Locomotive
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Balancier sans émoi
Moissonnant les terres vaines
Sensation trouble
Bleu intense de ses iris
Risquez votre peau sur les mers
Méridiens éphémères de nos joies
Joies éphémères ? C'est peu dire
Dire la peine, dire l'ennui
Nuit à ce cœur qui bat toujours
Jours de deuil ou jours de liesse ?
Est-ce un poème ou un joyeux bordel ?
Delphine, avec ton cœur qui bat,
Balade-moi où tu voudras
Draps de feuilles draps de coton
Ton poitrail sera mon blason,
Zonzonnant comme un bourdon
Dont on a coupé les ailes.
Elle au moins n'est pas trop con,
Concubine de la morphine.
Finalement, mon cher amour,
Mourir n'est pas important
Tant que l'âme erre loin des cendres,
Dressée contre les tourments.
Mentir est autrement plus gravissime,
Si mes soupirs en sont dépendants.
Dents de lait de loup et dent de poule,
Houleuse oralité de mon trouble bestial.
Hâle élégant de la peau aux reflets de caroube,
Oublieux de mes plus vils instincts,
Tintinnanbulant, je raisonnais comme un fou !
Foudre de guerre, ou souffle divin ?
Vin aigre, ou meilleur cru ?
Cruauté des cœurs, crudité des mots,
Motivation ou résignation ?
Sion ou Jérusalem,
L'aimer juste pour dire je t'aime,
Témérité venue du poème...
Aimant pour le métal du coeur.
Quérulence habituelle de la demoiselle,
Zèle incongru dans ce jardin de paresseux.
Ceux qui dorment sont les plus heureux.
Repeindre les cieux est trop fastidieux pour la gent féminine
Ni ne convient à ces créatures éthérées.
Réaliser leurs fantasmes les plus fous ?
Foutu programme !
Bleu et vert ne sont pas miscibles.
Cible mouvante que j'atteins sans viser.
Zénon et Pythagore font des culbutes.
Buuuuuuuuuuuut ! Pardon je me suis trompée de chaîne.
Chaîne et chien, reine et rien,
Rien qui vaille enfin.
Fin de règne, fin de parcours,
Cours vite ou je t'attrape.
Appelé à un autre destin,
Teinté de mauve et de satin,
Tintamarre effréné de sarabande.
Bande de nuls ! Sapajous !
Joufflu bébé béat qui bave,
Avatar de progéniture,
Turpitude réitérée,
Térébenthine à tous les étages.
Agenouillé devant la Déesse,
Est-ce là celui qui disait :
Disette, au sein de ton ramage
Âge tendre et tête de mule.
Mule devenu mufle, de ton plumage
Mage, ô Mage, ne restent que les fantômes.
Tomes écrits par ton Satrape qui te rattrape
Te râpe et efface tes rêves de môme.
Momifié devant ce que tu admires
Lupanar profond comme un long discours
Cours toujours, et bien en vain.
Vains serments, infinis parjures,
Juridiction universelle,
Sel de la terre, sans lequel ceux qui s'aiment
Sèment le grain sans récolter.
Théorème de mon parcours :
Cours plus vite que le vent,
Vends ta chemise avant ton âme,
Amenuise tes vains regrets.
Grééments de chanvre, cabestan et timon,
Timon l'Athénien ne saurait te sauver
Vénus de Milo ne saurait te rêver
Vésuve de malheur ne saurait protéger
Général sans armée, te voilà reparti
Tyran des mers, après avoir été celui des coeurs
Heure de fuite, honte à toi !
Toile magique où s'écrivent ces vers.
Vers quoi, vers qui vont-ils ? Eux, que l'esprit repique
Piques drues et constantes font les mots aux oreilles
Rayé le tableau d'école, par les ongles du maître
Et traiter chaque humble parole comme ce qu'elle est.
Eh les gars pourquoi quatre et pas six ?
si ce n'est par convention pure
Urgent, que l'on m'en donne la raison
Zombis dans ce foisonnement ludique
Dis, que ne suit-on la veine délirante ?
Rentrons raison et vaine logique
Que la verve vous porte, même incohérente.
Rente qui rapporte suffisamment
Amant de coeur qui vous idolâtre,
Atrabilaire gentleman,
Manivelle du cinéma intérieur.
Rieur, bien disposé
zèle d'une perplexité vite dépassée
c'est gerbi contre logorrhée.
Biture carabinée,
Nécessité de lever le pied !
Pierreries et gemmes à foison,
Oison qui caquète en vain,
Vingt dieux ! la belle église !
Lise aimait qu'on l'y confesse.
Fesses déridées, vulve en sauna...
N'attends rien pour perdre la tête
T'es-tu déjà masturbéE à la messe ?
Mais si, voyons ! Derrière une colonne
L'honnête croyant ne te verra pas
Passe sans hésiter tes doigts
Dois-je tout te dire ? Dans ta culotte !
Ôte-toi l'idée que c'est Mal
Ma langue au chat, point ne donnerai
Raison : n'est-ce pas qu'elle serait mieux en toi ?
Toison fournie où me prélasser
Assez : la cyprine coule à flots
Floraison de plaisirs
Iras-tu ? Hésiteras-tu encore longtemps ?
Tant pis pour toi, je trouverai d'autres amants.
Mentant comme toujours à mes espoirs soudains,
D'un soubresaut violent, je changerai de mains,
Maintenant que je sais que tu m'es condamnée,
N'ai-je pas vu ailleurs la douceur passionnée?
N'es-tu pas cette femme au parfum périmé ?
Immergée dans ton mépris, je me fane ;
Fanal tremblotant au bord de ton âme.
Amer consolation : je te condamne
A ne plus visiter mon coeur en flamme.
Lames de fond sur nos vies saccagées,
J'exècre tes appétits mensongés.

