons avec vous cela aurait été différent, dit elle en écartant ses longues jambes. Son ouverture totale est une invitation au plaisir. Colin met trop de temps à réagir. Elle remballe sa marchandise et lui demande s’il connaît la dernière blague:
- Ton père, il est tellement radin que quand il prend le bus il va jusqu’au terminus.
Colin lui sourit vaguement. Il est ailleurs. Il ne l’écoute plus. Elle continue de se parler d’elle:
- Ah, les mots souvenirs! J’ai aussi écrit pour la revue médiartistique L’invendu des nouvelles en trois lignes comme:
Sieur Edmond, 35 ans, propre sur lui, déroba du déodorant. Depuis son arrestation, il ne s’en est pas remis.
J’ai aussi écrit des horoscopes et autres niaiseries dans le genre:
Lion: Votre jour de chance est arrivé! Poisson: Pareil! Taureau: Confère le numéro précédent!
Elle ajoute:
- J’ai aussi écrit la rubrique du courrier des non-lecteurs du Comment sauver le monde en dix leçons, un fanzine pour timides névrosés:
Je me demande bien comment vous faites pour avoir un courrier dès le premier numéro! C’est inadmissible! Ce qui manque à votre revue, que je ne lis jamais, même dans les salles d’attente, c’est pour dire, c’est de l’originalité! Il y a décidément trop de publicité dans cette revue ringarde! Supprimez la publicité, vous gagnerez en indépendance ! … et en subtilité! Je tiens à encourager les autres non-lecteurs! Nous devons être solidaires pour ne pas succomber aux prémices de l’invendumania! Moi, je ne lis pas une seule ligne de votre journal! Vous devriez donc l’étoffer un peu. Comme ça j’en lirais encore moins! Je me tapais également les slogans publicitaires: Vous ne savez pas quoi faire? Vous manquez d’imagination? Alors regardez TPut1! Devant TPut1, on s’emmerde mais on sait pourquoi ! … Vous aimez manger! Alors venez chez Mac Conald, le seul endroit où l’on mange tout en restant sur sa faim!

