Pas de clerc
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Ce texte narre l'histoire de Hans Kanter.
Hans est né sous le joug des méchants brasseurs de Budweiser, dans la cité de Budland. Ces brasseurs étaient vils, sauvages, cruels et cons. L'économie était basée sur l'exploitation de la principale richesse du pays : les paysans. Ces derniers devaient travailler tous les jours dans les champs à récolter le houblon, l'orge et la tourbe. La nuit, les paysans devaient cracher dans les cuves à bière pour palier le manque d'approvisionnement en levures. Ainsi les brasseurs, avec le malt et le houblon et le crachat de paysans, brassaient de la bière, produit voué à l'exportation (les brasseurs étaient propriétaires de l'outil de production de la masse prolétaire, et... enfin c'est une autre Histoire que celle-ci). Par ailleurs, le houblon servait à se laver. Cuits dans la saumure, les bourgeons font un très bon savon ; enfin c'est ce qu'affirment les brasseurs...
Abandonné par ses parents paysans, et retrouvé par hasard dans une charrette de houblon, Hans grandit ensuite comme un brasseur. Mais un jour, à table, il eut un relent, et, ô destin tragique, il vomit sa Budweiser. Rejeté par les grands maîtres de la cité, il dut fuir Budland, et entreprit un long périple.
Alors qu'il buvait tranquillement une cervoise dans un pub de Canteleu, pour se requinquer de sa dure journée d'harassant labour — en effet, il n'avait pas remarqué, mais un soc de charrue s'était accroché à sa chaussure, et il laboura malgré lui le sol sur plus de 154 353 pas — il découvrit une bière qu'il n'arrivait pas à boire entièrement. Chaque fois qu'il buvait une gorgée, celle-ci se renouvelait. Comme tout être humain, Hans pensa d'abord qu'il serait enfin débarrassé d'aller chaque matin au magasin d'alcool. Il y eut une grande joie dans son cœur à ce moment.
Mais il fut empli d'euphorie et d'orgasme lorsqu'Hubert lui apparut dans sa chope. Hubert l'Indivisible lui ordonna de retourner à Budland délivrer les paysans opprimés par la gangrène fasciste. Hans Kanter accepta cette mission. Nom de code : BRADDOCK.
Arrivé à Budland sur les trompettes de deux heures de l'après-midi environ, le chef-chef le reçut, et le chef-chef ne voulut pas laisser partir les paysans opprimés. Alors avec l'aide d'Hubert, Hans lança sur le chef-chef dix plaies : en tout et pour tout une à chaque doigt, ainsi le chef-chef ne pourrait plus jamais tenir de bière dans ses mains. Ce dernier se résigna alors à laisser partir les paysans. Et ils partirent.
Et en partant, Hans décida de prendre un raccourci du côté de Mortain : « Venez mes amis, je connais un raccourci. Nous passerons par Mortain. »
Rendu de nouveau à Canteleu, Hubert lui donna la bière de la loi : « Cette bouteille est destinée à contenir exclusivement de la bière Kanterbräu ».
En revenant près de son peuple, il vit ceux-ci boire de la Koenigsbier, et il fut alors si choqué qu'il laissa tomber la canette de Kanterbräu par terre. Celle-ci se brisa en dix mille morceaux. Il dit alors au sous-officier V12 : « Que t'a fait ce peuple, pour que tu l'aies laissé commettre un si grand péché ? » Il détruisit les cartons de Koenigsbier et obligea les paysans à utiliser des tessons de bouteilles comme supositoires pour qu'ils comprennent à quel point leur acte dégageait de mauvaises ondes. Ensuite il retourna au pub pour qu'Hubert lui redonne une divine Kanterbräu.
Son peuple de paysans était très con et ils ont rebu de la Koenigsbier. Hans dut retourner au pub quarante-deux fois (c'est à dire le nombre de fois suffisant pour que son peuple soit trop malade pour continuer à boire de la Koenigsbier, et à la fois le nombre suffisant pour qu'ils n'aient plus d'onguent pour soigner leurs plaies anales).
Le peuple paysan fut béni par Hans, et par Hubert. Ensuite Hans est mort et son peuple fut heureux.

