Les arbres se réveillent doucement et sans sommeil
Un texte de Wikipen.
Ils ne sont pas partis loin, tu le sais bien
Et je cours toujours après cette horloge sans éveil
Et je fuis toujours derrière cette foule d'idées qui me tiennent en mode veille.
J'aimerais ne penser à rien,
rien que l'instant présent qui m'interpelle.
Car ce serait le plus court chemin
Vers ce tout qui en chacun de nous sommeille.
Le calme et le silence, résolument, n'existent pas
La trompette de nos sens nous illusionne pas à pas.
Ce que je vois, je ne sais pas comment vous dire à quoi cela ressemble.
Ce que je bois, je pourrais peut-être écrire pourquoi ces goûts amers me semblent.
Apparemment, je ne sais plus me lâcher,
Me faire partir en liberté.
Me faire courir dans les champs de blé,
me faire sortir des mornes sentiers.
L'originalité n'est pas un choix,
c'est la conséquence de ce laisser-aller.
Mais en tout état de cause, est-ce qu'on doit faire toujours ce qui nous plaît ?
Le sens de la vie sans sensation,
est cent mille fois plus dur à trouver,
que la chance d'un cri sans émotion,
que l'on émet
Juste pour se décharger.
Les éléphants nous guettent de leur mémoire millénaire
Et nous partons en quête d'un grimoire grégaire.
Qui aurait pu nous croire,
Si l'on avait dit qu'on en arriverait là?
Seuls les conteurs d'histoires,
aussi ne se moquent pas
Des ours en peluches sans leurs yeux en plastique
qui ne seront jamais
détrônés par les poupées élastiques
que l'on trouve par milliers dans ces foires modernes.
On ne sait pas trés bien
ce qu'elles nous apprennent.
Mais la vie est parfois cette interrogation-là.
À quoi ça sert et ça s'est fait pourquoi ?
Et l'on reste avec nos cent questions sans réponses
Et le pourquoi du comment, comment se font tous ces pourquois
et pourquoi on veut toujours savoir comment ils se font?
Et dans un cercle sans fin,
telle une spirale infernale,
je m'enfonce.
Et en même temps je m'extrais
peu à peu
de ce monde trop simple en apparence
et trop faux dans l'ignorance de ce qui est.
Le grand tout ou le petit tas
dans lequel nous vivons.
L'un absolu ou les multiples relatives interprétations
de cette essence dans laquelle nous baignons.
La fusion ou l'individuation
ou la division ou la collaboration
La neutralité ou la dualité
Le conflit ou l'harmonie
La route sera encore longue avant que nous puissions percevoir,
afin de mieux savoir de quoi nous sommes constitués.
Voilà pourquoi certains se font une spécialité
de tout interpréter,
dans un prêt-à-penser
toujours bien ficelé
avec héros, constellations et trinité,
Pour qu'on ne soit pas embêté
à toutes ces questions se poser.
Les arbres s'endorment brusquement je m'éveille.
octobre 2006

