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Nostradamus aux songes d'antan
Un texte de Wikipen.
- J’ouvre la maison en grand.
- Les volets aux peintures écaillées par l’hiver m’offrent leur lot de grincements,
- de poussières et de toiles.
- Une demeure respire, tandis que les araignées tremblent.
- Naissent par les vitres de la cuisine les premiers rayons du soleil,
- donnant vie aux murs froids de la nuit,
- épongeant la rosée sur les plantes
- et sortant le golfe de son pâle souffle.
- Dans ce qui me semble un lac, l’absence de vent fige la cité ;
- distante d'une lieue, elle a son double à ses pieds comme l’exact reflet d’un visage de pierres.
- Sur l’axe de symétrie de ces villes-sœurs court ma fougue insulaire.
- J’ai longtemps cru la nature morte
- avant qu’une larve d’air venue du large ne réveille les plus graciles feuilles du jardin ;
- c’était moins qu’un bruissement, à peine les frissons d'un arôme.
- Mollement, l’image réfléchie d’Ajaccio s’estompe, emportée par une ébullition.
- Les oiseaux restaurent leurs chants,
- comme s’ils avaient voulu mourir aussi par compassion.
- Je m’installe, visitant chaque pièce de la maison avec le même soin qu’aux premières heures.
- J’écoute la pierre puisque les murs sont de même substance que les arbres.
- Assis sur la terrasse, je consulte la baie dans ses moindres détails.
- Je tourne les pages d’un livre sans fin pour éteindre l’hiver.

