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Le sacrifice

Un texte de Wikipen.

Jolie armure, portée haute qui protège avec grâce le roi.

Belle aventure, je suis un fou, je ne me déplace plus droit.
Je suis une des pièces maîtresses accrochées au cou du berger,
opposé aux nièces prêtresses à l'origine des mauvais coups du clergé.
Cette terre n’est plus qu’un espace plat quadrillé et froid.
Un no man’s land obscur et pollué qui ne tolère ni foi ni lois.
En face, les cohortes de Babylone La Blanche se ruent, se pressent.
Seuls les éclats des lances et des plaques à travers le noir percent.
La guerre a débuté. La cloche de Minuit, pour la paix, sonne le glas.
Sur le champ de bataille les sillons se gorgent du sang des guerriers, las
de reproduire à nouveau les tristes besognes des erreurs du passé.
Les chevaliers sont les premiers à l’avant-garde, ils sont vite cernés.
Au milieu du chaos et des flammes je n’ai d’yeux que pour ma reine.
Elle si calme, si charismatique et si belle dans sa robe en soie ébène.
C’est décidé, s’il y a quelqu’un à protéger, c’est bien cette déesse.
Je la vois d’ailleurs en mauvaise posture, complètement en détresse.
Je suis à couvert derrière un bosquet mais je ne peux pas bouger.
En face, en haut des tours des tireurs d’élite guettent ma position.
À ma droite un soldat à la peau diaphane objecte mes ambitions.
Un cri retentit derrière moi : « Attention ! »
Un chevalier talonne à grands coups d’éperons dans ma direction.
Je bondis hors de mon trou, un soldat allié prend ma place.
Merci pour le sacrifice mon ami, la vie - ce soir - nous harasse.
Je suis maintenant devant la reine, elle est encore plus charmante de près.
Main dans la main nos sens se troublent, nos rangs s’estompent,
nos âmes fusionnent et nos forces s’additionnent.
Notre déploiement stratégique fonctionne.
La mission est simple : Vaincre.
La scission est simple : Positif & négatif.
Mais maintenant nous deux sommes au-delà de ces considérations.
La vie est comme un jeu d’échecs, il faut penser en premier et puis agir.
Voyez ce faible pion mal armé, nul ne s’en est méfié.
Erreur fatale, c’est la perte des blancs.
Ils jouaient avec un coup d’avance pourtant.
Échec ! Roi d’ivoire, te voilà condamné.
Mais il préfère sacrifier sa dame sur l’autel.
Il préfère à sa mort la solitude éternelle.
Défaite illusoire.
Babylone rend son dernier souffle.
Honteuse et vagabonde elle préfère abandonner.
Plutôt que de définitivement admettre et avouer.