Le Livre d'Æternalis, Tome 1, ¤55
Un texte de Wikipen.
Pendant ce temps Printemps m'âme Hybris pour le plus grand plaisir de Nuage qui le secondera sans se dévoiler. Hybris veut déjà passer le témoin.
- Le cycle humain va pouvoir faire cette pause tant désirée. Je brise cette chaîne qui vous trouble tant. Je n’ai eu de passion que pour deux êtres dans mon ancienne vie: Nuage et Euch. Le sourire naissant d’Euch fait apparaître les sourires sincères et profonds de Bisou et de Colin! Par contre Nuage n’oubliera jamais l’amour qui la relie à Hybris. De plus elle désirait avoir un enfant avec Hybris mais celle-ci ne le veut pas.
Laissant Euch et Hybris vivre leur passion à la grande lumière, Nuage se tourne à nouveau vers Colin bien qu’elle ne ressente plus son besoin de ne faire qu’un avec lui. Ils profitent tout de même de bons moments sans contact physique. Colin devient une femme pour tenter de séduire Nuage qui n’est pas dupe et qui préfère s’autoféconder d’un androgyne stellaire par la pensée. Nuage l’appelle Respect. Dès l’immaculée conception, Colin, avec l’autorisation et sous le contrôle de Nuage, s’occupe maintenant de Respect comme il aurait souhaité s’être occupé de ses enfants.
- Qu’il est beau ce nouveau-né, ce grand innovateur de prodiges! Moi-même je serai un père et il sera un enfant! Oui, Respect un enfant! Ton enfant, Nuage!
Colin entoure Respect de son affection. Il organise des fêtes en son honneur. Les êtres participent à ce bien-vivre. La bonne humeur est féconde. Colin apprend à Respect à danser et improvise quelques pas dans un paroxysme d’excitation. Il se place devant Nuage et fait ressortir les pensées qu’il ressent.
- Je me suis surtout éduqué moi-même, dit Colin à Nuage. Je déplore mes errements. Confie moi sa vie! Que son intelligence progresse dans la découverte de la vérité, que ses mains servent à transformer le monde, que ses yeux ne se ferment jamais sur la misère aux aguets, que son cœur s’ouvre à l’amour de tous.
Nuage est séduite par cet enthousiasme bénéfique de Colin, d’autant plus qu’elle sait à chaque instant ce que pense, ressent et vit Colin. Elle n’est pas sans ignoré que Colin surnomme Respect du doux nom de Sédar.
Elle sait qu’il regrette le mal qu’il lui a fait. Il changera peut-être à nouveau mais elle le saura aussitôt. Donc dès que Respect devient autonome, et passe beaucoup de temps avec Bisou à améliorer le Livre d’Æternalis, Nuage prend le risque de s’ouvrir à nouveau et de pardonner à Colin. Elle le sort de la disgrâce. Colin redresse son chef. Ils réapprennent à se regarder dans les yeux, à se faire l’amour. Alors Nuage bénit l’avenir de Colin. Comblés, ils auront de nombreux enfants qui donnèrent envie à Hybris et à Euch d’améliorer les performances de ce dernier dans les domaines du plaisir sexuel et de la procréation. Ainsi, ils auront aussi beaucoup d’enfants.
- La sexualité, dit Euch offre un exemple clair des difficultés à maintenir l’H.I. Certains ont plusieurs partenaires, à la fois ou les uns après les autres. Le tout est de respecter les autres et de ne pas détruire l’H.I. si chèrement gagnée. Le respect fonctionnant dans les deux sens, la compréhension aussi. Même si tous ont des passions, personne n’est jaloux. Ce qui importe est de savoir à quoi s’en tenir. D’autres désirs transforment à chaque instant l’H.I.. Chacun tient compte des autres, et plus il y a de monde, plus la communication est complexe tout en restant immédiate. Il faut donc de plus en plus de temps pour que les m'âmés acquièrent et assimilent les subtilités de l’H .I, même pour Johnathan Livingston.
- Oui et chaque vie, chaque acte est un pas qui peut nous faire soit reculer soit avancer, reprend Euch. Les vestiges de nos actes demeurent comme des ombres de tout ce que nous avons pu faire. Chaque individualité travaille au cœur de la création, non en tant qu’ego obscur et limité, mais transformant dans l’harmonie toutes les manifestations individuelles car le monde d’Æternalis ne néglige aucune vie, pas même celle des
bactéries dysphotiques et autres êtres unicellulaires. Ces derniers ont mis plus de temps à comprendre les désirs et besoins des autres êtres. L’espace, infini, permet à tous les êtres vivants de quelque planète d’origine que ce soit, de quelque composition chimique que ce soit de vivre ensemble, dans les régions de leurs choix, dans les conditions de leurs choix. D’autant plus que les dernières recherches scientifiques, facilitées par le nombre et la diversité des êtres vivants, ont permis de comprendre non pas comment l’univers a été créé mais comment participer à promouvoir sa capacité d’accueil, en espace-temps et en énergie. Des myriades de myriades d’univers sont créées avec leurs différentes possibilités de bonheur.
- La communication multiforme est réelle entre les êtres, dit Colin. L’ennui n’existe plus. La compréhension, l’amour, la volonté de bien-être réelle, la joie, les rires sont de mise. Les religions n’existent plus, même pas celle de l’argent. Que de libertés! L’art n’est plus la recherche d’une originale façon de communiquer. Il s’affine en une façon de vivre en expansion et en totale réinvention quotidienne. Les êtres vivants sont enfin libérés de leurs luttes contre l’art fictif, contre la dictature sexuelle, contre la pollution, contre les preneurs de pouvoirs.
- Dans le monde d’Æternalis il n’y ni chef, ni anarchie dysharmonique, reprend Bisou. Les êtres vivants sont enfin libérés de leurs luttes contre les limitations d’énergie, contre les maladies, contre les souffrances, contre eux-mêmes. Ils n’ont plus d’adversaire! Ils sont unis! Les êtres vivants réservent une partie de leurs cerveaux pour aider les calculs de ceux d’entre eux qui font des recherches médicales. Nul ne travaille. Nul ne connaît la honte. Chacun s’autogénère en cas de maladie ou de vieillissement. Nul ne souffre. Nul ne connaît la terreur. Nul n’a d’ennemi. Nul n’a de souci. Alors que reste-t-il comme souhaits, comme but? D’abord jouir du plaisir de faire revenir consciencieusement de plus en plus d’êtres, y compris les êtres n’ayant pas encore existés, et les soutenir. Et, seconde oeuvre sans fin, admirer les beautés de la nature. Les êtres vivants, féconds et prospères, arrivent enfin à vivre dans la paix, le bien-être, la santé, le bonheur, la plénitude, la majesté et l’harmonie. Chacun s’enquiert de l’autre. Chacun a enfin compris, non pas seulement de façon intellectuelle mais aussi dans sa chair, la différence entre l’uniformité et l’harmonie.

