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Loup solitaire

Un texte de Wikipen.

Je vais voir les loups, si proches du chien, ils se disent : Quel dommage !
Vous avez vu, mes amis, difficile ici de vivre sa vie de bêtes sauvages !
Là où les moutons sont mieux gardés que les notions de valeurs.
Comment ne pas hurler à la lune dans l’espoir d’invoquer un sauveur ?
Comment ne pas être nostalgique et envier la belle époque du Moyen-âge ?
Qu’il était beau le tempspour protéger les hommes d’eux-mêmes certains furent des sages.
Qu’il était beau ce dernier loup d’ici, jusque là-bas, qui afficha un sourire sur son visage.
Il n’avait pas la rage mais On l’a tué quand même, en traître, sous les feuillages.
On n’était plus à ça près et que vaut finalement la somme de tous ses dérapages ?
C’est laid, je vais m’éloigner d’ici, je vais fuir ce carnage.
Et voilà que gronde l’orage, c’est bientôt le grand essorage.
Je vais franchir la cîme aiguisée, y affûter quelques rimes au passage.
Je vais chercher le mage, il m’attend à Carthage et doit me délivrer un message.
En me penchant par-dessus le bastingage je l’aperçois flottant dans mon sillage.
Quelle belle image d’héritage qui me suit ainsi jusqu’à l’embouchure du Tage.
Je vais voir si Marvin il n’a pas perdu sa guigne, voir si le terroir, au sein de ses ravines, abrite les futurs ceps de vignes.
Et alors au loin il me semble que je devine… C’est bien elle, la belle envolée de cygnes.
Je m’approche, elle est là, divine.
Tantôt elle disparaît, tantôt elle réapparaît, de quoi en perdre la mémoire.
Tantôt elle sourit, tantôt elle fuit, de quoi raconter des histoires.
Tantôt elle ferme les yeux, tantôt elle les ouvre, de quoi éviter les cauchemars.
Bien intelligent est l’esprit averti qui dans l’onirisme range le manque passé.
Alors je vais vivre les plus belles histoires, celles qui n’ont pas encore commencé.
Je vais invoquer les esprits frappeurs et les sortir de leur torpeur.
Ils me disent qu’ils ne connaissent sur terre que la peur !
Allez, place aux esprits rêveurs !
Si je me risque à leur demander une faveur je ne suis pourtant pas leur sauveteur.
Si ce n’est peut-être l’heure,
si ce n’est peut-être cette saveur…