Le banquet des deux mondes
Un texte de Wikipen.
Ça se passe comment ? Ça se passe de commentaire ! Mais il faut que j’assume avant qu’on ne m’assomme. Et pourtant je passe en revue le banquet des deux mondes qui souffre encore comme le dessin d’un soleil qui tomberait au bas de la feuille dès la levée du crayon. Il reste un fond de l’anti-blonde à réchauffer. Et du riz volant dans la passoire à amis. L’absence des gens du peuple aux paroles menaçantes est remarquable. Les chardons ardents s’éteindraient-ils ? Personne pour crier à hue et à dia ! La foule s’en lave les mains sous prétexte qu’elle préfère écraser les légumes avec le presse-pureté. Des paniers de pierre ont été bousculés et vidés plus bas que terre. Je n’arrive plus à savoir qui est l’esclave de qui !… Ni si cela est si important que ça de faire des révolutions, même psychologiques et non-violentes, pour se retrouver en haut plutôt qu’en bas et attendre la prochaine rotation circonvolutionnaire. Des discours sont mal juchés en l’air. Et pourtant je ne peux m’en aller ! Il y a tant à faire, à refaire, à mieux faire, à défaire, à surfaire. Et puis il me reste une cave pleine de boiteux, de mendiants, de bavards, de diserts à visiter. J’ai encore tant à apprendre… et pourtant il faut que j’agisse avant de tout savoir sur tout. C’est délicat, il faut trancher dans le vif de la vie. Spectateur était un rôle plus abordable. Et voilà mon âme qui déborde…
- En voilà une histoire ! Ne peux-tu pas la canaliser ? Veux-tu que je te passe quelques sacs de sable ? Car nous avons du pain sur la planche. Organiser ce banquet n'est pas une mince affaire. D'abord où sont-ils, nos deux mondes ? Ne sont-ils pas de la revue ? N'y en aurait-il pas un troisième ? Une chose est certaine, tous ces braves gens auront besoin de sandales : mets-toi donc à l'ouvrage. Mais dis-moi aussi quelle sorte de musique il faudra leur jouer. Le musicien multiforme aura fort à faire. Et moi aux fourneaux, aux hauts-fourneaux même, je risque l'épuisement. Riz volant pour tout le monde ! Tout le monde sur le pont ! Le pont va l'entrée, naturellement. N'importe, il y a loin de la coupe aux lèvres, et les vaches frisonnes seront toujours bienvenues. Quant à la révolution, elle reste à faire, et là aussi il y a du boulot. Ce n'est pas encore le grand soir, plutôt l'après-midi d'un faune, une sieste crapuleuse, peut-être bien. Rendez-vous à Chèvres-Babylone...
Je n’ai plus qu’à analyser mon âme en vrac. Le sable y est pour quelque chose. De plus, un banc m’a bousillé l’orteil est-ouest. On le sait, il n’y pas plus mal chaussé qu’un cordon-bleu outremer. Aussitôt j’entame un refrain pour y cueillir du rhum marin. Je fais flamber des tartes atteintes de maladies rares. Et enfin j’allume mes volets. Puis j’attrape mon épluche-poulet fabriqué Boris et Vian d’Oxford. J’écume les jours qui s'écoulent. Je poche des œufs par deux. J’essors, net, la salade. Et je sors scier un balai artisanal. Ensuite je te suis afin de m’amuser de tes recettes de grand-mère. Fini de rire, je reprends mes casseroles. Mais comme toujours je manque de quiddité. Alors, évidemment, le riz, quant on n’est pas chinois, c’est de l’hébreu. Pas moyen de décoller de la réalité. Telle est ma sanction éternelle. Tu préfères appeler Pizza-Zou. Pendant ce temps c’est encore Bibi qui fricote… tout seul… Oh, quand même ! Hé oui, il faut parfois se prendre en main ! Mais bon, je peux encore rattraper le coup. Il suffit de détourner une garden-party politique. Et repas assuré à tout délestage !
- C'est assurément à Shanghaï que nous irons passer l'automne, en compagnie de notre Oncle Ben. Mais pour l'instant, catastrophe... je suis la proie d'une attaque de cafards... ils remontent le long des canalisations et se mettent à grouiller en cadence au son des guitares. Les rats en ont peur. Les rats, peur ? Si, si, je vous assure. Et les souris cliquent de frousse. Une mousse au chocolat dentelée comme le pic du Midi déborde de l'é(per)vier et envahit l'espace-temps. Je me drape dans les rideaux comme une Scarlett de banlieue. Je ne veux pas téléphoner à Matignon, pas encore. Alors je m'enroule dans mes valises enrubannées de couronnes de ptérodactylographes. En appuyant sur le voyant rouge, on obtient des modulations de fréquence qui déclenchent des autodafés en rafales. Un coup sur le gong et tout le monde est au lit. Mais tout de suite, un malvenu commence la lecture des oeuvres complètes de Claude Delle. Il tombe bien, celui-là ! C'est vraiment pas le moment ! Un coup de bas guette, un autre de bas résille, et il disparait dans un grand flamboiement verdâtre. Non mais !

