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Le Livre d'Æternalis, Tome 1, ¤56

Un texte de Wikipen.

Arrive le moment où, Zâmbi revient. Grâce aux avancées dues à Colin et surtout grâce au pardon de Colin, elle est la première à oser tenter et à réussir à faire revenir Bõdhi. Elle s’est servie du peu d’amour que Bõdhi a su montrer autour d’elle. L’émotion les envahie. Zâmbi ne peut cacher qui elle est. Elles fondent en larmes lorsqu’elles se retrouvent en vis-à-vis. Bõdhi comprend aussitôt le monde dans lequel elle vit, l’assimile rapidement et corrobore la motivation de sa mère adoptive. Bõdhi veut continuer à vivre bien qu’elle sait que Colin est de ce monde. Elle ne le hait plus dans la mesure où il a radicalement changé, il est devenu le meilleur de lui-même. Et puis Nuage aussi a pardonné à Colin! C’est primordial! Bõdhi veut aussi favoriser cet univers de jouissances respectueuses qu’elle vient à peine de découvrir.

Tout se précipite. Colin et Nuage aident activement à m'âmer des êtres n’ayant jamais existé. Et les êtres vivants deviennent plus sensibles à l’énergie-matière sous toutes ses formes. Ils ressentent l’éclatement du caillou qui se fend à cause de la chaleur. Ils ressentent la neige fondre. Ils ressentent les ondes-particules élémentaires se transformer, se disperser, s’entrechoquer. Certains êtres vivants, certaines individualités décident de ne plus jouir à la légère des faveurs de la vie, de ne plus forcer les choses. Leur nombre s’accroît. Les jouissances deviennent plus subtiles et donc plus profondes. Les êtres vivants agrandissent leurs plaisirs en parvenant à faire devenir conscientes d’elles-mêmes et de la diversité de l’univers, les ondes-particules de matière-énergie, en commençant par celles qui les composent. L’univers devient intégralement conscient de lui-même avec cette volonté et cet acte d’une recréation où chaque composant est nouveau et conscient de sa propre existence, de celle de l’univers et de chacun des composants de l’univers. Cette recréation a pour but, non pas de changer ce qui a été, mais de prendre conscience de l’espace-temps, instant-lieu après instant-lieu, jusqu’à la création première de l’univers. L’univers remonte à l’infini et ressent que tout est issu, non pas du vide, mais du néant.
Comment franchir le pas? Pour l’univers, il est inimaginable de s’unir à ce qui l’a engendré. Comment s’unir au néant? Pour l’univers, il est inimaginable de tuer consciemment ce qui l’a engendré et qu’il a déjà tué inconsciemment et innocemment lors de la première création. Comment s’unir au néant qui n’existe plus? Un néant qui n’a pu perdurer puisque cette non-présence exprime, en plus du néant, l’unité. De là vient la diversité, et l’infini. Comment s’unir au néant qui ne peut exister?
Depuis cette instant-lieu-éternité-infini, l’univers sait avec certitude qu’il est orphelin. Il peut choisir de rejoindre son créateur en s’annihilant et façonner le néant. Les êtres vivants mourraient d’une fin qu’ils ne percevraient pas, qui leur serait extérieur car cette fin, en tant que partie intégrante de l’univers, ils s’en approcheraient toujours indéfiniment mais sans jamais l’atteindre. Et le néant redonnerait un nouvel espace-temps au risque d’engendrer un univers où tout ce cheminement serait à refaire et risquerait de se refaire sans arrêt. Cette frontière du néant est la seule que les êtres vivants n’ont pu franchir malgré tous leurs espoirs. L’Univers préfère la conscience. Il préfère déborder d’imagination et inventer et réinventer des possibles respectueux à l’infini. L’entéléchie est là.

- La contemplation n’est-elle pas le but secret de nos principales actions?
- Le bonheur, ça s’invente, ça se construit. L’éternité, ça se vit !
Enfants d’une immortelle passion, dans l’un de ces univers, Colin et Nuage se déplacent nus au devant des étoiles, des beautés naturelles, des panoramas grandioses. Ils longent les précipices, survolent l’ægilops, la folavoine et les blés sauvages, admirent tant d’espèces de fleurs multicolores des montagnes, zigzaguent en de beaux plateaux fertiles, traversent les sous-bois et les cascades, remontent les fleuves, vaguent au dessus d’une terre pleine de grandes étendues boisées, de flots se perdant à l’horizon dans une infinité de roseaux et de teintes. Ils découvrent toutes sortes de cerisiers, framboisiers, groseilliers, fraisiers et autres arbres, arbustes et arbrisseaux comme des baumiers, pamiers, et sophoras. Ils explorent d’immenses legrettes où ils inspirent l’odeur des terres et d’autres prodigieux parfums. Ils hument les plus belles des viornes. Ils admirent de magnifiques deutzias et les voltiges amoureuses des phaétons. Ils écoutent la vie exaltée qui vibre au rythme des sources de la plénitude. Ils participent aussi à l’épanouissement de la nature lorsqu’ils font l’amour sur terre, dans les eaux et dans les airs. La force et la tendresse des caresses découvrent l’émerveillement total! Nuage la magnifique, aux colliers constellés d’argent entre les seins, fruits merveilleux, inonde Colin à la tête d’or de sa fraîcheur pendant que sa main gauche caresse ses joues et sa droite l’enlace. Leurs cœurs s’accélèrent, leurs cheveux flottent au gré des élans, leurs sourires envahissent leurs âmes, leurs lèvres scintillent, leurs peaux s’explorent en douceur, leurs sexes deviennent fébriles, leurs yeux expulsent le trouble et transcendent leurs regards, les cuisses s’entrecroisent. Ils fusionnent en un être unique. Leurs mouvements scintillants sont si rapides qu’ils multiplient leurs corps et leurs jouissances. Les ondes se répondent et exultent en toutes leurs dimensions. Une mélodie s’inscrit en l’univers. Bonheur, extase, bien-être, et bonne humeur.
- Les jours de l’univers sont délicieux, et tes pensées aussi!
- Le but, c’est le cheminement.


Bisou. Respect.




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