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Muse

Un texte de Wikipen.

Les muses, à l'abri sous la tonnelle,

S'amusent avec les hirondelles
Dont les voyages éreintants
Annoncent le printemps.
Alors je m'envole, et suis leur migration.

Je traverse avec elles mille et une nations,
Découvre la nymphe aux ailes dorées
Assise dans une plaine mordorée
Sur un rocher
Jailli hors du fleuve qui méandre ;
On dirait un ange, c'est à s'y méprendre.
Sa lumière irradie la terre jusqu'à l'horizon
Elle guide, tel le phare, les navires en perdition :
Lorsque le brouillard cache les précipices,
Elle sait toujours indiquer la voie propice.

Je foule du pied ce chemin maintes fois arpenté
Et me jette dans un buisson d'épines argentées.
C'est le royaume d'une princesse dérisoire
(En fait, un songe dans une tour d'ivoire).
Je parcours le champ des possibles,
Fusionne ce qui n'est pas miscible.
Je saute du coq à l'âne sans roc à l'âme,
Ma mer est d'huile, pas de vague qui rame.
Je plonge dans les abysses voir l'octopus,
Suivre avec elle la voie du lotus.
Enfanter comme Remus et Romulus.

Je réunis les amants insouciants,
Ils s'étaient perdus de vue un instant —
Et maintenant ils se pleurent —
Pendant que je me meurs.
Mon corps devient vapeur.
J'erre ainsi en forme gazeuse.
Mes idées s'engluent, vaseuses.
Les alizés m'emportent,
Me rejettent sur la plage.
Un lutin me donne un gage.
Je lui transmets la parole du sage.
Auquel je dois cet hommage.
Il l'a bien mérité, et s'en priver
Serait vraiment dommage.
Je m'élance au firmament,
Élis domicile dans les étoiles,
Les relie en tissant une toile.

Je recherche le conseil
De l'araignée qui sommeille.
Je vole par monts et merveilles.
En équilibre sur une groseille.
Sploc !
Plus rien.
Non rien !
Je me réveille...

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