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MERCÉDÈS

Un texte de Wikipen.

COMÉDIE MUSICALE
en travaux à perpétuité

Cette esquisse est à améliorer par qui le souhaite. 

Sommaire

ACTE PREMIER


1

Chanson de la mère de Mirando en l’honneur de son fils qui, bien que seul, ne s’emballe pas après la première fille venue comme ses camarades.

Il veut une nouvelle compagne digne de la pureté de sa mère qu’il aimerait croire sainte, et qui, elle, est sûre de ne pas l’être, elle a juste le cœur en abondance, le cœur sur la main, le cœur à offrir à ceux qui ont besoin d’aide, besoin d’elle, besoin d’ailes.

Il trouvera son âme soeur, son corps frère

Il trouvera chaussure à son pied, cœur à son cœur, océan à son globe, bonheur à sa hauteur

Il trouvera une étoile pour éblouir ses yeux

Il trouvera une preuve que l’amour existe encore

Il trouvera une fleur qui parfumera son chemin depuis l’aube, et encore à l’aurore

Il trouvera repos à son âme qui tend vers le bien malgré son métier dit de vaut-rien, de peintre, d’artiste


2

Chanson de Mercédès à ses parents, mais surtout à sa mère

pour expliquer une dernière fois son départ

vers les chateaux de la Loire

où elle veut oublier ses mésaventures

où elle veut vivre loin d’eux pour mieux les retrouver

où elle doit travailler comme femme de chambre

où elle doit connaître, enfin l’espère-t-elle, l’amour inoubliable, l’amour irremplaçable, l’amour de sa vie, l’amour passion


Mère, je vous aime

Je dois quitter votre entourage et tous vos ouvrages qui me sont destinés,

Vos bienfaits, vos gestes de cœur,

Vos preuves d’amour, votre incommensurable bonté d’âme


Père, je vous aime

Vous et vos silences qui disent tant, qui disent tout

Vous et vos sourires malicieux et vos rêves bleus

Vous et vos preuves d’amour, votre incommensurable bonté d’âme


Cette fois il le faut, je dois partir

Partir sans vous

Partir sans vous trahir

Partir sans, en vous, souffrir

Partir pour me souvenir

3

Chanson de la mère de Mercédès qui voudrait chanter son bonheur de voir sa fille grandir la voir mûrir, s’affermir, s’affirmer

devenir une femme, devenir elle-même

devenir une parmi les belles dames


Écris nous, toi qui vivra, verra

Écris-nous, ta maman est là pour toi pour toujours

Il n’y aura pas un jour

Sans que ton père et moi pensions à toi

À ton sourire légendaire, à ta démarche princière, à tes périples incertains


Tiens, prends ce foie gras, ces compotes, et ce pain

Prends soin de toi comme nous prendrions soin de toi

Nous vivons en toi,

Nous vivions pour toi

Ne nous abandonne pas, ne nous oublie pas

Sois fière, sois toi, même si le cœur n’y est pas

Va là-bas, emmène-nous, envole-toi vers ton destin étoilé


4

Mercédès et Mirando se rencontrent et chantent leur joie, leur chance de s’être rencontrés,

de visiter les différents châteaux,

de profiter des nuits sans lunes,

du beau temps pour la saison,

de se promener les pieds nus sur l’herbe où paissent les vaches allongées et curieuses

ils chantent leur fierté, leur mérite de s’être trouvés,

de voir autour d’eux, tant de belles dames, de damoiseaux,

de plaisantins, de jets d’eau,

de fêtes, de tableaux,

de jeux coquins,

d’arbres en fleur et de fourmis en rang,

tant de charmants et d’espiègles gamines,

de cadeaux quotidiens, de présents ductiles

avant, avant…

avant, avant…


avant, avant…

avant que d’être malgré nous, malgré tout,

avant que d’être malgré nous, malgré tout,

avant que de ne plus être deux

avant que de ne plus être ensemble

5

Une amie de Mercédès doit apprendre à Mirando que celle-ci doit partir

— Cette fois, ça y est!

Elle doit y aller!

Partir d’ici!

— Mais pourquoi ? Mais pour qui ?

Pour rien ! Pour personne !

— Pour une meilleure vie

Pour une meilleure place

Une place chaude

Proche du soleil de Gascogne

Pour un meilleur salaire

Pour s’éviter des heures de labeur

Pour être plus fraîche !


— Plus fraîche pourquoi ? Plus fraîche pour qui ?

Pour vous Mirando

Pour vous revoir en meilleure forme

En meilleure santé

Regardez-la mieux, elle s'assombrit ici

Vous ne la voyez qu’à travers vos prismes en accord parfait

Regardez-la mieux, elle s’assombrit ici

Malgré vous, malgré moi

Plus fraîche pour vous voir venir

Plus fraîche pour vous accueillir

Plus fraîche pour vous admirer, vous enlacer, vous embrasser, et vous aimer!

Plus fraîche pour vous admirer, vous enlacer, vous embrasser et vous aimer!

6

Les lettres de Mercédès et de Mirando se répondent, se superposent, se subliment

en pleurs, de rire, de joie,

les sentiments sont amplifiés, malmenés, vénérés

les sensations restes intactes, enivrantes, envoûtantes

malgré la distance, malgré le temps, malgré l’énergie mise en branle

les élans persistent et signent


trois lettres par jour n’y suffisent pas

il leur faut se voir, se revoir

se toucher, s’exprimer autrement que par des mots creux

des mots simples, des mots vieux,

il leur faut des mots pleins et déliés

se les sussurrer sans artifice

se les crier sans sacrifice

s’offrir du plaisir, du désir

s’unir et se désunir, se frôler et recommencer


Lorsque tu liras cette lettre, Mercédès, je serai là

devant chez toi, à attendre que tu finisses par comprendre que…

… que je suis avec toi pour la vie

pour nos vies,

pour qu’elles grandissent

pour qu’elles s’épousent,

pour qu’elles puissent enfin vibrer comme deux voix qui se répondent et se fécondent

7

Lettre de Mercédès et de Mirando à leurs parents

pour annoncer la venue proche de l’enfant


il est ce que nous avons fait de mieux

ce petit enfant chéri,

ce petit enfant charmant

ce futur bébé,

ce futur marchant vers vous

il nous sourira comme Mercédès sourit à la vie


8

Chanson de la mère de Mirando à Mercédès

pour tenter de la consoler du désaveu grossier de ses parents

Tu verras, on passe tous par là

Tu verras, on plie tous sous le poids

Tu verras, on prend tous froid

dans les grands courants qui n’en finissent pas

qui soufflent, qui s’amplifient et nous gèlent

Sois toi-même! Sois toi-même, Mercédès !

Sois toi-même! Sois toi-même, même si…

… même si la douleur est là,

même si c’est pire qu’à l’accouchement

même si c’est sans anesthésie

Sois toi-même! Sois toi- même, Mercédès !

Sans trahir, sans mentir, sans mugir, sans sur-souffrir !


Tu verras, moi j’y crois pour toi, pour vous trois !

Tu verras, tu y arriveras !

Tu y arriveras !

Ils t’aiment, ça tu le comprends

Ils sont perdus, ça tu le sais

Ils t’ont châtiée, ça tu l’endures

Ils t’ont toujours aimée, ça tu le ressentiras !


Tu verras, moi j’y crois pour toi

Tu verras, moi j’y crois pour vous

Tu verras, moi j’y crois pour toi

Tu verras, moi j’y crois pour vous

Tu verras, moi j’y crois pour moi

Tu verras, moi j’y crois pour tous

Tu verras, moi j’y crois pour toi !

Tu verras, moi j’y crois !

ACTE DEUX

9

Mercédès et Mirando, pendant la nuit de noce, revoient la fête

— Journée inoubliable ! Journée mémorable !

— Journée mémorable ! Éxécrable! Qui fait mal !

— Journée de fête !

— Journée de trouble-fête !

— Journée ensoleillée, étincelante, accueillante !

— Journée endimanchée comme un manche à balai

— Journée de saintes colombes, de cris d’enfants, de pétards

— Quelques figures de catacombes placées par-ci par-là, tirant la grimace

— Journée de rires, de larmes, d’émotion

— Journées des sans-voix, des sans-rien, des sans joie !

— Journées de musiques, envoûtantes, enivrantes, vibrantes, électriques

— Comme des chaises… Vides

— Journée de confettis, de ballons, de masques

— et de constipés, des riens, des épouvantails

— J’aimerais me faire respecter en sachant ne pas devenir méchante


10

Lettre du garçon de Mercédès et de Mirando

qui a grandi

qui s’amuse

qui aime ses parents

qui connaît peu ses grands-parents maternels

et veut les voir pour toujours à l’occasion de l’anniversaire de sa mère Mercédès


11

chanson du père de Mercédès

qui, la lettre de son petit-fils dans les mains, pleure,

et s’adresse à sa femme, mère de Mercédès

assez de temps perdu, on ne le retrouvera jamais,

il me faut voyager

mon temps est venu, il est là, je le sens, je le sais

il s’affirme enfin



12

Mercédès chante sa joie de voir toute sa famille réunie

à la pendaison de sa crémaillère,

comme une dernière chance, un dernier espoir

les seuls absents sont ses parents qui ne comptent plus

qui sont loin de tout

loin de ceux qu’ils aiment

loin d’eux-mêmes

Mercédès les oublie et savoure la fête qui bat son plein

les invités sont heureux et fiers d’animer cette soirée

Mercédès a fait le deuil de ses parents

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles



13

Chanson de Mercédès,

qui tressaille lorsqu’elle voit entrer son père, et sa mère derrière lui

Le père ôte son gant droit, et caresse d’un doigt la pommette de sa fille

qui pleure

J’entends sa voix me dire: Ta mère est là !

Il va la chercher

Après une éternité,

elle arrive en pleurant,

elle est là, face à Mercédès

les yeux dans les yeux,

les larmes dans les larmes,


La mère de Mercédès prend la parole et chante

elle lui dit tout son amour pour elle

la difficulté de s’exprimer

la difficulté de voir ses enfants grandir et partir un à un


Enfin j’y vois clair !

Je veux que nos bonheurs ne forment qu’un !

Reçois en cadeau, ma joie

Que ton fils reçoive en cadeau cette petite phrase :

Tu ne me connais pas, mais je te connais,

alors continue de respecter ta mère,

même lorsqu’elle souffrira de te voir vivre ta propre vie

même lorsqu’elle souffrira de te voir fonder ta propre famille


La chanson devient un duo,

Mercédès et sa mère chantent ensemble leurs retrouvailles


La chanson

le dernier couplet est chanté par tout le monde !