Phosphènes foudroyants
Un texte de Wikipen.
… c’est alors que les phosphènes foudroyants échangèrent quelques mots avec l’escargot, ancien garçon de café, rémunéré à la tâche. Hé oui, le beau Jo laid est arrivé, enfin ! Il était agent secret. Le message était pour toi. Il se glissa dans ton soupçon à l’oignon, servi beaucoup trop chaud. Ma soufflette, spéciale céramique, engendra une boursouflure en quinconce. Les pieds plats devant. Les poils au nez, devant aussi. Et les croquettes de hamster succombèrent devant le grand Aménageur. Il me souvenait nos premiers échanges verbaux. Oh, je ne vais pas faire dans l’élégie. L’omniscience ne me sied guère et l’ombre inguinale n’enchante plus. Il me faut plus. Il me faut des jours où le ciel est bleu, où la mer est bleue, où le sable est bleu. Et des yeux pour le voir. Les miens étaient encore compressés. L’accélération leur fut douloureuse. Exorbités, ils dansaient le long des golfes persans au milieu destapis lovants. L’insonorisation ne nous aurait même pas protégés du crissement des embâcles.
- L'escargot (de nuit) avait fini son service. Il replia son écrouelle cybernétique et s'en fut en cahotant dans le geyser des villes. Nous le regardions s'éloigner, rêveurs, comme perdus dans la déliquescence croissante des éperviers. Avec mon Opinel, je grave sur l'écorce du platane le premier vers du poème retrouvé dans la baignoire de Joyce Carol Oates. C'est un délit ! C'est un délire ! C'est un délice ! Nous ne retrouverons jamais le chemin de Samarcande, à ce rythme-là ! Il faut nous hâter, car le sable va tout envahir, l'eau va tout emporter. Les marchands ambulants postés le long du trottoir produisent à intervalles irréguliers des sons inarticulés et perçants traduisant un sentiment de détresse profonde d'un homme que toute attente confiante a quitté. Plus beau qu'un air d'opéra, moins qu'une heure d'apéro. Attention, la cloche sonne, il est temps de…
…pester contre ce lieu de rencontres conflictuelles qui se désagrège sous la poussière de nos prismes quotidiens. Se hâter, nonobstant tous nos efforts gracieusement infertiles ? Je traîne la patte de lapin bouillie dans les laves en effusion protocolaire. L’écorce de platane désagrégée ne nous a pas attendus. La tête pleine de réalité, j’ai d’abord besoin de me rassasier à la source principale de nos âmes errantes. Les informations déboulent à des vitesses supersoniques, hum, au moins deux cents bauds l’air de rien. Mais comme je ne suis pas de mon avis, j’ouvre la clef portée à ferme. Le ténor en profite pour subtiliser des acrostiches portant à son paroxysme des raies et des soles assourdissantes par leurs nageoires ensoleillées. Le rétroviseur m’indiqua que nous nous étions endormis à l’arrière d’un incunable. Les vibrations arrivaient jusqu’en quatrième de couverture. Plus moyen de se planquer. Nous étions mis à l’index au cœur de la Bibliothèque de Babel. Et maintenant, comment sortir de là ? Et puis pourquoi vouloir sortir ? Et si nous commencions enfin l’un de ces fameux élevages de diphtongues dont nous rêvions depuis que…
- …nous étions partis pour cette quête insensée ? Car enfin, il ne suffit pas de se rouler dans les boutons d'or et de jouer de la vielle mongole à tête de cheval pour entrer dans le Guiness Book of Records. Nous avons certes à notre actif d'autres exploits, et nous en sommes fiers. Personne ne va nous dire comment nous allons procéder, ils savent trop bien qu'ils se feront bien proprement envoyer sur les roses et dans les dahlias. Non, mais ! Pourquoi est-ce que nous aurions refait surface, sinon ? Nous aurions pu rester bien tranquillement à peindre nos escarmouches et à peigner nos girandoles en buvant du rosé de Provence, bien frais, merci. Au lieu de ça, nous sommes là, on the road again, et la musique est tellement forte qu'on se l'entend jusque dans la moelle épinière. Regardes un peu : cet ostensoir rétif surmené du tabou descendant, c'est significatif. Il y a aussi des épinoches pulvérulentes, mais ça c'est un détail.

