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Mon état belliqueux passager

Un texte de Wikipen.

Installé sur mon cuilleron, je frise à plat ventre les mille et un pieds à la nuit sans lune. Je vais à la rencontre d’un loir pacifique qui boit du Fridho Kola. C’est un Glayou parmi les plus originaux ! Non seulement il parle toutes les langues vernaculaires en verlan teintées de vert et de jaune mais en plus… iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Mon frein à main est efficace, je tourne à gauche avant d’arriver sur l’avenue principale d’Anvers et au prix de quelques acrobaties – ma cuillère étant attirée par la moindre goutte de café crème – je me retrouve enfin au Temple jaïn nez à nez avec mon FiFé. Comme convenu, il veut avant toute parlote un pécule de deux cent treize stères de couettes. Ce loir est cher. Plus cher que mon fournisseur officiel de couettes qui m'en réclamait un LEM entier et en état de marche arrière. Si ça continue il faudra que ça cesse ! Je commence à douter de la sincérité du Glayou. Alors je me casse ! À pied ! Parce que ma cuillère est déjà au coin de la nuit, une anse de tasse sur les épaules. Elle est partie sans demander son reste. Alors je m’achète un tuba. Essai performant. Il fait des bulles de terre avec un bon souffle ! Et je plonge depuis un navire qui était auparavant japonais, et réquisitionné par mon état belliqueux passager.

Je n'ai pas quitté la ville depuis. Elle m'a enchaînée avec ses lacs et ses couronnes de fleurs, comme le matelot, avec ses liqueurs douces et ses hommes brutaux. Sous l'effet de la chaleur, le pavé des rues s'est soulevé en arcades sourcilières volontaires, de Tamanrasset à Carnegie Hall. Les courtilières ont déguerpi, entraînant dans leur sillage tout un village de courtisanes à pertuisanes. (Non, elles ne veulent pas de tisanes !) La ville désertée brillait de tous ses feux de brousse écartelés en pétales de néréides. Mais au creux des fontaines, on pouvait encore recueillir le sel attique des passés antérieurs. Je n'ai plus à me soucier des Blouks, étant donné qu'ils ne peuvent absolument pas survivre au dessus de 27° Celsius, et ne supportent le Fahrenheit qu'en perfusion. Il ne me reste qu'à étirer jusqu'à plus soif les pliures de mythe aux manies déstructurées, qui occupent pour le moment les greniers Est du Panthéon, là même où il y a bien longtemps, Perez Prado donnait des cours de mambo aux derniers descendants de Guillaume d'Orange.

Puisque je manque de monition, je plonge les bras ouverts dans la quintessence de ma quiétude où nul mot cœur ne rira de moi. Un con nu, voilà ce que je suis malgré le génétisme opérant sur mes ménisques comme le ferait un discobole d’un futur postérieur à ces fanfreluches à pible. À l’époque, ventripotent, j’aimais Nil Potent et Ménilmontant. De la poudre au lieu d’un serrement de dents. Il me faut oublier ceci. Et me rappeler cela : ma clé qui s’est enfermée à double tour dans son pot de terre. N’arrivant pas à la soudoyer, je marche sur cette terre immonde qui se brise avec la fraîcheur d’un matin d’avril. Elle saute en joignant sa seule et unique pompe, et glisse dans une flaque d’eau. Mon âme infâme, à ce moment, aurait dû se précipiter et se bouger les fesses. Trop tard, elle s’est taillée. Elle est déjà en train de remonter sur l’autre rive et se réfugie dans les forets et les clous de girofles. Elle monte à l’arbre à cames et se shoote devant moi. Comment faire du bouche-à-bouche à cette clef des champs de tir ? Ouf ! Elle est réversible et là, au lieu de lui sourire, je l’engueule ! Je l’enfonce profondément dans une serrure rouillée trouvée à cet effet. Et nous partons tout de suite découvrir l’océan Atlantique plein à ras bord.

Longtemps, j’ai souhaité rencontrer un Glayou ; ceux qui en avaient vu en disaient monts et merveilles ; mais la chair est faible, certes, et j’ai lu tous les livres, ou presque. De sorte que cela ne s’est jamais fait. C’est une raison supplémentaire pour vouloir retrouver le Sage Savetier, ce visiteur de mes songes étrusques. Par je ne sais quelle communication virtuelle autant que mésopotamienne, il m’a fait comprendre qu’il avait, lui, eu affaire à un spécimen de Glayou, sous la forme d’un loir, semble–t–il : logique, si l’on songe que le sommeil est la voie royale, voire impériale, qui conduit à l’avènement hautement célébré des parousies hétérogènes. Loir à Dieu ! Loir immortel de nos aïeux ! Amour, loir et (chat) botté ! Au sommet même de l’Atlantique, au–delà de la mer salée, nous allons découvrir un décor décadent de décalcomanies. Images dont l’ambiguïté fatidique ne peut que nous encourager à persister dans cette tâche indélébile. Hélas, un expert comptable me fait passer un article de la NRF, selon lequel – ô chagrins infinis ! – les Glayous se livreraient dernièrement à des pratiques de suicide collectif analogues à celles des lemmings. Au point que l’espèce soit menacée de disparition…



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