Les maux de la faim
Un texte de Wikipen.
Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Pilou. Ses parents étaient partis au petit matin. Il n’avait pas voulu aller avec eux chez mamie Graine. Pilou ne l’aimait pas trop. Sa mamie n’aimait pas les câlins. Alors, la maman de Pilou, avant de partir, lui prépara un copieux petit-déjeuner. Un grand bol de chocolat chaud, de belles biscottes dorées avec de la confiture aux groseilles rouges, un verre bien rempli de jus d’orange. Hum ! Ça doit être bon !
- À ce soir Pilou, dit sa maman !
- Ton repas du midi est prêt. Il est sur la table, sous ta serviette, Pilou, dit son papa !
- Merci pour ce festin, et à ce soir, dit Pilou !
Après les bisous, les parents de Pilou fermèrent la porte. Pilou regarda par la fenêtre. Lorsqu’il ne vit plus leur véhicule, Pilou pensa seulement à vérifier que le numéro de téléphone de ses parents était bien écrit sur un petit bout de papier.
- Bon, j’ai faim, moi, dit Pilou !
Pilou revint dans la cuisine. Il cria de stupeur :
- Je n’ai rien à manger !
En effet, il ne restait rien à manger. Son bol de chocolat au lait était vide. Plus une miette de biscotte dorée. Pas une trace de confiture aux groseilles rouges. Plus une goutte de jus d’orange. Rien ! Il ne restait rien à manger. Pilou avait faim ! Il était si déçu qu’il ne savait quoi dire. Et son ventre criait famine ! Pilou voulut téléphoner à ses parents. Il voulut leur expliquer son malheur.
- Mes parents me diront ce que je dois faire, pense Pilou à haute voix !
Il se dirige vers l’entrée de la maison.
- Quoi ?
Le petit bout de papier avec le numéro de téléphone de ses parents avait disparu. Cette fois Pilou n’en pouvait plus. Il pleura. Il pleura en pensant qu’il serait bien avec ses parents dans leur véhicule. Il revit ses parents lui dire au revoir. Et c’est alors qu’il repensa à ce que lui avait dit son père :
- Ton repas du midi est prêt. Il est sur la table, sous ta serviette, Pilou !
Pilou se précipita dans la cuisine. Il souleva sa serviette et que vit-il ? Un plat… vide ! Un plat vide ! Pilou n’arriva pas à deviner ce qu’il pouvait contenir tellement il était vide.
- Oh, non ! J’ai de plus en plus faim, dit Pilou !
Alors, il décida de faire ce que ses parents lui avaient interdit de faire depuis qu’il est tout-petit : il ouvrit le frigo ! Il n’hésita pas longtemps. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il vit le frigo vide !
- Oh, non ! Éh, oui ! Oh, non ! Mes parents sont allés avec Mamie Graine faire les courses pour la semaine. Et moi, qu’est-ce que je vais manger ?
Pilou chercha dans les placards et les étagères le moindre petit biscuit, le moindre bonbon. Il ne restait rien ! Quelqu’un était passé avant lui !
- Bien sûr, c’est ça ! Quelqu’un est passé avant moi ! Je ne vois pas qui ! Bien sûr, quelqu’un ou quelque chose ! C’est à ce moment là qu’il vit un morceau de biscuit apéritif dans la poubelle de la cuisine.
- Si je le nettoie, je pourrai le manger, se dit Pilou !
Il se précipita vers la poubelle. Et alors, il vit sortir de sous les détritus de la poubelle, une petite boule grise. Pilou eut peur. Il s’agissait d’un rat qui n’hésita pas à avaler le dernier morceau de nourriture de la maison. Pilou ne savait comment réagir. Ce rat était son copain. Ils avaient réussi à bien s’entendre au fil du temps, puis un jour il était parti sans prévenir. Mais ce jour là, ce n’était plus pareil !
- Tu as mangé tout ce que tu pouvais manger dans cette maison, dit Pilou au rat. Tu es tout ce qu’il me reste, petit rat ! Je serais bien tenter de te faire cuire ! D’autant plus que tu m’as l’air en bonne santé. Et que tu as bien du mal à marcher, avec ton ventre qui pend.
Lorsque le soir, les parents de Pilou rentrèrent, ils le grondèrent d’avoir mangé tout ce qu’il pouvait manger. Ils ne crurent jamais cette histoire de rat, d’autant plus qu’ils ne l’avaient jamais vu. Pour la peine, pendant trois jours, ses parents le punirent en le mettant à la diète. Il dû se contenter de cailloux !

