Le moulin à paroles
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- Qui saura donc donner la parole au moulin,
- Qui moudra le blé en herbe au petit matin ?
- Une âme précieuse, sans vice d’apparat ?
- Une âme rieuse ? À généreuse aura ?
- Générosité donne parole au poème
- Créativité rendra nos mots plus bohêmes
- La parole donnée au moulin, qui s'en plaint ?
- Le blé en herbe moulu ce petit matin.
- Blotti à quelques pas du méandre de Queuille
- Se détachant de la grève tel un écueil
- Il est unique, il fuit mais son prochain aime
- Il est la musique de nuit pour le système.
- Sur mon âme, perché, je soufflais loin devant.
- Oh, plus fort que le vent ! À y perdre les dents !
- Je suivais l’air du temps, tremblant comme une feuille.
- Les ailes me manquant, l’arrêt se fit au seuil.
- Nous aurons par trois fois, de voler, essayé.
- L’inutile ultime tentative a tué
- Mes espoirs ; et mon corps, à mon enterrement,
- Il m’en coûte d’être né, était bien présent.
- Les roseaux pensant me demandent de m’asseoir.
- Est-ce un regain d’espoir ou bien juste le soir ?
- Comme les fleurs, j’écoute les blés me parler,
- Et les vents, eux, se moquent de m’avoir trompé.
- Qui mouline mon âme ? Est-ce un dieu ? Est-ce toi ?
- Et qui donc me sortira de ce mauvais pas ?
- Ai-je traversé un versatile miroir ?
- Que vais-je voir ? Ai-je vainement peur du noir ?
- Non, ce n'est ni moi, ni dieu, ni toi qui mouline.
- Et je donne une médaille à celui qui devine
- La réponse à tous ces comment et ces pourquoi
- Est un très grand mystère qui le demeurera.
- Les ailes du moulin assoiffées comme foi
- Qui recherche le bien, qui ne voit que l'effroi,
- Se déchirent et se froissent tant elles sont fines.
- Puis les roses rougissent de leur piètres mines.
- Tournez, brassez avec les ailes du plaisir,
- Le riche flot de nos paroles qu'il faut saisir,
- Apprivoiser, enrichir, déformer parfois,
- Sans y perdre ni notre âme, ni notre sang froid.
- Bras et jambes tendus, offerts aux quatre vents,
- Je cisèle les nues sans me soucier du temps.
- Mes lentes révolutions, au gré du zéphyr,
- Apaisent les chagrins, libèrent tous les rires.

