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Princesse dérisoire

Un texte de Wikipen.

Cet enchaînement de petits bonheurs merveilleux m'a fait ouvrir les yeux en belle au bois dormant dont le temps est venu, en princesse qui (re)découvre les terres dont elle est suzeraine. Où est cet intriguant royaume ? En moi. J'ai tant de terres à cultiver, tant de fleurs à planter ou soigner, ou juste à regarder et sentir. Des fleuves dont le cours m'appelle, des lacs au fond desquels gît quelque trésor, des montagnes à gravir et des pierres précieuses à ramasser pour les disposer sous la lumière d'éphémères arcs-en-ciel. Des alizés salés d'embruns qui m'appellent au large, là où les mirages traînent leurs splendeurs.

Peut-être n'est-ce pas le plus bel empire, mais vous y êtes conviés, seigneurs de contrées à jamais étrangères. Nous comparerons nos failles et nos sommets, nos aubes et nos crépuscules, nos constellations et les soudains artifices qu'y tracent les étoiles filantes. Vous me raconterez vos plaines, vos mers et je sillonnerai leurs étendues en pensée. Car le malheur de nos pays, c'est d'y être enfermés. Nul ne saura jamais vraiment ce que recèle mon esprit, et je ne peux que deviner vos cœurs. Mais lorsque nous ouvrons les frontières, nous pouvons échanger les produits de nos réflexions, les fruits de notre amour. L'esprit n'est solitaire que s'il est une prison. Ou peut-être le contraire.